Patrick
Béon (7)
Nu
dans mes bottes.
Editions
Prolongations – 2009
Ce
n’est pas un livre gai du tout. Il raconte sa descente aux enfers et ne nous
épargne rien.
Il
utilise le subjonctif plus-que-parfait. Je trouve que ça alourdit maladroitement
le texte, mais personnalise son récit. (« J’eusse été bien incapable »
au lieu de « j’aurais été bien incapable ». Il aime ça à toutes les
pages: « mangeasse », « redevinsse », etc).
Il a obtenu sa revanche sur son enfance. Enfant de la « Boche », la famille a été reléguée au fond d’une étable, en Bretagne. Il a réussi à monter au sommet. Mais à quel prix.
En 1968, il débute dans le cyclisme et travaille aux PTT. Il fait des crises de somnambulisme (ce qui n’est pas un bon signal pour la santé mentale, NDLR). Agostino, Anquetil et Chapatte (1) lui tournent autour. Il refuse.
La
drogue.
En
1975, il se fait sa première injection de vitamines pour ménager le foie et
l’estomac. (p 94). En se dopant, il n’a pas l’impression de transgresser. Il
passe au Lidépran et à la Ritaline (2).
Il
rejoint l’équipe de Thévenet pour le Tour de France. Il cède devant le poison
avec le Tonédron et le Pervitin (3). Fatigué, en pleine
dépression, il a peur de tuer quelqu’un, ressentant une pulsion de mort. (p
100). Il va enchaîner avec les anabolisants et les corticoïdes. (p 105).
Comment
ne pas se doper quand les coureurs doivent assurer des étapes et font 86 km entre Auch et Langon, 123 km entre
Langon et Lacanau, et 71 km entre Lacanau et Bordeaux ? Sa bouche devient
pâteuse et ses jambes lourdes. (p 108). En 1977, il passe aux
« excès ». (p 111).
En 1978, à cause de la drogue et de l’alcool, il n’a plus d’érection. Les sept ampoules de trente millilitres par jour vont l’emmener vers la mort ou l’hôpital psychiatrique. (p 115).
Dans
les années 1990, il replonge dans la drogue et prend des pots hollandais
((amphétamines) et des pots belges (héroïne et cocaïne). Les pots polonais sont comme les pots belges
avec d’autres substances. (p 125).
En 1998, Pete Boot (4) est son fournisseur. Contre de l’argent liquide, il fournit un ancien grand champion français avec des pots de 10 ml. Puis il fournit les anciens coureurs devenus chauffeurs professionnels. (p 127). Il suivra le Tour de France, pas en tant que coureur cycliste, mais en tant que dealer.
Ses
femmes.
Ils
se marient en 1972. Puis, Martine craint
pour sa santé. (p 109). Il dit d’elle : « Je suis l’homme d’une seule
femme. Elle est mon seul amour ». NDLR : Sa seconde femme, Cathy,
appréciera. (p 113).
Il
prend une amante en 1977 et écrit qu’il n’est « plus vierge ». (Ca
veut dire quoi ? Ce n’est pas clair. ndlr). Après cette histoire, son couple officiel
consomme et met au monde un fils. Puis, ils retombent chacun dans leur
solitude.
En
1990, Cathy lui procure enfin du plaisir qu’il n’a pas connu avec Martine. Ils
se séparent. Martine va assumer les deux fils de six et treize ans.
Cathy
met au monde Paolina. Elle déprime car elle reste à la maison. C’est le début
de la fin.
Le
second couple se sépare en 1999. Il est devenu paranoïaque, mal à l’aise. (p
128). La rupture est douloureuse.
Il a
drogué aussi son fils avec des amphétamines. (p 19). Son fils Nicolas se drogue
avec lui chez Martine ! Elle met son fils à la porte car il est devenu
trop difficile à gérer. (p 132).
Patrick Béon se réconcilie avec Cathy juste avant son arrestation.
De
cycliste à VRP.
Dans
l’équipe sportive, il surnomme Bernard Sainz de « docteur
Mabuse » (5). (p 32).
Pour
participer au Tour de Belgique, chez Peugeot, il s’est piqué à la Novocaïne. (p
33). Il était drogué aux amphétamines, tout le temps, sur son vélo.
Il a
arrêté sa carrière de cycliste à cause des amphétamines. A vingt-huit ans, il
abandonne le vélo. Son contrat n’est pas renouvelé.
Il
devient représentant de vêtements en lycra entre Le Havre et La Rochelle. Il
est mal dans sa peau. (p 121).
Après
trois ans de galère, de petits boulots, de déprime et d’alcool, il se lance dans
le trafic de pots. Pour se procurer de la drogue, il lui a fallu dealer. Dix
ans plus tard, il est arrêté à cause de son trafic de drogue. Il fournissait
les vieux coureurs qui ne couraient plus. (p 34).
Il sombre dans l’alcoolisme après sa condamnation.
La
prison.
Ancien
cycliste du Tour de France, dans l’équipe de Bernard Thévenet, il est
arrêté et jeté en prison à l’âge de cinquante et un ans, après l’affaire
Festina (6).
Il
réclame la prison, croyant expier et se soigner. Au bout de deux mois, il
atterrit en hôpital psychiatrique. C’est la chute, la dépression, la rancœur,
la solitude, la camisole chimique avec des anti dépresseurs et des somnifères.
Puis,
il refuse les médicaments et il tient bon.
En
prison, les matons préfèrent que les prisonniers et prisonnières se droguent car
elle endort les crises de délire.
