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lundi 28 septembre 2026

Margaret Brooke - Reine à Bornéo

 

Margaret Brooke

Reine à Bornéo

Version anglaise – 1934

Editions Magellan et Cie – 2022

Peu conventionnelle, et fantasque, elle n’en demeure pas moins attachante. (p 309) Elle est originale et transgressive. (p 312) Elle est une aventurière courageuse, surprenante. (p 321)

Elle aura eu un amant de notoriété publique, William Morton Fullerton, correspondant américain du Times à Londres et à Paris. (p 311) (1)

Oscar Wilde la nomme « La dame de Wimbledon ». (p 312) (2)

Sylvia Brooke, sa belle-fille et nouvelle Rani, alimentera la presse à scandales. Elle décèdera en 1971 à La Barbade. (p 318) (3) ?


Enfance en France :

Elle est née en France.

Sa voisine à Epinay-sur-Seine, pendant qu’elle était enfant, était Sophie Cruvelli, soprano pour Verdi et Meyerbeer, en 1856. (p 15) (4)

A Boulogne-sur-Mer, sa gouvernante la bat et l’enferme dans des placards. Elle n’en parle pas à ses parents. (p 20)

Arabella Goddard, pianiste française (1836 – 1922), lui a appris à jouer du piano qui jouera un grand rôle dans sa vie d’adulte. (p 61). (5) Elle jouera du piano à quatre mains avec Lady Randolph Churchill, la mère de Winston Churchill. (p 309) (6) 

 

On s’embrasse à la française, sur les deux joues, en France. (p 198)


Son mari :

Son mari l’appelait Margaret. Mais elle n’aimait pas. Elle préférait Marguerite ou Ghita. (p 231) Il l’épousera, après avoir renoncé à son premier choix qui s’était porté sur sa mère, pour avoir des enfants avec certitude. L’amour n’en est pas la raison. Il touchera l’héritage après le décès de sa belle-mère. Cet argent permettra d’équilibrer le budget du Sarawak en 1877. (p 299)

Il la trompe et a un fils illégitime qui vivra en Grande-Bretagne, loin de la couronne ; (p 300)

Son mari est radin et ne lui donne pas d’argent. Pour ne pas le trahir, en Grande-Bretagne, elle vend ses bijoux pour vivre selon le rang d’une femme de rajah. Elle subit de grosses angoisses. (213). Elle ne cherche pas le conflit avec lui et pense qu’il valait mieux le laisser faire ce qu’il voulait. (p 227)

En 1883, c’est la rupture à l’amiable avec le rajah. Elle touchera une pension annuelle de 2 200 livres. (p 303) Elle garde l’usage de « Rani ». (p 318)

Quand ses trois fils, Vyner, Bertram, Harry, seront âgés de 18, 16 et 13 ans, le rajah l’aidera financièrement. (p 241).

Depuis 1895, son (ex) mari, loyal, sauve les apparences lors des rares cérémonies publiques. (p 317)

Son mari, le rajah, pense qu’il a toujours raison. (p 182)


Le Sarawak :

Elle y effectuera plusieurs séjours.

A Bornéo, elle va porter la tenue malaise qui lui apporte plus de confort, de liberté, abandonnant le corset d’acier qui est l’emblème de l’horreur victorienne. (P 74)

Le pays n’est pas si idyllique que cela. Elle y côtoie les moustiques, les serpents, les crocodiles, les signes, les orangs-outans,les iguanes, les serpents d’eau longs de 3m50, etc. (p 306)

Les femmes de Kuching ne savaient ni lire, ni écrire. Margaret  apprend la calligraphie pour la leur transmettre de femme à femme. (p 105)

 

Elle lit Anne Tackeray (Le Village dans la colline) (p 110) (7)

La langue des Kayans lui fait penser à des « croassements de grenouilles en folie ». (p 157)

Elle a eu sept enfants dont quatre sont mort-es. Elle se compare à une mère lapine. (p 91)

Les Chinois ne peuvent pas prononcer le « f ». Fanny, une nourrice de ses enfants, devient Penny. (p 200)

A Paris, chez la princesse de Monaco, elle rencontre Pierre Loti qui écrit des reportages sur l’île de Pâques, (8) et Guy de Maupassant. (p 219) Alice de Richelieu, veuve, devient Alice de Monaco. (p 315) (9)

Elle peut s’habiller au Bon Marché, à Paris, pour « visiter » un estaminet. (p 222)

