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lundi 13 avril 2026

Madame de Genlis - La femme auteur

 

Madame de Genlis

La femme auteur

Editions Gallimard – 2007

1825

 

Madame de Genlis : (1)

 

Elle s’appelait Stéphanie Félicité du Crest. (p 7)

Elle est aristocrate et témoin de l’Ancien Régime, avant la Révolution. Elle vivait à la bibliothèque de l’Arsenal à Paris. (2)

Harpiste, elle est exhibée, enfant, dans les Salons. (3)

Elle élèvera ses deux enfants, les deux filles de la Duchesse d’Orléans, (4) dans une petite maison. Elle éduque en utilisant des méthodes nouvelles. Elle est une disciple de Rousseau. Elle élève aussi Louis-Philippe d’Orléans qui monte sur le trône quand elle meurt. (p 8). (5)

En exil, elle vit de sa plume. Ndlr : tout n’est pas si catastrophique que cela pour les autrices !  (6)

Elle rentre en France en 1800. (p 9) (7)

Elle déplore l’inégalité de traitement entre les hommes et les femmes. D’autres femmes sont devenues écrivaines : Madame de Staël, madame Cottin (8), Marie-Jeanne Riccobini (9), Adélaïde de Souza. (10) (p 11 et 13).

Elle publie pour la première fois, à 33 ans, en 1779. (p 104)

George Sand avait adoré son Battuécas, publié en 1816 qui est un roman utopique. (11)

Où sont passés ses 140 volumes écrits et sa musique ? (p 105). (12)

 

Le roman :

C’est un livre écrit par une autrice qui explique ses malheurs et qui n’incite pas vraiment les femmes  à écrire. Elle pose les questions et les problèmes lié-es au changement de statut d’une autrice à succès. Natalie, l’héroïne du roman, est inspirée par la vie et les sentiments de madame de Genlis. C’est un récit sous forme autobiographique. Une femme peut-elle entrer en littérature ? Si oui, quelles en seront les conséquences ?

 

A vingt ans, Natalie écrit, mais en secret. (p 23).

Dorothée, sa sœur aînée de quatre ans, lui explique qu’une femme doit rester modeste. Elle ne doit ni parler fort, ni avoir un ton tranchant dans les Salons. Sa sensibilité doit être réprimée. (p 25).

Elle ne doit pas être ambitieuse non plus. Natalie se demande si c’est un malheur d’être femme. (p 26).

Une femme qui veut devenir comme un homme n’est pas une femme. (p 27).

Les hommes sont jaloux des autrices. Ils doivent rester des « protecteurs » et non devenir des rivaux. (p 28). Ndlr : 200 ans plus tard, les mêmes poncifs perdurent.

Déjà veuve, Natalie décide de ne jamais se remarier. « Je serai toujours indépendante ». (p 40).

Madame de Montesson, sa tante, a écrit une comédie. Le Duc d’Orléans s’en est attribué la rédaction. Sa tante ne voulait pas faire savoir qu’elle écrivait. (p 43). (13)

Germeuil aime madame de Nangis. Mais Germeuil et Natalie vont tomber amoureux. Elle ne veut pas qu’il quitte madame de Nangis pour elle. Va démarrer un triangle amoureux avec son lot de jalousies et de souffrances.

L’Eglise était contre la vaccination de la variole car elle allait contre les desseins de Dieu. (p 55) (14)

Madame de Nangis est radicale et ne supporte pas de partager son amoureux avec Natalie. Elle en meurt. Elle savait qu’il ne l’aimait plus. Le sentiment d’amour éternel est une illusion.  (p 71).

Pour aider une famille dans la misère, Natalie accepte de faire publier trois de ses pièces pour en rapporter quelque argent et le leur donner. (p 72).

Dorothée s’oppose à sa sœur et lui conseille de ne pas le faire. « A quoi bon écrire ? » (p 77).

Germeuil est vexé dans son orgueil par le succès de Natalie. Il veut jouir seul de ses talents qu’elle partage. (p 78). Il devient agressif et ne la flatte plus. (p 82).

Dorothée, qui n’a connu aucune notoriété, fut aimée régulièrement, sans passions, et fit le bonheur de sa famille. Est-ce que cela vaut la célébrité de l’autrice ?