Il
entend les cris d’un jeune homme de dix-huit ans, livré dans une cellule de
cinq hommes pour un viol.
En
août 2004, après quatre mois de prison, il va mieux et prépare sa sortie :
il lui faudra trouver un logement, un travail et régler son problème de
surendettement. Il sera pendant neuf mois en liberté surveillée. Calomnié, il
veut que ses droits soient respectés.
Il a eu la chance d’avoir été soutenu par son frère Gérard et ses deux fils Seb et Nico.
Un
logement.
Cinq mois après sa sortie de prison, il obtient un T3 à Lorient. Puis un travail dans l’immobilier, secteur « démolition ». Il apprend les textes de loi. Il garde ce logement pendant un an. Il essaie de vivre avec une femme. Il n’y parvient pas.
Sa dette aux impôts est impressionnante et inquiétante.
--------
(1)
Jacques Anquetil devient correspondant du journal
L'Équipe, puis consultant sur Antenne 2 et sur Europe 1 en
compagnie de Robert Chapatte, Fernand Choisel.
Robert Chapatte, né le 14 octobre 1921 à Neuilly-sur-Seine et
mort le 19 janvier 1997 à Paris, est un coureur cycliste français reconverti
dans le journalisme.
Joaquim Agostinho, né le 7 avril 1943 à Silveira,
Torres Vedras et mort le 10 mai 1984 à Lisbonne, est un coureur cycliste
portugais. Il est considéré comme l'un des meilleurs coureurs portugais de
l'Histoire. (Wikipédia).
(2) Avec quoi ne faut-il pas mélanger le Ritalin ?La Ritaline peut interagir avec l'alcool, d'autres médicaments et certains compléments alimentaires . Parmi ces interactions, on peut citer certains antidépresseurs, comme les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine. Une interaction se produit lorsqu'une substance provoque chez une autre un effet différent de celui attendu. (Medical news today).
(Lidépran, Phacétoperane) is a psychostimulant
developed by Rhône-Poulenc in the 1950s. The drug has been used as an antidepressant and
anorectic. (Wikipédia).
(Lidépran, Phacétoperane) est un psychostimulant développé par Rhône-Poulenc dans les années 1950.
Le médicament a été utilisé comme antidépresseur et anorexigène.
(3) Les surnoms
donnés sont :
§
Cap pour Captagon
§
Tintin pour Pervitin
§
Tonton pour Tonédron. (Irbms).
Amphétamines :
tonédron, maxiton, actédron, phénédrine, sympa-i:ine, pervitine, métédrine, etc. La première utilisée fut la benzédrine.
(Le Monde).
(4) A Rennes, comparaissent depuis mardi treize orphelins
de la grande famille du vélo, poursuivis pour usage et trafic de pot belge.
Pete Boot (qui) deviendra son principal fournisseur.
Une pause de sept mois aura lieu en 1998 avec l'affaire Festina.
(Cyclisme dopage – 2002).
Lors d'une compétition aux Pays-Bas, Patrick Béon
avait rencontré un Néerlandais, Pete Boot, qui lui proposait des pots belges. (RDS – 2002).
(5) Bernard Sainz (né le 1er septembre
1943 à Rennes), surnommé Docteur Mabuse, est un praticien homéopathe français
régulièrement impliqué dans des affaires de dopage. (Wikipédia).
Bernard Sainz, qui se fait appeler
Docteur Mabuse, avait fait appel de sa condamnation pour exercice illégal
de la médecine.
Dans six mois Bernard Sainz, alias « Docteur Mabuse », saura s'il échappe à quatre ans de prison pour aide
et incitation au dopage.
(L’Equipe – 2025).
Jusqu'au 18 mars se tient le procès
en appel de Bernard Sainz, dit « Docteur Mabuse » pour exercice illégal de la médecine et incitation
au dopage. (Ouest France – 2025).
(6) L'affaire Festina est une affaire de dopage qui a touché le
cyclisme professionnel en 1998.
Qu'est-il arrivé à l'équipe Festina ?Les neuf coureurs impliqués ont été conduits à l'hôpital et soumis à des tests approfondis, notamment des prélèvements sanguins, capillaires et urinaires. A leur sortie le lendemain, cinq coureurs de Festina (Zülle, Dufaux, Moreau, Brochard et Meier) ont reconnu s'être dopés, tandis que Virenque et Hervé ont clamé leur innocence.
(Wikipédia).
Quel coureur français a été le dernier à avouer s'être dopé durant le procès de l'affaire Festina ?Interrogé pendant trois jours, Willy Voet avoue un dopage organisé dans l'équipe Festina. (Radio Canada – 2023).
(7) Patrick Béon, né le 5 février 1950 à Gosné
(Ille-et-Vilaine), est un coureur cycliste
français, professionnel de 1973 à 1979.
Dans les années 70-80, Patrick Béon émerge comme l'un des
espoirs du cyclisme français. La gloire du héros se mue en une chute abrupte. (France
3 régions – 2023).
Patrick Béon a 51 ans et il lui est reproché la consommation et
surtout la revente d'amphétamines, sous la forme d'in cocktail appelé « pot
hollandais ». (Babelio).
« J'étais fait pour une vie de passion,
d'exubérance et je suis tombé au fond. » (Ouest France – 2022).
Patrick Béon : Frère de Gérard, agé de 52 ans, ancien
coureur professionnel (vainqueur de l'Etoile de Bessège 1975 et du Critérium de
la Route 1976). (Cyclisme dopage).
---------------