vendredi 22 mai 2026

Marina Picasso - Grand-père

 

Marina Picasso

Grand-père

Editions Denoël – 2001

 


Maman de deux enfants à Genève, elle connaît des crises d’angoisse et a peur de devenir folle. Elle va travailler avec un psychothérapeute pendant quatorze ans. Elle est malheureuse à cause de Pablo Picasso (et de ses parents, ndlr). (p 13).

Elle est la petite fille d’Olga  Khokhlova . (p 14).

Son père était Paulo Picasso. ((p 15).

L’héritage et une analyse lui ont permis de se réconcilier avec Picasso et la vie.

 

Picasso et l‘argent :

Picasso ne payait pas le restaurant. Une signature sur la nappe suffisait, même pour cent personnes. Il ne passait pas devant le notaire quand il achetait une propriété. (p 30). Ndlr : il avait du personnel pour ça.

Il ne recevait pas les autres membres de sa famille, en-dehors des trois membres de la famille de Paulo. Marina le trouve mesquin. (p 94) ? (0)

Il a possédé une propriété à Boisgeloup en Normandie, en 1935. (1)

 

Pablo Picasso et les enfants :

Picasso n’aimait les enfants que lorsqu’ils étaient encore dans le premier âge. Après, il s’en désintéressait. (p 24) Il dessinait des pastels de ses enfants innocents. (2) (p 138). Picasso offrait des « mendiants » à  ses petits-enfants quand il acceptait de les recevoir. Le terme n’a rien d’innocent. Ce sont des dattes fourrées de noix. (p 28).

La porte de La Californie était souvent fermée pour eux trois, Paulo, Marina et Pablito, son frère (qui se suicidera à Antibes).

Picasso a dédicacé une assiette à son chien, (3) mais n’a jamais dessiné ses deux petits-enfants. (p 89). (4)

 


Comment Marina voit son grand-père :

Les qualificatifs négatifs concernant son grand-père sont légion dans son récit :

Tyran, sadique, indifférent (p 13). Manipulateur, despote, vampire, destructeur (p 134).

Marina juge l’ambition de Picasso monstrueuse. (p 21)

Il était méprisant, avare, pervers, insensible, habitué à être servi et entouré de servilité. (p 204)

Il était autistique, boulimique. (p 206).

Pour Jacqueline Roque, à l’inverse, il était « soleil, monseigneur, grand maître ». (p 17).

 

Pablo Picasso et son fils Paulo (5) :

Il a dressé Paulo pour contrer sa mère, Olga, par vengeance. (p 32).

Picasso a été un père saccageur, maltraitant, dédaigneux et méprisant pour son fils. (p 30)

Paulo a épousé Emilienne Lotte. (p 29).

Paulo est devenu le chauffeur factotum de son père. Il mendie pendant ses visites sa paie à Picasso. Paul est recouvert de dettes. (p 43). Paulo, l’enfant unique, a renoncé à son héritage maternel au profit de Picasso ! (p 24)

Après le divorce de Paulo et d’Emilienne (6), la mère se met à boire. Marina et Pablito nettoient l’appartement du Golfe Juan des restes des beuveries, le matin, avant de partir à l’école. (p 58)

 

L’enterrement d’Olga Khokhlova  (7):

Paulo y assistera seul, sans ses enfants. (p 67)

Marina réhabilite Olga, tant haïe et décriée par Picasso et son entourage. (8)

 

Le silence des petits-enfants sur leurs conditions de vie :

Ils n’avaient pas le droit de se plaindre, en tant que descendants de Picasso.

Les gens le considèrent comme un « bon » homme. Elle, Marina, se plaint de la misère.

Pablito n’avait plus d’espoir. Au lycée, il fugue. (p 154). Il n’y a qu’un seul Pablo, d’où le nom de Pablito (= le petit Pablo).

Après le baccalauréat, Picasso ne finance plus les études de Marina et de Pablito. Ils vont travailler. Pablito sera garçon de salle et Marina aidera les handicapés mentaux et physiques. (p 161).

Pablito se suicide en buvant de la Javel quatre jours après le décès de Picasso. Il n’a pas supporté l’humiliation de ne pas pouvoir assister à l’enterrement de son grand-père. Il avait vingt-quatre ans. (p 169). Condamné à rester enfant, il en mourra. Ndlr : ça doit être difficile de voir son père être humilié et se détruire dans l’alcool aussi.

 

L’héritage :

Marina ne dissocie pas l’artiste de son oeuvre et refuse d’ouvrir le coffre qui contenait sa part d’œuvres. (p 197).

Elle attendra la naissance de ses deux enfants pour l’ouvrir. (p 198). (9)

 

La mort dans la famille :

Il avait des pulsions sexuelles dévorantes pour les femmes. Sa passion inspirait la peur et le mépris. (p 138)

Elle pense que les femmes sont mortes de Picasso. (p 97).

Son père meurt d’un cancer deux ans après la mort de Picasso.

Marie-Thérèse Walter s’est pendue. (10)

Jacqueline Roque s’est tiré une balle dans la tête. (11)

Dora Maar a terminé sa vie dans la misère. Elle ne voulait pas vendre les tableaux de Picasso. (p 210). Ndlr : ? Elle vivait dans la solitude, certes, mais dans une très belle maison.

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0)  Non.

La relation entre Picasso et Françoise Gillot est terminée depuis 3 ans, mais les enfants, avec leur mère, viennent fréquemment à La Californie, la villa où habite Picasso avec Jacqueline Roque à Cannes. (ac Normandie)

 

(1) Pablo Picasso a possédé le château de Boisgeloup en Normandie jusqu’en 1935.

·                                 En juin 1930, il acquiert la propriété et y installe son atelier de sculpture tout en continuant à vivre à Paris.

·                                 Il y travaille intensément jusqu’en 1935, période durant laquelle il produit de nombreuses sculptures, peintures et dessins.

·                                 À la fin de cette année, lors de la séparation avec son épouse Olga, elle récupère le château, ce qui signifie que Picasso ne possède plus la propriété après 1935.

Ainsi, la propriété était bien à la disposition de Picasso jusqu’à la fin de 1935, mais il ne la détenait plus après cette séparation. (Qwant)

Le Château de Boisgeloup – Eure, sud de Gisors

Localisation

·                                 Château : Boisgeloup

·                                 Commune : Gisors (Eure)

·                                 Région : Normandie, Eure

·                                 Proximité : Situé à quelques kilomètres de Gisors, à la limite de l’Eure et de l’Oise.

Histoire et acquisition

·                                 En juin 1930Pablo Picasso acquiert le château avec sa première épouse, Olga Khokhlova (ou Olga), une ancienne ballerine des Ballets russes.

·                                 Le bâtiment est une gentilhommière du XVIIIᵉ siècle remaniée au XIXᵉ, dotée d’une tour carrée, d’une chapelle et de communs adaptés à l’atelier de sculpture.

Rôle d’Olga

·                                 Aménagement intérieur : Olga s’occupe de la décoration intérieure, ayant même demandé conseil à Coco Chanel pour le style.

·                                 Séjour : Après la séparation de Picasso en 1935, Olga continue d’y résider jusqu’aux années 1950.

·                                 Héritage : Son fils, Paul (ou Paulo), y vient régulièrement en famille avec son fils Bernard.

·                                 Rénovation : Bernard Ruiz Picasso, marié à la galeriste Almine Rech, a rénové la propriété et ouvert le château à des artistes contemporains.

Activités artistiques

·                                 Période créative : De 1930 à 1935, Picasso y travaille intensivement sur la sculpture, la peinture, le dessin, la gravure et la photographie.

·                                 Expositions : Le château a été ouvert au public pour la première fois dans le cadre d’une « Saison Picasso », avec des expositions au Musée national Picasso‑Paris, au Centre Pompidou, et d’autres institutions.

·                                 Œuvres : Des pièces comme la « Grande statue » et des sculptures en plâtre (ex. Tête de femme, Femme assise) sont associées à son atelier de Boisgeloup.

