samedi 10 octobre 2026

Jeanne Champion - Le fils du silence

 

Jeanne Champion

Le fils du silence

Editions Fayard – 2006

                                                          Jeanne Champion et Palmyre en Syrie

Alexis, mendiant, a été peint par Georges de La Tour. (1)

Le récit se passe au 4e siècle, à Rome. (p 16) C’est une légende. (p 89)

La grandeur des justes qui ont laissé des traces dans l’histoire vient de leur capacité à dire « Non ». (p 193)

Le nombre 17 est important et revient souvent. Il représente la durée de son exil à Edesse, (2) en Syrie, puis de son séjour sous l’escalier dans la maison paternelle. (p 135)


Euphémien est le père d’Alexis. Il est sénateur romain. (p 43) (3)

Il oblige son fils à se marier. Alexis n’ose pas s’affronter à son père. Il fuit durant la nuit de noces. Pour justifier sa désobéissance, il utilise Dieu. (p 82) Il ne donne aucune explication à son refus de se marier car il sait qu’il ne sera pas écouté. Sa femme seule accepte sa décision. « Est-ce aimer que de posséder quelqu’un contre son gré ? » (p 101) L’évangile par Saint Luc dit le contraire : « Un enfant doit apprendre à servir et à donner ». (p 116) (4)

Les parents, même riches, doivent se méfier de leur enfant. (p 85) Le bonheur ne pleure pas. (p 119). Ndlr : mais on peut pleurer de bonheur…(5)

Le père pense qu’un homme reste fidèle à sa femme quand il va chez une prostituée. (p 124) (6)

L’incommunicabilité entre les deux êtres est extrême. Le père ne reconnaît pas son fils qui ne lui dit pas qui il est quand il rentre de Syrie. (p 129)

Dieu a-t-il créé les humains ou bien est-ce l’inverse ? (7) Les humains ont créé Dieu pour combattre la mort et s’assurer l’éternité. (p 137) (8)


Vocabulaire :

Hâve (lugubre ?) (p 117) : Hâve : très maigre, amaigri au point d’avoir le visage creusé.

Ex. : Il avait l’air hâve après plusieurs jours de maladie.

Lugubre signifie plutôt sombre, triste ou qui évoque la mort. (Qwant)

---------------

(1) Oui, mais la scène représentée est la découverte du corps de saint Alexis. Dans la légende, Alexis a mené une vie de mendiant avant de revenir à Rome et de mourir sous l’escalier de la maison de ses parents, qui ne l’avaient pas reconnu.

L’œuvre de Georges de La Tour est généralement désignée sous le titre La Découverte du corps de saint Alexis. L’attribution de la version conservée à Nancy est toutefois discutée : les spécialistes y voient plutôt une réplique ancienne d’un original perdu.  (musee-lorrain.nancy.fr)

(2) Dans la légende de saint Alexis, 17 renvoie aux dix-sept années qu’il aurait vécues comme mendiant à Édesse, après avoir quitté Rome. Ce nombre est un élément récurrent du récit, mais il relève de la tradition hagiographique. (Qwant)

Selon sa légende, Alexis aurait quitté sa famille et sa vie de noble, puis gagné Édesse. Il y aurait distribué ses biens aux pauvres et vécu mendiant sous le porche d’une église, dans l’anonymat, pendant dix-sept ans. Quand les habitants découvrirent sa sainteté, il serait parti par humilité. Les récits divergent ensuite : l’un le fait mourir à Édesse, l’autre raconte son retour incognito à Rome. Cette histoire relève de la tradition hagiographique, et non d’une biographie historiquement établie.  (fr.wikipedia.org)

(3) Dans la légende de saint Alexis, Euphémien est présenté comme son père, un riche et noble sénateur romain. (Qwant)

(4) La phrase « Un enfant doit apprendre à servir et à donner » ne semble pas être une citation littérale de l’Évangile selon Luc. Vous pensez peut-être à l’enseignement de Jésus : « Le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie » (Luc 22, 27 ; voir aussi Marc 10, 45).

Ce passage parle de Jésus et de ses disciples, pas d’une règle formulée spécifiquement pour les enfants. (Qwant)

(5) Oui : le bonheur ne pleure pas, mais il peut nous faire pleurer. (Qwant)

(6) Cette idée peut sembler paradoxale, mais elle repose sur une définition très étroite de la fidélité : pour lui, une relation tarifée serait un acte sans attachement ni engagement, donc différent d’une liaison amoureuse. Cela ne signifie pas que sa femme le voit ainsi, ni que leur couple l’a accepté.

La fidélité n’a pas une définition universelle : elle dépend des limites convenues entre les partenaires. Sans accord explicite, aller voir une prostituée peut être vécu comme une trahison, même si l’homme affirme rester fidèle. (Qwant)

(7) Cela dépend du point de vue.

  • Dans les religions théistes, Dieu a créé les humains, même si les récits et les interprétations varient.
  • Du point de vue scientifique, l’espèce humaine est issue de l’évolution. La science n’établit pas si Dieu existe ou s’il est à l’origine de ce processus.
  • En philosophie, on peut aussi dire que les humains ont créé les représentations de Dieu — leurs récits, images et concepts — sans que cela tranche la question de l’existence d’un Dieu indépendant de ces représentations.

Ces réponses ne portent donc pas exactement sur la même chose : la science étudie l’origine biologique des humains ; la foi et la philosophie abordent aussi le sens et l’existence de Dieu. (Qwant)

(8) C’est une thèse forte, proche de certaines interprétations de la religion : la croyance en Dieu et en une vie après la mort peut répondre à la peur de disparaître et donner un sens à l’existence.

Mais elle ne suffit pas à expliquer toutes les religions ni toutes les conceptions de Dieu. Celles-ci peuvent aussi naître de l’émerveillement, de l’expérience spirituelle, du besoin de cohésion ou d’une réflexion sur l’origine du monde. Dire que « les humains ont créé Dieu » est donc une interprétation philosophique, pas un fait établi. (Qwant)

--------------------------

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire