Angela Davis
La prison est-elle obsolète ?
Editions Les poches du diable –
Au diable Vauvert – 2021
1ère édition – 2003
On n’imagine pas un monde sans prisons. (p 16). Nous ne voulons pas savoir ce qui se passe dedans. On y dépose les gens indésirables sans penser aux responsabilités qui amènent à ces problèmes, à leurs problèmes. On ne réfléchit ni au racisme, ni au capitalisme. (p 17) L’idéologie dominante sert à justifier la construction de nouvelles prisons. (p 110). C’est un malheur de s’y retrouver. (p 111). L’isolement expose à la torture et aux mauvais traitements. (p 122).
Au cinéma, les premiers films qui s’inspirent des prisons datent de 1901. Hollywood en crée un genre en soi. (p 20) (1)
La Grande-Bretagne du 16e au 18e siècle :
Au 17e siècle, en Grande-Bretagne, les épouses indisciplinées ou querelleuses portaient un « masque de la honte ». (2) Elles étaient enfermées chez elles par le mari qui décidait de leur libération. (p 49) Les sodomites anglais étaient enterrés vivants. En 1790, une femme coupable de trahison connaissait le bûcher et la strangulation à mort. (p 48). Au 18e siècle, le mariage anglais équivalait pour les femmes à une « mort civile » statutaire. Elle abandonnait son nom pour prendre le patronyme de son époux. (p 53).
Quelques personnalités américaines :
Avant son incarcération, Mumia Abu Djamal était journaliste en 1982. (3) Il travaillait sur les statistiques en fonction de la race et de la classe sociale des condamné-es. Il relie l’abolition des prisons et de la peine de mort. (p 65)
Malcom X explique comment il lisait dans sa cellule, à même le sol, utilisant la lumière du couloir qui passait sous sa porte. Il devait se coucher à même le sol et se recoucher toutes les heures, au moment du passage des gardiens. Il ne voyait pas le temps passer. (p 66). (4)
Assata Shakur est soumise à un traitement cruel. Elle est privée de nourriture intellectuelle, de sois médicaux, d’exercices physiques, des autres femmes, étant enfermée chez les hommes. Elle est surveillée 24 h sur 24. (p 73) (5)
L’industrie carcérale :
La prison est liée au contexte historique des 18e et 19e siècles, avec l’essor du capitalisme. (p 51)
A Atlanta, Peach Street est la rue la plus importante. Elle a été construite par des condamnés noirs, dans des conditions pires que celles de l’esclavage, après la guerre de Sécession. (p 40) (6)
Le complexe carcéro-industriel est la poubelle contemporaine capitaliste. Le lien existe entre la désindustrialisation américaine des années 1980 et la hausse de la population carcérale paupérisée. (p 18) Les problèmes sociaux ne sont pas résolus. (p 21).
Sodexho a participé au business punitif dans les années 1980 jusqu’en 2001. (p 118) (7)
Les prisons ont été construites sur des terrains dévalués. Iels ont fait croire aux populations qu’elles développeraient la région économiquement, en créant des emplois, tout en réduisant la criminalité. (p 16) Ce qui n’a pas été le cas.
Dans les années 1990, les entreprises militaires ont reconverti leur matériel pour les rues américaines. Sandia National Laboratories a créé des mousses épaisses pour aveugler et/ou assourdir les personnes. (8) Stinger Corporation a inventé des herses rétractables à déployer devant des véhicules en fuite. (9) Westinghouse a produit des véhicules intelligents connectés à des informations rapides. (p 106) (10)
« Ortho Pharmateucical » et « Dow Chemical » ont bénéficié d’accords avec les prisons. (p 108) (11)
Les femmes :
Elles sont vulnérables. (p 95)
En 1980, les femmes représentent 5% des détenu-es au niveau mondial. Mais depuis que le niveau de leurs conditions de vie se détériore, le taux d’emprisonnement des femmes augmente. (p 77) (12)
Les femmes sont orientées vers les asiles et sont traitées comme des malades mentales.
On leur donne du Tranxene et du Haldol. (p 79). (13)
En 1996, les femmes sont entravées par des chaînes de forçat. C’est un rappel de l’esclavage, du génocide et de la colonisation. (p 92) (14)
La Californie a la plus grande prison pour femmes du monde, avec la « Valley State Prison for Women », contenant 35 000 détenues, en 2000. (p 14)
Les prisons pour hommes ou pour femmes renforcent la structure genrée de la société. (p 73). C’est pareil pour le racisme sur la planète. (p 103)
Les fouilles intimes des parties sexuelles sont des agressions sexuelles banalisées. Elle en a subi lors de son emprisonnement. (p 75) (15)
Quand le personnel viole les condamné-es, iels ne sont pas puni-es. (p 93) (16)
L’enseignement :
Les établissements scolaires qui mettent en avant la discipline et la sécurité, au lieu de développer les connaissances intellectuelles, sont les classes préparatoires pour la prison. (p 45)
Les prisonnier-es sont des cobayes médicaux. Les universités sont en lien avec les prisons. Albert Kligman, dermatologue en Pennsylvanie, a expérimenté sur eux et elles le Rétinol A. (p 108). (17)
L’avenir sans les prisons :
Comment gérer une population importante de délinquant-es ? (p 129)
Au lieu d’une justice punitive, comment réadapter les personnes jugées ? (p 22)
Le discours pour l’égalité des sexes est un discours progressiste. (p 88).
Angela Davis est pour la dépénalisation de la consommation des drogues et la vente des services sexuels.
Quelques pistes :
Démilitarisation des écoles
Revitalisation de l’éducation
Gratuité du système de santé. Soins gratuits pour lutter contre les addictions.
Etablissement d’une justice réparatrice. Le débiteur doit assumer la réparation.
Réconciliation plutôt que vengeance.
Arrêt de la criminalisation des migrant-es sans papier.
Lutte contre les violences conjugales.
Lutte contre le racisme.
Décriminalisation de certaines populations et communautés. (p 130 à 137)
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1) Films liés aux prisons, à Thomas Edison et à l’exécution de Czolgosz
- « Execution of Czolgosz, with Panorama of Auburn Prison » – 1901
Film court réalisé par Edwin S. Porter pour Edison Studios, montrant l’exécution de l’assassin du président McKinley, accompagné d’un panorama de la prison d’Auburn. (youtube.com)
« Arrest in Chinatown » – 1897
Production d’Edison qui illustre l’arrestation d’un suspect dans le quartier chinois de New York, mettant en scène l’intervention policière.
- « Arrest of Goudie » – 1901
Film d’Edison montrant l’arrestation d’un criminel, soulignant le rôle de la police dans la capture de prisonniers. - « Boers Bringing in British Prisoners » – 1900
Production d’Edison présentant l’arrivée de prisonniers de guerre, illustrant la logistique des détentions. - « Mounted Police Charge » – 1896
Film d’Edison où une troupe de police montée est filmée, démontrant la présence policière et la mise en scène de la force publique. (debordements.fr)
Ces œuvres constituent les premiers exemples de cinéma d’attestation, où les institutions de la justice et de la prison sont représentées à l’écran, souvent à travers des reconstitutions d’événements réels ou de scènes d’arrestation. Elles montrent comment le cinéma, dès ses débuts, a servi à documenter et à valoriser l’action des forces de l’ordre, tout en offrant un regard sur les institutions pénitentiaires.
Les représentations carcérales apparaissent dès les premiers temps du cinéma muet, avant même l’avènement du son.
Les premières œuvres se distinguent par leur caractère burlesque ou dramatique, mais elles posent déjà les codes du film de prison : cadre claustrophobique, personnages confrontés à la violence institutionnelle, et parfois une tentative d’évasion.