 « Le château de Boisgeloup, la première propriété de Picasso, et son premier château » (en.wikipedia.org)

 « Olga s’attelle à la tâche et prend en charge l’aménagement intérieur » (telerama.fr)

 

« Bernard Ruiz Picasso a rénové entièrement la propriété et ses dépendances » (information.tv5monde.com)

(2) Picasso et ses enfants

  • Picasso a eu quatre enfants : Paulo, Maya, Claude et Paloma.
  • Il a réalisé de nombreux portraits et dessins de ses enfants tout au long de sa carrière. (Qwant)

(3) Pablo Picasso a effectivement peint un teckel, nommé Lump, sur une assiette et l’a dédicacé à son compagnon à quatre pattes. L’œuvre porte l’inscription :
« Pour Lump, Picasso. Cannes, 19 avril 1957 » (inha.fr)

Cette pièce illustre la relation particulière que l’artiste entretenait avec son chien, qu’il considérait comme une source d’inspiration et de joie. (Qwant)

  • (4) Le texte décrit plusieurs œuvres de Picasso représentant son fils Paulo (ex. Paulo dessinantPaulo en Arlequin), mais aucune référence n’est faite à des représentations de Pablito ou de Marina  (fr.wikipedia.org)
  • Les passages relatant la vie de Marina se concentrent sur son témoignage personnel et son héritage, sans mention d’œuvres de son grand‑père les représentant  (mademoisellelit.com)  (lemonde.fr) (ladepeche.fr)

(5) Paulo Picasso (1921‑1975)

Paulo Ruiz Picasso (Paul Picasso), né le 4 février 1921 à Paris et décédé le 5 juin 1975 dans la même ville, était le fils aîné du peintre espagnol Pablo Picasso et de la danseuse russe Olga Khokhlova

Il était le seul enfant légitime du couple, mais il a également un demi‑fratrie de quatre enfants nés hors mariage : Maya Ruiz‑PicassoClaude Picasso et Paloma Picasso (fr.wikipedia.org)

Vie familiale et personnelle

Mariages : première épouse Émilienne Lotte (mariage 1950‑1951) ; deuxième épouse Christine Pauplin (de 1955 à 1975) 

  • Enfants :
    • Pablito Picasso (1949‑1973, suicide)
    • Marina Picasso (née 1950)
    • Bernard Ruiz‑Picasso (né 1959)  (androom.home.xs4all.nl)
    •  
    • Relations avec le père : Paulo a été chauffeur de Pablo Picasso et a souvent été humilié par son père, qui le considérait comme un « imbécile » 
    • Passion : il développait une passion pour les automobiles de luxe, liée à son rôle de chauffeur 

    Carrière et influence artistique

  • Modèle : de nombreux dessins et peintures à l’huile de Pablo Picasso représentent Paulo, notamment :
    • Paulo au bonnet blanc (1922)
    • Portrait de Paulo, fils de l’artiste (1923)
    • Paulo dessinant (1923)
    • Paul en Arlequin (1924)
    • Paul en Pierrot (1925)
    • Paulo sur son cheval à bascule (1926) 
  • Œuvres : ces pièces sont conservées dans le Musée Picasso de Málaga, le Musée national Picasso‑Paris et d’autres collections  (fr.wikipedia.org)

Fin de vie

  • Décès : Paulo est décédé d’un cancer du foie (cirrhose hépatique) à l’âge de 54 ans 
  • Cimetières : inhumé au Cimetière du Montparnasse (division 16) à Paris  (androom.home.xs4all.nl)

(6) Émilienne Lotte (1916‑2007) est la mère de Marina Picasso. Elle était mariée à Paul Ruiz‑Picasso (1921‑1975) et a eu deux enfants, Pablito Picasso et Marina Picasso

  • Naissance et décès : née en 1916, elle est décédée en 2007.
  • Mariage : elle s’est mariée le 10 mai 1950 avec Paul Ruiz‑Picasso.
  • Rôle parental : après la mort de son mari, Émilienne a obtenu la garde exclusive des enfants, assurant leur éducation et leur bien‑être  (gw.geneanet.org)