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(1)

Naissance

Décès

Profession(s)

Œuvres majeures

1746

1830

Écrivaine, éducatrice, mémorialiste

Adèle et Théodore, Les Veillées du château, Lettres à la comtesse de B.

Madame de Genlis fut une figure influente du XVIIIᵉ siècle, connue pour ses romans éducatifs, ses mémoires et ses ouvrages de morale destinés à la jeunesse aristocratique. Elle a également exercé comme préceptrice de la princesse de Lamballe et a participé aux débats littéraires de son époque. (Qwant)

(2) Madame de Genlis a  vécu à la Bibliothèque de l’Arsenal.

Stéphanie‑Félicité Du Crest, comtesse de Genlis (1746‑1830) a reçu, en 1802, un logement à l’étage noble de la Bibliothèque de l’Arsenal, à Paris, grâce à Napoléon 

Ce logement lui a permis d’y installer son salon des Inséparables, où elle accueillait des personnalités telles que Talleyrand, Madame Necker, Brissot ou Chateaubriand. L’administration de la bibliothèque l’a finalement contraint à déménager à l’étage supérieur, puis à quitter définitivement les lieux en 1811  (essentiels.bnf.fr)

(3) Née dans une famille de petite noblesse provinciale, elle a reçu la chaîne de chanoinesse à Saint‑Denis d’Alix pendant son enfance, ce qui lui confère le titre de comtesse de Lancy

Elle passe dans plusieurs couvents avant de s’installer à Paris, où elle acquiert un savoir encyclopédique et se fait remarquer par son talent de harpiste dans les salons financiers (presencecompositrices.com)

  • Sa mère, la comtesse de Lancy, l’a introduite dans les salons financiers où la jeune fille se fait remarquer par son talent de harpiste. Ses concerts, souvent organisés après les dîners, ont contribué à remettre à la mode cet instrument, longtemps considéré comme oublié depuis la Renaissance (fr.wikipedia.org)

Présence dans les salons.

  • En tant que harpiste, elle se produit dans les salons financiers, où ses récitals sont appréciés par les grands financiers du temps. Elle joue très bien, capable d’interpréter des pièces de clavecin de Couperin et Rameau
  • Sa présence dans ces salons a renforcé son réseau social, lui permettant de rencontrer des personnalités influentes comme le marquis de Sillery (son futur mari) et le duc de Chartres (son futur maître) (presencecompositrices.com)

(4) Madame de Genlis a été chargée d’éduquer les deux filles de la duchesse d’Orléans.

  • Contexte : En 1772, après son arrivée au Palais‑Royal, Madame de Genlis (Stéphanie‑Félicité de Genlis) est désignée « dame pour accompagner » la duchesse de Chartres, future duchesse d’Orléans.
  • Mission : Le duc de Chartres lui confie l’éducation de ses enfants, dont les deux jumelles nées en 1777. Elle s’installe avec elles dans un couvent (pavillon de Bellechasse) pour les instruire (fr.wikipedia.org)
  • Rôle officiel : En janvier 1782, elle est nommée « gouverneur » des princes d’Orléans, ce qui inclut la responsabilité éducative des deux filles de la duchesse (shs.cairn.info)

(5) Madame de Genlis a bien été la gouvernante de Louis‑Philippe d’Orléans, mais il monta sur le trône avant sa mort.

  • Éducation
    Félicité de Genlis (1746‑1830) fut nommée gouvernante des enfants du duc d’Orléans en 1782, rôle exceptionnel pour une femme à l’époque. Elle s’occupait notamment du futur roi Louis‑Philippe (né en 1773)
  • Monarchie
    Louis‑Philippe accéda au trône en juillet 1830, lors de la Révolution de Juillet. Madame de Genlis décéda le 31 décembre 1830, soit six mois après l’ascension de son élève (france3-regions.franceinfo.fr)

(6) Madame de Genlis : vivre de sa plume en exil

Lorsqu’elle fut contrainte d’émigrer à la suite des bouleversements révolutionnaires, Madame de Genlis se tourna vers l’écriture pour subvenir à ses besoins.

