Dérives de l’enseignement supérieur privé
1. Enquête « Le Cube »
Claire Marchal a mené une enquête de deux ans, rassemblant 150 témoignages et près de 1 000 documents internes. Le livre, Le Cube – Révélations sur les dérives de l’enseignement supérieur privé, met en lumière plusieurs problèmes majeurs :
- Surcharge des classes et vétusté des bâtiments ;
- Baisse des salaires des enseignants et volume de cours insuffisant ;
- Qualité des cours à distance souvent défaillante (illustrations erronées, textes obsolètes) ;
- Promesses non tenues concernant l’apprentissage : certains étudiants, comme Marie, se sont retrouvés à payer eux‑mêmes des frais de scolarité de 4 000 € alors que l’école ne trouvait pas d’entreprise d’apprentissage (publicsenat.fr)
- Modèle financier du groupe Galileo basé sur l’outil Cube qui priorise la marge (20 % mission éducative, 40 % dépenses courantes, 40 % bénéfice) au détriment de la pédagogie (larevuecadres.fr)
2. Réponse des pouvoirs publics
Le ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, et le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, ont convoqué le président de Galileo, Marc‑François Mignot‑Mahon, pour expliquer les allégations
- Une inspection interministérielle a été mandatée afin d’assurer une plus grande transparence des établissements privés lucratifs
- Le gouvernement a évoqué la création d’un label (ou le renforcement du label Qualiopi) pour garantir la qualité des formations d’ici 2026 (etudiant.lefigaro.fr)
3. Réactions parlementaires
- Laurent Lafon, président de la commission de la culture et de l’éducation au Sénat, a qualifié la situation de « une forme de jungle » et a appelé à des modifications législatives
- Stéphane Piednoir a confirmé que la qualité ne suivait pas le développement du secteur privé lucratif et a exprimé son inquiétude pour les étudiants et les familles (publicsenat.fr)
4. Statistiques et portée du secteur
- Environ 450 000 étudiants (15 % du total) sont scolarisés dans l’enseignement supérieur privé lucratif, soit une hausse de 72 % sur dix ans (etudiant.lefigaro.fr)
- Le groupe Galileo compte 200 000 étudiants dans 15 pays, avec des établissements comme Cours Florent, EMLyon, Paris School of Business et Penninghen (publicsenat.fr)
5. Position de Galileo
- L’organisation a démenti les allégations, citant un observatoire interne (≈ 2 700 répondants) qui montre que 77 % des étudiants recommandent l’école et 90 % jugent les enseignants compétents
- Galileo affirme être certifié Qualiopi et que ses contrôles annuels garantissent la qualité des formations (etudiant.lefigaro.fr)
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