(7) L’enterrement d’Olga Khokhlova

  • Date du décès : 11 février 1955, à l’âge de 63 ans, à Cannes, France.
  •   
  • Lieu de sépulture : Cimetière du Grand Jas à Cannes, département des Alpes‑Maritimes, Provence‑Alpes‑Côte d’Azur.
  • Observations :
    • Le peintre Pablo Picasso n’a pas assisté à ses funérailles, et la danseuse est décédée seule (facebook.com)
    • Son corps a été inhumé dans le cimetière mentionné, comme indiqué sur les registres de Find a Grave et sur la page Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(8) Olga, haïe et décrie par Picasso et son entourage

Olga Khokhlova (1891‑1955) fut la première épouse de Pablo Picasso et la mère de son fils Paul.
Au fil de leur vie commune, elle a été accusée par le peintre et par son cercle d’artistes de plusieurs « maux » :

Accusation

Contexte

Source

Cause de la rupture du cubisme

Picasso aurait abandonné la ferveur cubiste pour un néoclassicisme « inspiré d’Ingres » à cause d’Olga.


letemps.ch


Médiocre influence sociale

Elle était perçue comme une bourgeoise qui poussait Picasso à quitter la bohème pour les salons bien tenus.


letemps.ch


Jalousie et mépris

Son entourage l’appelait « mégère », « sorcière mal‑aimée », et la décrivait comme une femme jalouse et vaniteuse.


lefigaro.fr


Mauvaise muse

Les portraits de Picasso d’Olga, souvent figés, étaient interprétés comme des « tortures » et des « mesquineries cruelles ».


letemps.ch


Responsabilité de la « trahison »

Après la découverte de la maîtresse Marie‑Thérèse Walter en 1927, Olga a été vue comme l’élément déclencheur de la séparation définitive.


letemps.ch


Points clés

  • Influence artistique
    Olga a inspiré des portraits d’une pureté traditionnelle, proches d’Ingres, ce qui a conduit Picasso à un « retour à l’ordre » et à un style plus néoclassique. Cette évolution a été critiquée par ses contemporains, qui la voyaient comme la cause de la perte de son génie cubiste.  (letemps.ch)
  • (9) Jacqueline et Paulo reçoivent les parts les plus importantes, tandis que Maya, Claude et Paloma héritent de sommes moindres. (MSN)

    Héritage Picasso, des milliers d'oeuvres, sur les héritiers et les difficultés rencontrées par les trois enfants "adultérins", Maya, Claude et Paloma que Picasso n'a jamais reconnus. (INA)

    (10) Marie‑Thérèse Walter s’est pendue.
    Oui, selon les sources consultées, Marie‑Thérèse Walter s’est suicidée en 1977, quatre ans après la mort de Pablo Picasso. Le mode de son décès est décrit comme une pendaison dans son garage  (europe1.fr)

    (11) Cette information est confirmée par le texte de Actualitte.com, qui mentionne explicitement que « Jacqueline Picasso s’est tiré une balle dans la tête »  (actualitte.com)

    Le site geneanet.org précise également que la veuve de Picasso s’est suicidée le 15 octobre 1986 par arme à feu  (gw.geneanet.org)

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jeudi 21 mai 2026

Jennifer Lesieur - Rose Valland - L’espionne à l’œuvre

 

Jennifer Lesieur

Rose Valland

L’espionne à l’œuvre

Editions Robert Laffont

2023

 


L’art détruit par les nazis:

Dans les années 1930, le parti nazi voulait gouverner jusqu’aux consciences. L’art nouveau = art dégénéré = anti pureté aryenne. (p 18)

Le 20 mars 1939, ils brûlent les œuvres dans la caserne de pompiers de Berlin. (1)

Les œuvres de Masson et de Dali sont détruites au couteau par les nazis, à Paris. (p 74).

En juillet 1943, ils lacèrent et brûlent des œuvres de Picasso, Klee, Ernst, Léger. (p 75).

Leurs intentions criminelles étaient faites dans le but de haïr, dénigrer et anéantir autrui. (p 148).