Année | Titre | Réalisateur | Particularités |
1919 | The Adventurer (court‑métrage) | Charlie Chaplin | Premier court‑métrage où un personnage est déjà en fuite, mais qui introduit la tenue traditionnelle de prisonnier. |
1920 | Convict 13 | Edward F. Cline & Buster Keaton | Inversion de vêtements et mutinerie, montrant la vie d’un détenu devenu gardien. |
1930 | Big House | Joseph L. Mankiewicz | Premier film parlant à traiter la prison, marquant l’implantation d’une esthétique et de codes narratifs qui perdurent. |
1931 | Pardon Us | James Parrott | Comédie où Laurel & Hardy sont incarcérés, illustrant la violence et la possibilité d’évasion. |
1933 | I Am a Fugitive From a Chain Gang | Mervyn LeRoy | Drame sombre sur la brutalité des gardiens et la détermination du détenu à s’échapper. |
Points clés
- Premiers films muets : The Adventurer (1919) et Convict 13 (1920) montrent déjà le cadre carcéral, même si le ton est souvent burlesque ou comique.
- Transition au son : Big House (1930) est le premier long‑métrage parlant à traiter la prison, établissant les stéréotypes et thèmes qui perdurent jusqu’au XXIᵉ siècle.
- Évolution du genre : Après Big House, le cinéma explore divers sous‑genres (film d’évasion, film de camp de prisonniers, etc.), mais les premières œuvres restent les fondations de la représentation carcérale au cinéma.
Ces films témoignent de la fascination du cinéma pour l’univers carcéral, même dans ses premières années, et posent les bases des représentations modernes de la prison à l’écran.
(2) Au XVIIᵉ siècle, en Grande‑Bretagne, les femmes jugées indisciplinées ou querelleuses (souvent désignées comme scolds ou commères) pouvaient être condamnées à porter un masque de la honte. Ce dispositif, souvent en métal, servait à les humilier publiquement et à les empêcher de parler. Il était appliqué à des femmes accusées de bavardage, de calomnie ou de troubles à l’ordre public, et les obligeait à défiler dans les rues avec leurs mains attachées, exposées à la dérision de la population (fr.wikipedia.org)
(3) Il était déjà actif comme reporter radio spécialisé dans les questions sociales et culturelles avant son incarcération (editionsladecouverte.fr)
La CGT le décrit comme un journaliste afro‑américain condamné à mort en 1982 (cgt.fr)
Le compte rendu de Radio France mentionne qu’il était un journaliste proche des Black Panthers à l’époque (radiofrance.fr)
Reporters sans frontières le qualifient d’ancien journaliste de radio avant son arrestation (rsf.org)
(4) Malcolm X – Lecture en prison
Dans The Autobiography of Malcolm X (co‑écrit avec Alex Haley), Malcolm X raconte qu’en prison il lisait « à même le sol », profitant de la lumière du couloir qui filtrait sous la porte de sa cellule. Cette lumière était sa seule source d’éclairage, ce qui l’obligeait à s’allonger sur le sol pour lire les livres qu’il avait pu obtenir. Cette méthode lui a permis de dévorer de nombreux ouvrages et de poursuivre son auto‑éducation pendant son incarcération. (Qwant)
(5) Criminalisation et détention
Assata Shakur a été arrêtée le 2 mai 1973 et condamnée en 1977 à la prison à perpétuité. Elle a été incarcérée dans plusieurs prisons de haute sécurité, dont Riker’s Island, Alderson (Virginie‑occidentale) et Clinton (New Jersey) (une-autre-histoire.org)
Critiques du traitement carcéral
Les autorités ont décrit son incarcération comme torturante et l’ont placée en isolement. Des groupes de défense des droits de l’homme ont dénoncé son traitement, le qualifiant de cruel
Absence d’informations précises sur certaines privations
Les sources fournies ne mentionnent pas explicitement qu’elle a été privée de nourriture intellectuelle, de soins médicaux ou d’exercices physiques. Elles se concentrent plutôt sur la torture, l’isolement et la critique générale de son traitement (fr.wikipedia.org)
(6) Un siècle plus tôt, la rue Peachtree était un important sentier amérindien reliant Fort Daniel dans l’actuel comté de Gwinnett à la colonie Creek de Standing Peach Tree sur la rivière Chattahoochee.