  • Exil et publication : forcée d’émigrer, elle commence à publier dans le but de vivre de sa plume (radiofrance.fr)
  • Œuvres et revenus : ses mémoires et autres ouvrages, publiés pendant son exil, lui procurèrent un revenu suffisant pour assurer son existence (unitesi.unipv.it)
  • Reconnaissance et soutien : même en exil, elle obtint la protection de Napoléon, qui lui accorda une pension de 6 000 francs, témoignant de la valeur de son travail littéraire (revuedesdeuxmondes.fr)

Ainsi, en exil, Madame de Genlis a su tirer parti de son talent d’écrivaine pour gagner sa vie. (Qwant)

(7) Retour de Madame de Genlis en France (1800)

Madame de Genlis (Caroline‑Stéphanie‑Félicité du Crest de Saint‑Aubin) a quitté la France à la fin de la Révolution et s’est exilée en Angleterre, en Suisse et dans d’autres pays d’Europe. En 1800, elle a regagné la France après avoir obtenu les papiers nécessaires et accompagné un jeune Prussien qu’elle avait adopté, qu’elle envisageait de former à la musique (digitens.org)

  • Contexte : Son retour coïncide avec l’avènement de l’Empire et marque la fin de plusieurs années d’émigration (addi.ehu.es)
  • Suite de son activité : À son retour, elle reprend son rôle de femme de lettres, continuant à écrire dans divers genres et à vivre modestement grâce à sa plume (la-croix.com)

(8)  Critique envers Mme Cottin
Dans ses écrits, Madame de Genlis exprime une forte désapprobation à l’égard de Mme Cottin. Elle reproche à Cottin un style relâché et une peinture immorale des passions dans ses œuvres, les jugeant trop laxistes et moralement douteuses (classiques-garnier.com)

Cette critique reflète la position de Genlis en faveur d’une littérature didactique et morale, en contraste avec le ton plus libre et parfois provocateur de Cottin.

(9) Marie‑Jeanne Riccoboni (née Laboras de Mézières, 25 octobre 1713 – 7 décembre 1792) était une actrice et romancière parisienne du XVIIIᵉ siècle.

Vie et parcours

  • Naissance à Paris, 1713, dans une famille d’origine béarnaise.
  • Éducation : abandonnée par ses parents après la condamnation de son père pour bigamie, elle fut placée dans une institution religieuse, mais refusa de rester cloîtrée et fut retirée par sa mère à l’âge de 14 ans.
  • Mariage (7 juillet 1734) avec Antoine‑François Riccoboni, fils de l’acteur Luigi Riccoboni. Le couple s’installe à Paris et la femme s’engage dans la troupe de la Comédie italienne.
  • Carrière théâtrale : première scène le 23 août 1734 à l’Hôtel de Bourgogne; retraite de la scène en 1760.
  • Vie littéraire : après 1761, elle se consacre à l’écriture, s’installant rue Poissonnière avec l’amie Thérèse Biancolelli.

Les œuvres de Riccoboni sont souvent décrites comme épistolaire et imitation de Marivaux. Diderot la louait pour la « pureté, sensibilité, élégance » de son écriture, tandis que Diderot la critiquait aussi comme « l’une des plus mauvaises actrices de son temps » (fr.wikipedia.org) 

(10) Adélaïde de Souza (1761‑1836)

Adélaïde de Souza, née Adélaïde-Marie‑Émilie Filleul, était une écrivaine, moraliste et salonnière française.

  • Naissance : 14 mai 1761 à Paris.
  • Décès : 19 avril 1836 à Paris.
  • Œuvres majeures : Adèle de Sénange (publiée à Londres en 1792) et plusieurs romans comme Émilie et Alphonse (1799) et Charles et Marie (1802)
  • Vie littéraire : Elle a animé un salon à Paris où se réunissaient des figures politiques et littéraires telles que Talleyrand, Gouverneur Morris et William Windham
  • Contexte historique : Sa vie a été marquée par la Révolution française ; elle s’est exilée à Londres, puis en Suisse, avant de revenir en France grâce à l’aide de Talleyrand (fr.wikipedia.org)
  • Influence : Adèle de Sénange a été saluée par Sainte‑Beuve comme une œuvre maîtresse du roman réaliste (editions-rivages.fr)

(11) Les Battuécas est un roman écrit par Stéphanie‑Félicité Du Crest, comtesse de Genlis.