 

Goering : (2)

Goering, le numéro 2 du régime nazi, s’est servi en œuvres d’art en Hollande et en Pologne, avant Paris. (p 10)

Il a détourné pour lui-même, sans payer, un millier d’œuvres d’art. (p 45). Il est riche et avare. (p 58). Il a pillé entre 1933 et 1944 (p 128). Il a volé Hitler pour son propre plaisir. (p 146)

Vichy laissait faire. (p 52)

Puis Goering ne croit plus à la puissance des Allemands, après la perte de 300 000 soldats allemand à Stalingrad. Il se drogue avec de la morphine (p 73).

Il cache les œuvres à Berchtesgaden, dans un lieu secret, dans la forêt de Schorfheide,  avant son arrestation et après le dynamitage de sa propriété de Carinhall.  (p 127) (3)

 


Familles juives pillées :

A Paris : (p 12)

Edouard et Maurice de Rothschild. Collection privée. La famille récupèrera tout à la fin de la guerre. (p 122).

Georges Wildenstein – Collection privée.

Famille Seligmann – Collection privée.

David-Weill – Collection privée – (p 34)

Alphonse Kann – Collection privée - (p34)

Veil-Picard – (p 40).

Paul Rosenberg – Marchand d’art – (p 41)

Berheim-Jeune – Galerie d’art (p 41).

Lévy de Bension – Collectionneur privé – (p 64)

Löwenstein – Collectionneur privé – (p 64)

Watson – Collectionneur privé – (p 64)

Collection Bacri – (p 70).

L.L. Dreyfus – Meubles – Collection privée - (p 79)

Famille Drey – Galerie d’art – (p 158)

Wanda Landowska – Claveciniste – (p 159).

38 000 logements parisiens seront vidés. (p 74)

Corrèze :

Adolphe Schloss – Collection privée – (p 77).

Aux Pays-Bas : (p 30)

Jacques Goustikker – Marchand d’art.

Les Allemands n’ont pas touché aux œuvres de la collection nationale, mais se sont servi dans les collections privées.

 

Les marchands d’art collaborationnistes :

Jean-François Lefranc – Marchand d’art – (p 52).

Gustav Rochlitz – Galeriste allemand - Paris – (p 58)

Jacques Beltrand – (p 70)

Walter Bornheim – (p 157)

Hildebrandt Gurlitt – (p 157)

Hermann Voss – (p 157)

 

                                                        Rose Valland et son amie Joyce Heer

Rose Valland : (4)

Depuis 1933, Jean Zay organise l’exode des musées parisiens dans des châteaux, abbayes, monastères. (p 19). La Tapisserie de Bayeux a été transférée au château de Chambord. (p 23). La Joconde repose au château de Montal (p 143). (5)

Rose Valland  rêvait d’être conservatrice de musée, mais la profession était fermée aux femmes. La première sera Jacqueline Bouchot-Saupique. (p 153) (6)

Les femmes éduquées sont préférées aux femmes instruites. (p 12).

En 1941, elle commence une liste de tout ce que les Allemands ont pillé parmi les œuvres d’art stockées au Jeu de Paume. Elle transmet les informations à Jacques Jaujard au Louvre. (p 49 et 51).

En 1941, elle est enfin payée. (p 54).

Elle n’a jamais pensé à vendre son âme pour obtenir un peu plus de confort. (p 67)

En 1945, toutes les œuvres cachées sont rentrées au Louvre. (p 100)

Après la guerre, Rose Valland se méfie de tout le monde et ne veut pas donner ses notes. (p 102).

Elle assiste au procès de Nuremberg en tant que membre de la CRA (6) en février 1946, pendant les 3 jours dédiés à l’art volé. (p 147).

Elle restera 8 ans en Allemagne, cherchant à qui rendre les objets volés. Elle devient capitaine des Beaux-Arts, officier experte. (p 155). Elle sera médaillée de la Légion d’honneur. Elle reçoit la médaille de la Liberté américaine. (p 157)  Elle restitue les œuvres dans la justice et l’équité. (p 166).

Elle a récupéré 61 000 œuvres d’art et en a restitué 45 000. (p 179).