Une lettre de 1782 du colonel John Daniel fait référence à un rendez-vous des Indiens du ruisseau Coweta « à Standing Peach Tree » prévoyant de perturber une bande d’Indiens Oconee. Comme de nombreux Creeks se sont rangés du côté des Britanniques pendant la guerre de 1812, l’État de Géorgie a construit un fort à Standing Peachtree. La région a été désignée bureau de poste américain en 1825. (Atlanta en 50 objets)
(7) Participation au secteur privé de la prison
Sodexho a acquis une participation de 20 % dans la Corrections Corporation of America (CCA) en 1994 et a créé un joint‑venture pour développer des projets hors des États‑Unis, au Royaume‑Uni et en Australie.
Il a fourni des services non‑custodiaux à plusieurs prisons en Europe (France, Espagne, Italie, Pays‑Bas, Belgique) et détenait des participations dans les opérations de CCA au Royaume‑Uni et en Australie jusqu’à 2001, date à laquelle il a annoncé la vente de ses participations.
Ces faits sont détaillés dans le rapport de Corp‑Research (corp-research.org)
Absence de participation dans les années 1980
Le même rapport indique que la prise de participation dans CCA ne date que de 1994 ; aucune activité liée aux prisons n’est mentionnée pour les années 1980.
Les expansions de Sodexho dans les années 1980 concernaient principalement l’achat de sociétés de restauration aux États‑Unis et l’expansion en Europe et en Scandinavie, mais pas le secteur pénitentiaire (corp-research.org)
(8) Balle autoguidée
Le 30 janvier 2012, Sandia a annoncé avoir testé avec succès une fléchette autoguidée capable d'atteindre des cibles à 2 000 m. Longue de 100 mm, cette fléchette, dont le centre de gravité est situé à l'avant, est conçue pour être tirée avec une arme à canon lisse de petit calibre . Sa trajectoire rectiligne est assurée par quatre ailettes à actionnement électromagnétique , intégrées à un sabot extracteur en plastique qui se détache à la sortie du canon. Cette fléchette ne peut être tirée avec des canons rayés classiques , car la stabilité gyroscopique conférée par les rayures empêcherait la fléchette autoguidée de se diriger correctement vers sa cible en vol. Les ailettes assurent donc la stabilisation plutôt que la rotation. Un désignateur laser marque la cible, qui est ensuite suivie par le capteur optique et le microprocesseur 8 bits de la fléchette (Wikiland)
(9) La herse robotisée Shark Spike aide les gendarmes à crever vos pneus à distance et à stopper une fuite. (Auto Plus)
Découvrez le légendaire lanceur antiaérien portable qui a révolutionné la défense américaine : le secret du FIM-92 Stinger, ses avancées technologiques et pourquoi il reste une arme indispensable sur le champ de bataille. (Sociedademilitar)
(10) La compagnie Westinghouse Electric, en collaboration avec Northrop Grumman et Astrobotic, a été choisie pour un programme de recherche spatiale avancée par le Laboratoire de Recherche de l’Armée de l’Air des États-Unis. Ce projet vise à alimenter les satellites avec de l’énergie nucléaire, ouvrant ainsi une nouvelle ère pour la technologie spatiale. (Enerzine)
(11)
Entreprise | Accord avec les prisons | Détails |
Dow Chemical | Oui | Le transcript de la séance de l’EPA de 1980 décrit que Dow Chemical a financé et coordonné des expériences médicales sur des prisonniers de la prison de Holmesburg, Pennsylvanie, où des substances comme le 2,3,7,8‑TCDD ont été appliquées sur la peau de sujets humains |
Ortho Pharmaceutical | Non confirmé | Aucun des documents fournis ne mentionne d’accords, de contrats ou d’expériences menées par Ortho Pharmaceutical dans des établissements pénitentiaires. Les références disponibles concernent uniquement des litiges liés à la sécurité des contraceptifs, sans lien avec les prisons |
Conclusion
Dow Chemical a effectivement bénéficié d’accords avec une prison pour mener des expériences médicales, tandis que Ortho Pharmaceutical n’a pas d’informations attestant d’accords similaires dans le contexte fourni. (Qwant)
12) Taux d’emprisonnement des femmes dans le monde
- Croissance globale
Depuis 2000, le nombre de femmes incarcérées a progressé de 57 % dans le monde, soit une hausse bien supérieure à celle des hommes (+ 22 %) et à celle de la population mondiale (+ 32 %) - Répartition par pays
Les États‑Unis comptent le plus grand nombre de détenues (≈ 175 000), suivis de Chine (≈ 145 000), Brésil (≈ 50 000) et Russie (≈ 39 000)
Hongkong présente la plus haute proportion de femmes incarcérées (21 % de la population carcérale) - Taux par habitant
Les États‑Unis affichent le taux le plus élevé, avec 52 prisonnières pour 100 000 habitants, suivi de Thaïlande (47), Salvador (42) et Rwanda (41) - Tendance par continent
L’Afrique a le taux le plus bas (≈ 3 femmes pour 100 000 habitants), l’Asie (≈ 7), l’Europe (≈ 11) et les Amériques (≈ 27) (lepoint.fr)
Situation en France
- La part des femmes dans la population carcérale reste stable autour de 3 %–4 % depuis 20 ans.
