Flavie Flament
La consolation
Editions JC Lattès – 2016
Il lui aura fallu trente ans pour que les souvenirs reviennent à sa mémoire. Elle a pu ainsi mettre des mots sur sa peine, sa souffrance et sa tristesse. Sa mère n’était ni éducatrice, ni protectrice. Son père non plus. Quel courage elle a eu de s’affronter à son passé et de le partager avec nous ! Elle pense qu’elle a été heureuse pendant sa toute petite enfance, avant de plonger dans l‘enfer à l’adolescence.
Le temps et la prescriptibilité (1) sont les amis des criminel-les. Le récit est l’arme des victimes.
David Hamilton.
Elle a posé pour David Hamilton, au Cap d’Agde. Dans les années 1970, il était connu pour ses photos floues de jeunes filles en chapeaux à fleurs. (p 85). Il l’a choisie car elle « l’inspire ». (p 86). Elle avait treize ans. (p 99). Il était marié. Sa femme avait posé pour lui à ses douze ans. (p 89). Il était un criminel (p 108), un prédateur pervers vicelard (p 108).
Vocabulaire :
Son sexe était un vieux zizi, flasque, une quéquette fatiguée, un mauvais boudin, (p 92). Et j’en passe…
Les viols.
Pendant le viol, elle s’échappe de son corps, dominée par le monstre. « Je me suis enfuie ». « J’ai voulu m’envoler ». Son cœur se verrouille. (p 112 et 114).
Elle ne parlera pas parce qu’elle sait que c’est sa parole contre la sienne. Elle est piégée. Sa mère l’a trahie en l’offrant à cet homme. Pour la remercier, il offre des photos de sa fille nue à sa mère. Elle dit « Oh ! », « Ah ! ».
La tristesse et la honte empêchent Flavie de parler.
Ses symptômes post traumatiques.
Elle éprouve du mal être. Elle est à vif. Elle consulte une dizaine de spécialistes. (p 82).
La lutte qu’elle mène contre elle-même la paralyse. Des flashs de mémoire provoquent des attaques de panique. (p 83).
Le crime sexuel ne se voit pas. La confiance en l’autre cesse.
Elle se sent en danger partout. (p 200).
La relation avec sa mère.
Sa mère souffre d’être une femme au foyer et de préparer à manger à longueur de journée et d’année. L’alcool l’aide à supporter sa vie. (p 174).
Quand elle veut obtenir ce dont elle rêve, la mère fait du chantage.
Elle est belle et sa mère est « intelligente ». Leurs ambitions ne sont pas les mêmes. C’est la guerre entre elles deux. (p 179).
La prostitution.
Sa mère l’emmène aux Champs-Elysées à Paris. Sa « bombe » de fille sert d’appât pour des trentenaires dans le monde du cinéma ou de la musique. Elle ne couche pas avec eux, dans un premier temps. (p 163).
Puis la mère offre sa fille à un vieux Parisien, tous les trois mois. Que reçoit-elle en échange de ces trois nuits ? Une lettre, des rêves, des discussions émoustillées avec une copine ? (p 184).
Un homme de la région parisienne écrit une lettre à sa mère qui attend ses écrits avant de lui envoyer sa fille. Ses fantasmes sont coupables et elle est impunie. (p 195). Sa mère est menteuse et méchante. (p 237).
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(1) La prescriptibilité est un concept juridique désignant le caractère de ce qui peut être acquis ou éteint par prescription, c'est-à-dire après un certain délai légal. (La langue française).
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Homme macho.
"Il est intransigeant, sans demi-mesure. Aucune discussion n'est possible avec lui. Sauf si tu lui obéis sans condition."
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