Les œuvres d’art en Allemagne :

Les œuvres d’art pillées étaient stockées à Münich, Füssen, Buxheim (monastère en Bavière), Amstetten, Kogl (Autriche), Nikolsburg (détruite par les bombardements en Tchécoslovaquie). (p 78 et 158)

Hitler fait transférer les œuvres à Steinberg (mines de sel en Autriche) en 1944. (p 85)

Châteaux de Hohenschwangau  et Neuschwanstein – (p 106)

Mines de cuivre de Siegen, près de Cologne – (p 108)

Près de Stuttgart : Mines de sel de Heilbronn (p 109, de Kochendorf (p 110), d’Altaussee en Autriche (p 111),

A Altaussee, la valeur marchande du million d’oeuvres d’art et d’objets volés s’élevait à 3 milliards de dollars. Il faudra 7 ans pour la vider. (p 122).

 


Il n’y a que 37 Vermeer certifiés au monde. (p 60). (7)

Fernandel déjeunait chaque jour au cercle allemand. (p 68) (8)

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(1) Brûlage d’œuvres à la caserne des pompiers de Berlin (mars 1939)

En mars 1939, la cour de la caserne des pompiers de Berlin a été le lieu d’un acte de destruction d’art. Selon le chapitre 3 de Le Troisième Reich : l’État hitlérien (Cairn.info)  (shs.cairn.info), les œuvres de Gauguin, Van Gogh et Picasso – ainsi que d’autres pièces jugées « sans valeur » – ont été brûlées. L’événement a fait partie de la politique nazie de dépouillement et de destruction d’œuvres d’art considérées comme indésirables. Environ mille œuvres ont été incinérées dans la cour de la caserne.

(2) Hermann Göring

Hermann Göring (Rosenheim, 12 janvier 1893 – Nuremberg, 15 octobre 1946) était un militaire, homme politique et criminel de guerre allemand, l’un des dirigeants les plus proches d’Adolf Hitler dans le Troisième Réich (fr.wikipedia.org)                                   

Vie militaire et aviation

Après avoir servi comme sous‑lieutenant d’infanterie, il s’est reconverti dans l’aviation en 1915, devenant un as de la Première Guerre mondiale avec 22 victoires  (larousse.fr)

Il a terminé la guerre comme capitaine, décoré de l’Ordre du Mérite (fr.wikipedia.org)

Ascension au sein du parti nazi

Rejoignant le NSDAP en 1922, il fut nommé chef des SA et, après le putsch de la Brasserie de 1923, il s’exila en Suède  (larousse.fr)

En 1933, il fut nommé ministre sans portefeuille, ministre de l’intérieur de Prusse et commissaire à l’aviation

Il créa la Gestapo en 1933 et fut commandant en chef de la Luftwaffe à partir de 1935  (fr.wikipedia.org)

Rôle dans le régime nazi

Göring contrôlait une grande partie de l’économie allemande, supervisait le plan de réarmement de 1936 et était chargé de la production de guerre  (universalis.fr)

Il était également Reichsmarschall, le plus haut grade de la Wehrmacht  (larousse.fr)

Procès et mort

Condamné à mort par pendaison par le Tribunal militaire international de Nuremberg en 1946, il s’empoisonna dans sa cellule avant l’exécution  (fr.wikipedia.org)

(3) Propriété de Carinhall – Hermann Göring

 

Carinhall était la résidence de campagne du Reichsmarschall Hermann Göring, haut dignitaire nazi.
Elle a été construite en 1933 sur un terrain d’environ 120 hectares de la forêt de Schorfheide, à une soixantaine de kilomètres au nord‑nord‑est de Berlin, entre les lacs Großdöllner See et Wuckersee

Objectifs et symbolisme

  • Nom : Carinhall (en hommage à la première épouse de Göring, Carin Göring, décédée en 1931) et à la mythique Valhalla
  • Fonction : pavillon de chasse néo‑médiéval, mais aussi futur musée de la collection d’art de Göring, qu’il avait commencé à constituer après la Première Guerre mondiale
  • Dépouille de Carin : rapatriée en 1934 pour éviter la profanation de sa tombe en Suède, avec une cérémonie à laquelle participait Adolf Hitler