En 2021, 2 057 femmes représentaient 3,3 % de la population détenue, et en 2025, 2 789 femmes représentaient 3,4 % (oip.org) - La proportion de femmes parmi les condamnés est également stable, oscillant entre 10 % et 11 % depuis deux décennies (observatoire-disparites-justice-penale.fr)
Conclusion
- Oui, le taux d’emprisonnement des femmes augmente au niveau mondial depuis 2000, avec une croissance plus rapide que celle des hommes et de la population générale.
- En France, la proportion de femmes incarcérées reste stable à environ 3 % de la population carcérale, sans signe d’augmentation récente. (Qwant)
(13) Le seul médicament mentionné est Haldol (halopéridol), dont la description indique qu’il est prescrit pour les troubles psychiques graves, l’agressivité et les états psychotiques aigus ou chroniques (base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr)
(14) Chaînes de forçats pour femmes : situation en 1996
En 1996, la pratique des chaînes de forçats n’était plus une curiosité historique mais un dispositif actif dans certaines prisons américaines, notamment à Phoenix, Arizona.
Les détenues, condamnées pour des infractions telles que la vente de stupéfiants, la conduite en état d’ivresse ou la prostitution, purgent des peines de 3 à 9 mois et sont enchaînées dès le matin à 5 h. Le bruit des chaînes est alors le signal de départ de la journée de travail.
Le but annoncé de ce système est d’apprendre aux femmes à travailler en équipe et de les discipliner selon une logique militaire, avec des tenues de bagnards. Les tâches incluent le ramassage de déchets ou l’effacement de graffitis, souvent sur des routes désertiques où les températures peuvent atteindre 50 °C. Les prisonnières sont considérées comme volontaires pour ce programme, mais elles n’ont pas accès à des visites et doivent rester au moins deux mois dans le chain gang avant de pouvoir quitter l’isolement.
Des associations de défense des droits de l’homme ont tenté de faire condamner ces méthodes, mais sans succès (franceinfo.fr)
En parallèle, dans le sud des États‑Unis, le gouverneur de l’Alabama a relancé en 1995 le retour des forçats enchaînés sur les autoroutes, une pratique qui avait été suspendue depuis les années 1830. Cette initiative visait à réduire les coûts de surveillance en reliant les détenus par des chaînes, permettant à un seul gardien de surveiller plusieurs prisonniers (lemonde.fr)
En résumé, en 1996, les femmes incarcérées aux États‑Unis pouvaient être enchaînées dans le cadre de programmes de travail disciplinaire, notamment à Phoenix, Arizona, tandis que d’autres États, comme l’Alabama, maintenaient ou relançaient des pratiques similaires sur les routes publiques. (Qwant)
(15) Fouilles à nu systématiques : témoignage d’un excès -Témoignage reçu à la permanence de l’Observatoire international des prisons le 23 juin 2025. « Je n’ai jamais vu autant de situations où l’on m’impose des fouilles à nu. À tel point que je ne sors même plus en promenade. Avant chaque parloir, c’est devenu systématique – je n’ai jamais vu ça. Pendant mon procès, j’ai jusqu’à 5 fouilles à nu par jour. Je vais au dispatching, ils me mettent à nu. Je vais au tribunal, les ERIS sont déjà devant ma porte. À 9h30, je pars pour l’audience, les gendarmes me font une nouvelle fouille à nu, je passe ensuite par un portail à ondes millimétriques. (Fouilles à nu systématiques : témoignage d’un excès – Observatoire International des Prisons)
(16) Quand le personnel n’est pas puni malgré une condamnation
Les procédures disciplinaire et pénale sont indépendantes.
