Mettre la dette au frigo
Dépendance ou non aux marchés financiers
Eric Berr Institut, la Boétie
Benjamin Lemoine, CNRS.
Contexte de la proposition « Mettre la dette au
frigo » Cette idée, portée publiquement par Jean-Luc Mélenchon,
consiste à soustraire une partie de la dette publique française aux
marchés financiers en la « congelant » au sein de l’Eurosystème (Banque
centrale européenne et Banque de France). L’objectif est de la protéger des
attaques spéculatives et de réduire la dépendance aux acteurs privés, qui
imposent des conditions de financement parfois coûteuses et instables. Au
premier trimestre 2026, la dette publique française s’élevait à 3 536
milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB
Position d’Éric Berr (Institut La Boétie) et
Benjamin Lemoine (CNRS)
·
Dépendance aux
marchés financiers : Éric Berr et Benjamin Lemoine, aux côtés d’autres
économistes, défendent l’idée que la France (et l’Europe) est trop
dépendante des marchés financiers pour se financer. Cette dépendance
limite la souveraineté budgétaire des États et les expose aux fluctuations des
taux d’intérêt et aux pressions spéculatives
La
proposition de « mettre la dette au frigo » vise précisément à réduire
cette dépendance en maintenant une partie de la dette hors des
marchés, à l’abri des aléas politiques ou économiques
·
Mécanismes proposés
: Deux leviers existent déjà et pourraient être activés :
- Empêcher le
retour sur les marchés de la dette actuellement détenue par
l’Eurosystème (qui a acheté massivement des titres entre 2015 et 2024).
Aujourd’hui, une partie de cette dette est progressivement revendue aux
marchés, ce qui la rend à nouveau vulnérable
- Relancer les
rachats de dette par la BCE (comme le fait déjà la Federal
Reserve aux États-Unis depuis 2024-2025). Cela permettrait de maintenir
durablement une fraction de la dette hors marché, réduisant
ainsi son exposition aux spéculations
·
Alignement européen
: Cette approche est soutenue par d’autres pays européens (Italie, Grèce,
Portugal, Espagne), qui partagent les mêmes enjeux de politique monétaire et de
dette publique. Ces pays ont déjà exprimé leur opposition aux relèvements des
taux directeurs de la BCE, jugés défavorables à leur croissance
Pourquoi cette proposition fait débat ?
- Tabou économique
: L’idée que l’État doive se financer via les marchés financiers est souvent
présentée comme une évidence, voire une obligation légale (notamment via
les traités européens). La « congélation » de la dette remettrait en cause
cette logique
- Efficacité
: Ses détracteurs arguent que cette mesure pourrait limiter la
liquidité des marchés ou fausser les signaux de prix
(taux d’intérêt), essentiels pour l’allocation des capitaux (controverses.minesparis.psl.eu)
Faisabilité
: Ses partisans soulignent que des mécanismes similaires sont déjà utilisés par
la Federal Reserve américaine depuis 2024, sans conséquences
négatives majeures
En résumé Pour Éric Berr et Benjamin
Lemoine, « mettre la dette au frigo » n’est pas une solution
magique, mais une mesure de bon sens pour :
- Réduire la
dépendance aux marchés financiers,
- Protéger la
souveraineté budgétaire de la France et de l’Europe,
- Stabiliser le coût
de la dette à long terme.
Cette proposition s’inscrit dans un débat plus large sur la
réforme de la politique monétaire européenne et la réduction
de l’influence des acteurs financiers privés sur les États (nouvelobs.com)
-------------------
Cinq livres pour permettre aux femmes de reprendre le
pouvoir sur leurs finances.
La
période plus calme de l’été est peut-être propice à se pencher sur vos finances
ou revoir votre rapport à l’argent. Voici cinq livres qui vous aideront à
démystifier les questions financières. Elles s’appellent Titiou Lecoq, Insaff
El Hassini ou encore Héloïse Bolle et ont décidé de prendre à bras-le-corps ce
sujet encore tabou : celui des femmes et de l’argent.
(…) Titou Lecoq :
"Le couple et l’argent. Pourquoi les hommes sont plus riches que les
femmes".
(…) Le prix à payer dans
le couple hétéro, de Lucile Quillet.
(…) Le combat des mères
solos expliqué par Johanna Luyessen.
(…) "Aux thunes
citoyennes", affichez votre juste valeur avec Insaff El Hassini et Héloïse
Bolle.
(…) Les clés pour
comprendre la bourse avec Alexandre Demain.
(…) L’éducation
financière est importante et devrait s’apprendre dès le plus jeune âge.
Ouvrir le débat avec
des essais qui remettent en question certains automatismes, qui nous outillent
pour mieux comprendre ces sujets complexes, mais essentiels, c’est tout le
travail de ces auteurices.
Chacun·e à leur
façon, elles proposent des solutions concrètes pour gagner de l’argent, le
gérer et l’utiliser mais aussi à repenser nos sociétés et permettre aux femmes
de reprendre le pouvoir sur leurs vies. Des livres qui s’adressent autant aux
femmes qu’aux hommes pour évoluer vers une société plus équilibrée.
cinq-livres-pour-permettre-aux-femmes-de-reprendre-le-pouvoir-sur-leurs-finances
----------------------
Hazel Kyrk, l’économiste méconnue qui anticipa notre
société de consommation moderne.
Dès
1923 dans sa Théorie de la consommation, Hazel Kyrk (1886-1957) anticipe
l’émergence de la société de consommation en cherchant à analyser les raisons
pour lesquelles les ménages états-uniens achètent des biens ou des services.
Loin de se cantonner à l’étude du foyer et de la famille, comme beaucoup de
femmes économistes de l’époque, son travail visionnaire influence encore
aujourd’hui notre façon de penser la consommation.
(…) « L’éducation
dont le consommateur a le plus besoin est celle qui le libérera de son
conformisme aveugle. Il doit apprendre à consulter ses besoins propres, à
former ses propres jugements, à désirer pour lui-même.
Le champ de
recherche inauguré par Hazel Kyrk dans sa Théorie de la consommation de
1923 sera suivi de multiples postérités intellectuelles, en particulier à
travers plusieurs de ses doctorantes à Chicago. Ce sera notamment le cas
de Margaret G. Reid (1896-1991) dont les
travaux inspireront directement plusieurs Prix Nobel
d’économie comme Franco Modigliani ou Gary Becker.
hazel-kyrk-l-economiste-meconnue-qui-anticipa-notre-societe-de-consommation-moderne
-------------------