  • L’œuvre a été publiée à Paris chez Maradan en 1816 (première édition) et rééditée en 1817 (books.google.com)
  • Le livre est présenté comme un roman (tome I) et se situe dans le cadre de la littérature française du début du XIXᵉ siècle.
  • Le titre fait référence aux vallées des Batuecas (ou Battuécas) en Espagne, bien que le texte ne soit pas un récit historique mais plutôt une fiction inspirée de cette région  (jstor.org)

(12) Volume : Presque inconnue de nos jours, Mme de Genlis laisse derrière elle une énorme production qui s'étend à environ 140 volumes(addi.ehu.es)

Musique : Le PDF des Mémoires de Madame de Genlis mentionne la musique parmi ses centres d’intérêt, mais ne précise pas où se trouvent ses compositions ou enregistrements (archive.org)

Madame de Genlis (Félicité de Genlis, 1746‑1830) est reconnue pour une production écrite d’environ 140 volumes. Ces ouvrages couvrent un large éventail de genres : romans, pièces de théâtre, mémoires, traités pédagogiques, essais, etc.

En plus de son œuvre littéraire, Madame de Genlis était une musicienne accomplie.

  • Dans ses mémoires, elle évoque la musique, la peinture, l’équitation et d’autres arts (archive.org)
  • Un ouvrage dédié à ses connaissances musicales est la « Lettre à Madame de Genlis, sur les sons harmoniques de la harpe » d’Alexandre Laborde, qui traite de la harpe, un instrument qu’elle maîtrisait (shop.librairiedesbauges.fr)

(13) Madame de Montesson et ses comédies

  • Charlotte‑Jeanne Béraud de La Haie de Riou, marquise de Montesson, était une femme de lettres et actrice.
    Elle écrivait ses propres pièces de théâtre, notamment des comédies en prose et en vers, qui étaient jouées dans son théâtre privé de Chaussée d’Antin entre 1776 et 1784 

Rôle du duc d’Orléans

  • Le duc d’Orléans était son maître et patron.
    Il participait aux représentations de son théâtre et jouait un rôle de mécène, mais il n’a pas revendiqué la rédaction des pièces de Madame de Montesson.
    Les sources fournies ne mentionnent pas qu’il se soit attribué la rédaction de ses comédies  (amateur-theatre-wiki.gwi.uni-muenchen.de)

(14) La déclaration « L’Église était contre la vaccination de la variole car elle allait contre les desseins de Dieu » est fausse.

Pourquoi l’Église a soutenu la vaccination

  • Promotion active par les prêtres
    Les évêques et curés ont été mobilisés pour diffuser le vaccin, le présentant comme une grâce divine et un nouveau sacrement

Des lettres pastorales encourageaient les fidèles à se faire vacciner, et certains prêtres vaccinaient eux‑mêmes leurs paroissiens 

  • Collaboration avec l’État
    Sous Napoléon, l’État a organisé de vastes campagnes de vaccination et le clergé a été sollicité pour les mettre en œuvre 

Les curés ont été priés de rédiger des brochures et des discours pour vulgariser le vaccin, le présentant comme un obligation morale

  • Rôle de la papauté
    Bien que des rumeurs de « prohibition du vaccin par le Pape » aient circulé, elles étaient infondées (famillechretienne.fr)

Au contraire, plusieurs papes (Pie VII, Grégoire XVI, Pie IX) ont lancé des campagnes de vaccination, les qualifiant de « don de la divine Providence »(cath.ch)

Cas d’opposition restreints

  • Quelques clergés, comme l’archevêque Buronzo del Signore de Novare, ont exprimé une défense du rôle du prêtre plutôt que du vaccin, mais ces positions étaient exceptionnelles et ont conduit à des remplacements 
  • La majorité des « anti‑vaccins » du XIXᵉ siècle étaient motivés par la méfiance envers le gouvernement plutôt que par une opposition doctrinale (famillechretienne.fr)

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