Infrastructures

  • Le complexe comprenait un cinéma, un gymnase, un bain de vapeur russe, un salon de réception de taille de nef d’église, ainsi que deux circuits de trains électriques miniatures dans les combles et sous‑sols
  • La collection d’art (gothique, Renaissance, etc.) était exposée dans des salles dédiées, et une partie a été mise à l’abri dans la mine de sel d’Altaussee en 1943  (fr.wikipedia.org)

Fin de la propriété

  • En avril 1945, pour empêcher que la résidence ne tombe aux mains de l’Armée rouge, Göring ordonna sa démolition par une équipe de démolition de la Luftwaffe. La plupart des bâtiments furent détruits, ne laissant que les deux piliers d’entrée et quelques fondations  (ww2gravestone.com)
  • La dépouille de Carin Göring fut alors dissimulée dans une tombe de fortune creusée en forêt  (fr.wikipedia.org)

(4) Rose Valland : conservatrice, résistante et sauveuse d’œuvres d’art

Rose Valland (1 novembre 1898 – 18 septembre 1980) était une conservatrice de musée et une résistante française. Née à Saint‑Étienne‑de‑Saint‑Geoirs dans l’Isère, elle a consacré sa vie à la protection du patrimoine culturel pendant l’Occupation allemande et à la restitution des œuvres volées par les nazis.

Formation et débuts professionnels

Éducation : Après des études à l’École normale d’institutrices de Grenoble (1914‑1918), elle poursuit le dessin et l’histoire de l’art à l’École nationale des beaux‑arts de Lyon, puis à l’École des Beaux‑Arts de Paris. Elle obtient un diplôme de l’École du Louvre (1931) et plusieurs certificats d’études supérieures à l’Institut d’art et d’archéologie.

Premiers postes : En 1932, elle devient attachée bénévole au musée des peintures et sculptures étrangères du Jeu de Paume, où elle participe à la catalogage des collections et à l’organisation d’expositions.

Titularisation : En 1941, elle est officiellement salariée et attachée de conservation au Jeu de Paume.

Rôle pendant l’Occupation

Le Jeu de Paume est réquisitionné par les nazis comme dépôt central des œuvres spoliées par l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR).

  • Rose Valland, malgré les suspicions, continue de travailler dans le musée. Elle consigne minutieusement les mouvements d’œuvres : noms des propriétaires, destinations, transporteurs, numéros de caisse, etc. Ces registres deviennent la base de la récupération artistique après la guerre. (fr.wikipedia.org)
  • En mai 1945, elle rejoint l’état‑major de la première armée du général de Lattre de Tassigny et obtient le grade de lieutenant, puis de capitaine. Elle collabore avec la Commission de récupération artistique (CRA) pour retrouver plus de 60 000 objets volés. (jeudepaume.org) (fr.wikipedia.org)

Carrière post‑guerre

Conservatrice des Musées nationaux : En 1952, à 54 ans, elle est nommée conservatrice.

Publications : En 1961, elle publie Le Front de l’art, puis en 1963 son mémoire sur Aquile e et les origines byzantines de la Renaissance.

 Gestion des archives : À partir de 1968, elle s’attèle au classement du fonds d’archives de la récupération artistique.
    Décès : Elle meurt à Ris‑Orangis le 18 septembre 1980, dans l’anonymat. (fr.wikipedia.org)
Héritage
    La base de données Rose Valland répertorie de façon exhaustive les œuvres MNR, leur historique et, le cas échéant, leur restitution aux ayants‑droits. Elle est librement consultable par tous. (jeudepaume.org)
    Sa vie a été rendue publique dans plusieurs ouvrages et médias, notamment la biographie de Jennifer Lesieur (2023) qui souligne son courage et son rôle décisif dans la sauvegarde de 60 000 œuvres. (livredepoche.com)
    Des portraits et des articles de Le Figaro, L’Obs et France Inter témoignent de son engagement et de son impact sur la culture française. (livredepoche.com) (radiofrance.fr)
    (5) Le château de Montal a servi de dépôt pour les collections nationales, notamment le Musée du Louvre, à partir de mai 1943.
    La Joconde y est arrivée le 13 mars 1943, emballée dans une caisse à trois pastilles rouges, et y est restée jusqu’en 1945 
    Elle était placée dans la salle des gardes, près d’une fenêtre transformée en porte, afin d’être la première à être évacuée en cas de danger  (chateau-montal.fr)
    Après la libération, la Joconde a été ramenée à Paris le 15 juin 1945  (actu.fr)
(6) Jacqueline Marie Louise Joséphine Henriette Bouchot (née Bouchot, 1893 – 1975) était une professeure à l’École du Louvre et la première femme conservatrice du musée du Louvre. Elle a exercé de nombreuses fonctions au sein du Louvre et a participé activement à la protection du patrimoine pendant la Seconde Guerre mondiale.
Vie et formation
    Naissance : 20 juin 1893 à Paris, fille de Henri Bouchot, conservateur à la Bibliothèque nationale de France, et de Claire Chevalier 
    Éducation : Étudiante à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, puis à l’École du Louvre, où elle soutenait une thèse sur Jean Gigoux en 1919 