Elle est pour le droit de vote pour les femmes. Mais elle pense qu’une femme doit aider et conseiller son mari….(p 244)

Après son dernier voyage au Sarawak, elle pense qu’elle en a été chassée à cause de sa santé. (p 262) (10)

Elle soutient l’épouse du capitaine Dreyfus. (p 315)


Sa santé :

Elle fait une première dépression. Son mari pense qu’elle souffre de malaria. Elle est soignée. (p 111)

Malade, elle critique les médecins qui sont incompétents et ne trouvent pas de diagnostic. Pour eux, elle souffre d’hystérie. C’est un Chinois qui la guérira sans que le médecin ne le sache. (p 202)

Elle connaît sa première crise de désespoir quand son mari, exigeant, l’oblige à le suivre au Sarawak. Elle doit laisser ses trois fils en Grande-Bretagne. (p 207)

Elle rentre en Grande-Bretagne, deux ans plus tard, toujours malade. On ne sait pas de quoi. Malaria ? Dépression ? Elle prend le prétexte que son 2e enfant, Bertram, est toujours malade et a besoin d’elle. (p 288)


Les coupeurs de tête :

Elle  arrive au Sarawak en pleine coutume des coupeurs de tête. (11) Par la contrainte et par la discussion, son mari, le rajah, tente de les convaincre de cesser cette pratique, vers 1870-1871. (p 79)

Avant les invasions normandes, en Grande-Bretagne, les guerriers buvaient des rasades dans le crâne des ennemis tués. (p 160) (12)


Margaret Brooke dans la littérature et la culture française :

« Bob Morane » (H Vernes) (13)

Indochine  « L’aventurier de Jarawak » (14)

« Le mangeur d’Archipel », « Marie Vérité », Bandes dessinées de Théodore Poussin (15)

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(1) La Ranee de Sarawak est présentée dans des sources biographiques comme ayant eu une liaison avec William Morton Fullerton. Une biographie de Fullerton mentionne explicitement « la Ranee de Sarawak », Lady Margaret Brooke, parmi ses partenaires (lrb.co.uk)

Hermione Lee évoque également cette liaison dans son portrait de Fullerton  (en.wikipedia.org)

Il faut toutefois distinguer cette mention biographique d’une preuve détaillée : les résultats consultés ne donnent pas de lettres ou de témoignages précis établissant les circonstances de la relation. Les mémoires de Margaret Brooke, My Life in Sarawak (1913), sont une source sur sa vie, mais leur notice ne confirme pas cette liaison  (lithub.com)

(2) Margaret Brooke était une aristocrate britannique, née Alice de Windt à Paris, qui devint en 1870 reine à Bornéo.

Margaret Brooke était une aristocrate britannique, née Alice de Windt à Paris, qui devint en 1870 reine à Bornéo. (Sud Ouest)

(3) Sylvia Brett, ranee de Sarawak, née The Hon Sylvia Leonora Brett, le 25 février 1885 à Londres et morte dans cette ville le 11 novembre 1971, est la dernière des Reines blanches de Sarawak. (Wikipedia)

Lady Sylvia witnessed the tumultuous end of Sarawak’s independence that came after the Japanese invasion and occupation. (Research Gate)

Lady Sylvia a été témoin de la fin tumultueuse de l’indépendance du Sarawak qui est survenue après l’invasion et l’occupation japonaise.

(4) Sophie Cruvelli (1826–1907), née Sophie Crüwell, était une soprano dramatique allemande, célèbre au milieu du XIXᵉ siècle pour sa puissance vocale et son tempérament de tragédienne.

Elle a chanté plusieurs grands rôles de Verdi, notamment Elvira dans Ernani, Abigaille dans Nabucco, Odabella dans Attila et Luisa dans Luisa Miller. Verdi lui a confié le rôle d’Hélène dans Les Vêpres siciliennes, créé à Paris en 1855.

Pour Meyerbeer, elle est surtout associée à Valentine dans Les Huguenots. Une anecdote célèbre raconte qu’en 1855, elle disparut juste avant une représentation prévue, provoquant un grand émoi, puis revint chanter le rôle.  (wno.org.uk)

(5) Arabella Goddard (1836–1922) était une pianiste et compositrice anglaise, née en France — à Saint-Servan, près de Saint-Malo, de parents anglais. Elle n’était donc pas française au sens de sa nationalité, même si elle a grandi avec des liens forts avec la France.

