Ayaan Hirsi Ali
Ma vie rebelle
Editions Nil
2006
Les femmes dans la famille.
La femme Baarri est une bête de somme docile et dévouée, dressée et accueillante. Elle ne se fait jamais plaisir et ne réclame rien. (p 30)
Une fille ne défie pas son père, par peur d’être désavouée en cas de désobéissance.
Elevés à force de taloches, les enfants atteindraient bien l’âge adulte. On ne les informe pas et on ne les écoute pas. (p 56)
A 35-40 ans, sa mère est malheureuse et remâche sa rancune. Elle oscille entre violence et dépression. La vie qu’elle a vécue n’est pas ce qu’elle avait rêvé. (p 118)
La perte de confiance en soi rend introverti et antisocial. (p 385)
La peur de la sexualité.
En Somalie, les filles sont élevées dans la méfiance des hommes. Perdre sa virginité, de gré ou de force, est le plus grand déshonneur qui soit pour les hommes du clan. (p 21)
Les femmes rebelles sont l’objet des djinns ou des sorcières. (p 31) (1)
En 1978, si sa mère sort seule en Arabie Saoudite, elle apparaît comme une proie facile. Elle est en danger, à peine humaine, sans protection. C’était dégradant et humiliant. (p 89)
Dans la poésie somalienne, il n’y a pas de femmes, ni de romantisme pour ne pas éveiller la sexualité considérée comme « vile ». (p 121) (2)
Une fille « bien » est une vierge qui souffre pendant les rapports sexuels avec son mari. (p 241)
Elle découvre que la peur des pulsions sexuelles qu’on inculque aux femmes ne les protège pas des grossesses et des maladies. (p 385) (3)
L’excision.
Les jeunes filles somaliennes comparent leur excision. C’est à qui sera cousue la plus serrée. Elles sentent coupables d’avoir leurs règles. Les règles sont « la preuve » qu’elles valent moins que les hommes. (p 190)
L’excision ne supprime ni le désir, ni le plaisir féminin. Elle est inefficace et douloureuse. (4) (p 237) L’excision ne supprime pas les pulsions sexuelles. (p 385)
La liberté.
En partant pour le Canada, elle s’arrête à Bonn. Elle réussit à se débrouiller toute seule et ressent un sentiment de pouvoir et de liberté. Le monde était moins dangereux que ce que sa famille lui en avait dit. (p 311)
Pour elle, la liberté c’est prendre ses décisions toute seule. (6) Elle veut une vie qui lui appartienne. (p 313) (7)
En Hollande, elle culpabilise d’avoir désobéi à ses parents. Son amie lui répond qu’elle a raison de faire passer son intérêt en premier. (8) Prendre sa vie en main n’a rien d’égoïste. (p 364) (9)
La lecture.
Enid Blyton (Club des 5, des 7) écrivait des histoires d’amitié, d’égalité entre les garçons et les filles, de liberté, d’exploits, de confiance. (p 112) (10)
Sa sœur Haweya aimait lire tout en mangeant. De retour en Somalie, elle ne pouvait plus le faire. Les grands plats à partager l’en empêchaient. Elle déprime et maigrit. (p 172)
A 17 ans, Ayaan rentre en Somalie. Sa déception est inavouée. Lire les livres, même les plus médiocres, lui changeait les idées et lui faisait un « courant d’eau fraîche irrigant le lit d’une rivière asséchée ». (p 222)
Les réfugié-es.
Ayaan sert de traductrice pour les réfugié-es demandeur-euses d’asile au Pays-Bas. Une femme galla lui raconte que son bébé a été jeté au feu par un soldat hawiye et elle a été obligée de le regarder. (p 392) (11)
L’éducation des filles.
Pourquoi l’intégration des Marocains et des Turcs aux Pays-Bas est-elle si difficile ?Ndlr : elle ne mentionne pas la racisme, ni le plafond de verre qui les bloque…
C’est pareil pour les femmes. Elle en rencontre à l’université et pense que toutes les femmes sont comme elles.
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Pays-Bas |
Pays islamiques |
Elle est persuadée que les femmes ne sont pas dominées par les hommes en Europe. |
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Les femmes peuvent sortir seules. Elles s’habillent plus ou moins comme elles le désirent. Elles peuvent aller à l’université et peuvent voyager. Elles peuvent acheter un appartement. |
Non. (p 467) |
Ndlr : Il ne faudrait pas croire que les Pays-Bas est un pays égalitaire. Il existe des femmes qui sont d’accord avec le patriarcat. |
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Les femmes peuvent compter sur elles-mêmes. |
Elles sont dociles et soumises. (p 467) |
Ndlr : toutes les femmes n’ont pas confiance en elles-mêmes en Europe… |
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Les femmes sont privées de droits sociaux. Ignorantes, elles élèvent leurs enfants dans l’ignorance. (p 466) |
Ndlr : ignorance de quoi ? Qu’il soit possible de rêver à une société égalitaire ? |
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Les femmes peuvent choisir leur compagnon et le nombre d’enfants quels auront, et quand. (p 469) |
Non. |
Ndlr : sauf celles qui sont violées… |
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Elles peuvent développer leur créativité en art, en musique, au théâtre. (p 468) |
Non. |
Ndlr : quel optimisme…Ce n’est pas donné à tout le monde. |
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Elles ont acquis un esprit critique. |
Non. Les filles servies dans l’enseignement apprennent par cœur. |
Ndlr : elle oublie que l’école sert de sélection sociale… |
Les religions.