  • Mariage : Épousa Georges Saupique (1889‑1961), sculpteur, et résidèrent à 105 rue Notre‑Dame‑des‑Champs  (wikimonde.com)

Carrière professionnelle

Période

Rôle

Lieu

1925‑1939

Chargée de mission

Département des Peintures, Musée du Louvre

1940‑1944

Secrétaire de la Direction des Musées nationaux

Sous la direction de Jacques Jaujard

1945‑1963

Conservatrice

Cabinet des dessins du Louvre

1963

Conservatrice en chef

Cabinet des dessins du Louvre

1955‑1963

Professeure

École du Louvre

Elle a également été intermédiaire entre Rose Valland et Jacques Jaujard, participant à la sauvegarde des œuvres volées par les nazis (agorha.inha.f

Distinctions et honneurs

  • Officier d’académie (1935) 
  • Chevalière de la Légion d’honneur (1948) et Officière (1963) 
  • Médaille de la Résistance française (1948) 
  • Officier de l’ordre de Nassau (1954) 
  • Chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres (1957) 
  • Officier de l’Instruction publique (1958) 
  • Organisation d’expositions internationales et de conférences, notamment sur les primitifs français (1930)  (pop.culture.gouv.fr)

Rôle dans la protection du patrimoine

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Bouchot‑Saupique a collaboré avec Jacques Jaujard pour la sauvegarde des collections du Louvre, travaillant notamment comme secrétaire de la Direction des Musées nationaux et en tant qu’intermédiaire avec Rose Valland   (agorha.inha.fr)

(6) Le CRA dans l’armée française

Le CRA (Centre de Renseignement et d’Analyse) est une unité de l’Armée de l’air chargée de collecter, fusionner et analyser les données provenant des capteurs aériens. Son rôle principal est de fournir des informations exploitables pour la DRM (Détection, Réaction, Mitigation) et d’intégrer ces données dans la chaîne de renseignement aérien de la France.

« Le CRA exploite et fusionne les données des capteurs air pour la DRM et la chaîne de renseignement air. Il analyse et exprime les besoins spécifiques de l’armée. »  (cf2r.org)

(7) À ce jour, il n'existe que 37 tableaux connus de Johannes Vermeer (1632-1675). Un 38e pourrait-il bientôt être ajouté à la prestigieuse liste ? (Connaissance des arts – 2023)

Combien de tableaux ont été peints par Johannes Vermeer ? Seuls 36 tableaux de Johannes Vermeer sont parvenus jusqu'à nous. De son vivant, il n'en a probablement pas produit plus de 60, ce qui représente un nombre très modeste par rapport aux peintres de son temps. (Google art et culture).

(8) Certains, comme Charles Trénet, rompent leur contrat lorsqu’ils se rendent compte que des officiers nazis sont assis au premier rang. D’autres ont moins de scrupules. Fernandel chante à Radio-Paris, la radio du Maréchal Pétain. Tous les jours, il mange au Cercle allemand et quand on lui demande pourquoi, il répond « Parce que c’est bon ! »   (Hérodote)

Sous l'Occupation, Don Camillo déjeune au cercle allemand et roucoule sur les ondes de Radio-Paris, la radio qui ment et qui est allemande. (Causeur)

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