Enfant prodige, elle étudia à Paris avec Friedrich Kalkbrenner, puis poursuivit sa formation en Angleterre. Elle se fit notamment remarquer par ses interprétations des sonates de Beethoven et fut l’une des premières pianistes à donner des récitals de mémoire. En 1883, elle enseigna au tout nouveau Royal College of Music, à Londres.  (fr.wikipedia.org)

(6) Lady Randolph Churchill (1854–1921), née Jennie Jerome, était une mondaine américaine devenue l'épouse de Lord Randolph Churchill et la mère de Winston Churchill. (Qwant)

(7) Anne Thackeray Ritchie a publié Sur la falaise (The Village on the Cliff) en 1867, l'un de ses romans les plus appréciés de son époque. (Wikipédia)

(8) Pierre Loti a écrit des récits sur l'île de Pâques en 1872 (publié dans L'Illustration et La Revue de Paris en 1899), décrivant ses statues monumentales et son mystère lors de son escale à bord du navire La Flore. (Wikisource)

(9) Alice Heine, née Marie Alice Heine le 10 février 1857 à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) et morte le 22 décembre 1925 dans le 8e arrondissement de Paris, est duchesse de Richelieu puis princesse consort de Monaco. (Wikipedia)

Le prince Albert et la princesse Alice, accompagnés du prince héréditaire, arrivent en train à Monaco. Ils prennent place dans une voiture à la Daumont pour rejoindre le Palais. (Prince Albert 1 mc)

(10) Margaret Brooke, Ranee de Sarawak, a adapté son rôle malgré des contraintes de santé et des conditions difficiles. (Qwant)

(11) Histoire des Iban

Connus pour leur pratique de la chasse au tête et de la piraterie, ils étaient jusqu'au XIXe siècle, une grande tribu guerrière de Bornéo. Aujourd'hui, ils s'urbanisent rapidement autour de Kuching et des grandes villes du Sarawak comme Miri et Sibu, tout en veillant à conserver leur culture et leur héritage traditionnel dans une Malaisie en pleine transformation. (Wikipedia)

(12) A Gough’s Cave dans le Somerset, des archéologues ont découvert trois crânes humains soigneusement façonnés en coupes. Ils datent d’environ 14 700 ans et constituent les plus anciens exemples directement datés de coupes faites dans des crânes humains (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

Les traces sur les os indiquent que les corps avaient été dépecés et que les crânes avaient été nettoyés, puis travaillés pour former des récipients. Cela rend plausible leur usage comme coupes ou bols, peut-être dans un contexte rituel 

 Mais rien ne permet d’affirmer que ces personnes étaient des ennemis tués au combat : les chercheurs ne savent pas si elles ont été tuées ou si elles étaient mortes naturellement (bbc.com)

 Une étude souligne même qu’il n’y a pas d’indice que ces coupes aient été des trophées d’ennemis (theguardian.com)

(13) Le rapprochement avec Bob Morane semble plutôt relever d’un contexte culturel commun : l’imaginaire français du roman d’aventures, des contrées lointaines et de Bornéo. Une étude sur la série souligne son héritage du roman d’aventures coloniales et de ses modèles anglo-saxons, mais cela ne suffit pas à démontrer une référence précise à Margaret Brooke.(journals.openedition.org)

La présence de Le Masque bleu dans des catalogues associés au thème du Sarawak ne prouve pas non plus un lien biographique ou une inspiration directe.(babelio.com)

(14) Vous faites probablement référence à Margaret Brooke, prisonnière du sultan de Jarawak dans les paroles de L’Aventurier d’Indochine. La chanson évoque l’univers de Bob Morane, héros des romans d’Henri Vernes, et reprend notamment des titres et personnages de ces aventures. (cheriefm.fr)

La formule chantée est « Prisonnière du sultan de Jarawak » — pas « l’aventurier de Jarawak ». (Qwant)

(15) « Marie Vérité » est la suite directe du « Mangeur d’archipels ». Dans l’album précédent, une silhouette féminine apparaît à la fenêtre d’un palais, sans que son identité soit révélée. Dans Marie Vérité, Théodore Poussin part à la recherche de la fille de Sir Laurence Brooke, le Rajah blanc, disparue lors de la prise de pouvoir d’Aru-El-Kader. Cette fille s’appelle Marie Vérité. 

À noter : les résultats consultés mentionnent Sir Laurence Brooke et sa fille Marie Vérité, mais ne permettent pas d’établir que Margaret Brooke est un personnage de ces albums. (tortillapolis.com)

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