En Hollande, il y a des extrémistes qui prennent la Bible au pied de la lettre, en 2011. (p 448)
Elle propose de refuser de subventionner les écoles religieuses par l’état. (p 468)
A la télévision, elle affirme que l’islam est arriéré en matière de politique, de femmes et d’éducation. Elle se met en danger. (p 483)
La police d’Amsterdam et de Leyde la protègent. Deux gardes du corps sont payés par son parti politique, le Parti des Travailleurs. (p 488)
Elle fuit aux USA, en Californie, en 2002. (p 491)
Elle ne croit plus en Dieu, au grand désespoir de son père. (p 517)
Avec Théo van Gogh, ils tournent un film « L’Insoumission » (Submission), sur le refus de se soumettre à Allah. Il sera assassiné en 2004. (p 53) (12)
Vocabulaire :
Avunculaire (caractère masculin) (p 486) : qui a un rapport avec l’oncle maternel, ou qui évoque son rôle. Par extension, se dit d’une attitude bienveillante et protectrice, comme celle d’un oncle envers ses neveux ou nièces. (Qwant)
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(1) Les sources ne disent pas que les femmes rebelles sont l’objet des djinns ou des sorcières ; elles présentent plutôt la figure de la sorcière comme un symbole de révolte féminine, parfois éloigné de la réalité historique. (Qwant)
(2) Cette affirmation est inexacte : la poésie somalienne compte notamment le buraanbur, un genre féminin. (Qwant)
(3) Oui : inculquer la peur du désir sexuel ne protège pas les femmes des grossesses ni des infections sexuellement transmissibles ; une information fiable, le consentement et l’accès à la contraception et aux préservatifs sont essentiels. (Qwant)
(4) Oui : l’excision ne supprime pas le désir féminin et n’apporte aucun bénéfice médical ; elle peut au contraire provoquer douleurs, traumatismes et complications durables. (Qwant)
(6) Oui, on peut le dire ainsi : être libre, c’est pouvoir prendre ses propres décisions. Mais la liberté, c’est aussi pouvoir choisir en tenant compte des autres et assumer les conséquences de ses choix. (Qwant)
(7)La citation « La liberté, c’est vouloir une vie qui nous appartienne » pourrait être interprétée comme une réflexion sur l'importance de la liberté dans la vie d'une personne.
· La vie appartient à ceux qui ne reculent pas et qui choisissent de vivre pleinement.
Ces perspectives soulignent que la liberté est un choix personnel et essentiel pour vivre une vie significative et autonome.
(8) Ça dépend de la situation : faire passer son intérêt en premier peut être sain si elle pose des limites et se protège, mais cela ne justifie pas de léser ou de manipuler les autres. (Qwant)
(9) Exactement. Prendre sa vie en main, ce n’est pas négliger les autres : c’est reconnaître que ses besoins et ses choix comptent aussi. Poser des limites, chercher ce qui nous fait du bien et décider de sa direction, ce n’est pas être égoïste — c’est prendre soin de soi. (Qwant)
(10) Charme du Club des cinq et du Clan des sept : des enfants qui agissent par eux-mêmes, se serrent les coudes et vivent des aventures où le courage et la débrouillardise comptent beaucoup.
On peut toutefois nuancer l’idée d’égalité : les filles y sont souvent courageuses et actives, mais les rôles et les attitudes reflètent aussi les normes de l’époque où Enid Blyton écrivait. (Qwant)
(11) « Galla » et « Hawiye » renvoient à des peuples de la Corne de l’Afrique. (Qwant)
(12) Submission (« Soumission »), le court-métrage réalisé par Theo van Gogh avec Ayaan Hirsi Ali, et non à un film intitulé L’Insoumission. Il a été diffusé à la télévision néerlandaise en 2004 ; van Gogh a été assassiné à Amsterdam le 2 novembre de la même année. (lemonde.fr)
À noter qu’il s’agit du réalisateur Theo van Gogh (1957–2004), et non de son homonyme, le frère de Vincent van Gogh, mort en 1891. (Qwant)
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