Une condamnation pénale ne force pas l’administration à engager une sanction disciplinaire, sauf si les faits remplissent des critères spécifiques : incompatibilité avec l’exercice de la fonction, atteinte à la réputation de l’administration ou gravité suffisante pour justifier une révocation.
En l’absence de ces éléments, l’autorité administrative peut décider de ne pas sanctionner l’agent, même après une condamnation (service-public.gouv.fr)
Conditions qui permettent l’absence de sanction disciplinaire
Condition | Explication | Référence |
Faits non liés à l’exercice des fonctions | Si l’infraction n’est pas liée aux fonctions publiques et ne porte pas atteinte à la réputation de l’administration, elle ne justifie pas de sanction disciplinaire. | |
Délai de prescription de 3 ans | Si l’administration n’a pas engagé la procédure disciplinaire dans les 3 ans suivant la connaissance des faits, ceux‑ci sont prescrits et ne peuvent plus faire l’objet d’une sanction. | |
Décision de l’administration | L’administration peut choisir de ne pas engager de procédure disciplinaire, même en présence d’une condamnation pénale. La décision est libre tant qu’elle est motivée. | |
Absence de gravité suffisante | Certaines condamnations (ex. vol, escroquerie) ne conduisent pas automatiquement à la révocation si elles ne sont pas jugées incompatibles avec la fonction. | |
Suspension de la procédure disciplinaire | Lorsqu’une procédure pénale est en cours, l’administration peut suspendre la procédure disciplinaire jusqu’à la décision définitive, puis décider de ne pas poursuivre. |
Exceptions où la sanction est automatique
- Infraction inscrite au bulletin n°2 du casier judiciaire ou incompatible avec l’exercice de la fonction (ex. agression sexuelle sur mineur) entraîne la révocation sans besoin de conseil de discipline.
- Déchéance des droits civiques ou de la nationalité ou interdiction d’exercer toute fonction publique rend impossible le maintien dans la fonction publique.
- Peines complémentaires (interdiction de travailler avec des mineurs) peuvent obliger à une mutation ou à une révocation. | (snasub.fsu.fr)
En résumé, le personnel n’est pas puni lorsqu’une condamnation pénale ne remplit pas les critères d’incompatibilité, de gravité ou de réputation, ou lorsqu’il dépasse le délai de prescription, ou encore lorsque l’administration décide de ne pas engager de procédure disciplinaire. (Qwant)
(17) Albert Montgomery Kligman a mené des expériences sur des prisonniers de la prison d’Holmesburg à Philadelphie, en Pennsylvanie, et ces travaux ont permis de développer le rétinol A (tretinoin), connu sous le nom commercial Retin‑A.
- Contexte des expérimentations
De 1951 à 1974, Kligman a utilisé les détenus d’Holmesburg comme sujets de recherche pour tester divers produits chimiques et pharmaceutiques, dont le tretinoin. Ces essais étaient réalisés sans revue éthique formelle et ont été critiqués comme contraires à l’éthique médicale - Développement du Retin‑A
Le brevet de Kligman pour le Retin‑A a été obtenu en 1967, et le médicament est devenu un traitement standard pour l’acné et, plus tard, pour la réduction des rides faciales (universalis.fr)
La disponibilité de la prison comme « terrain d’essai » a facilité la collecte de données cliniques qui ont conduit à la commercialisation du produit (prismreports.org)
Conséquences éthiques
Les expériences ont conduit à des réformes fédérales protégeant les prisonniers contre les recherches non éthiques, notamment la réglementation de 1978 qui limite les essais cliniques sur les détenus (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)
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