Jeanne Champion
Suzanne Valadon
Presses de la Renaissance
1984
Elle était petite avec ses 1 m 54. (p 52).
Son enfance :
Sa mère Madeleine va fuir une vie de domestique rassurante, après avoir mis au monde plusieurs enfants d’un mari devenu bagnard, avec sa dernière fille, Suzanne (= Marie-Clémentine, âgée de 5 ans), en 1870, en pleine guerre, pour aller vivre à Paris où elles vont connaître la misère.
La petite est livrée à elle-même, gardée par une concierge alcoolique qui se prostitue à Montmartre, pendant que la mère travaille.
Elle dessine depuis l’âge de 9 ans.
Après être allée à l’école des Bonnes Sœurs, elle enchaîne les petits métiers entre 12 et 15 ans. (p 39).
Elle perd son pucelage à 16 ans, avec Le Boissy (1) qui travaille dans une compagnie d’assurances. Le soir, il parade au Chat Noir. Il est aussi chansonnier. (p 52). Il finira sa vie comme un clochard en 1897 (p 56). Elle sort aussi avec Miguel Utrillo avec qui elle aura un enfant. Encore faut-il être certaine de connaître le père ! (p 57). Utrillo, espagnol, écrit des articles. Il deviendra architecte. (p 76)). (2)
Elle est mythomane et ment à longueur de journée pour pouvoir supporter la vie. (p 176).
Modèle.
Elle pose pour Puvis de Chavanne. Il peint « Le bois sacré aux arts et aux muses ». (p 62). (3)
Elle a posé pour Renoir dans « La natte », « La danse à la campagne ». (p 76 et 82). (4)
Marie gagne assez d’argent, en étant modèle, pour faire vivre sa mère qui peut arrêter de travailler et s’occuper de son fils. (p 82).
Pour Zandomeneghi, de Venise, elle pose dans « Femme attablée dans un bistrot ». (p 88). (5)
C’est Henri de Toulouse-Lautrec qui la baptise Suzanne. (p 93). Il la peint dans « Gueule de bois ou la Buveuse ». (p 102). (6)
Suzanne, adulte :
Après Erik Satie, elle trouve un nouvel amant et un appartement plus grand. Elle dessine les filles nues de son entourage, dont sa nièce. (p 135). Elle expose à la Nationale. Ambroise Vollard publie ses gravures. Elle épouse Paul Mousis. (7) Elle peut peindre en toute tranquillité. (p 139).
Suzanne expose chez Berthe Weill, en 1910 ? (p 237). (8) Berthe Weill a refusé Modigliani, après la guerre 14-18. (p 269).
André Utter bat Suzanne (9) et elle a souvent l’œil au bord noir. (p 294).
La rue Cortot.
Erik Satie vit rue Cortot au numéro 6. Renoir a vécu au numéro 12. (p 126). Suzanne y vivra aussi. (10)
Maurice Utrillo :
Son fils Maurice Utrillo aimait les coups et n’a pas changé d’attitude tout au long de sa vie.
En 1896, Maurice est déjà alcoolique. Il a 13 ans. Il maltraite sa grand-mère Madeleine. (p 148).
Violent, bagarreur, à seize ans, il est rejeté par tout le monde. (p 154). A 17 ans, il ne parvient pas à contrôler sa violence. La folie et l’alcool ont fait sauter les barrières. (p 171).
Suzanne et son mari de l’époque sont totalement dépassés par le désespoir de Maurice. Ndlr : on ne sait pas soigner les troubles mentaux.
Exaspérée par son alcoolisme, Suzanne a la main lourde sur Maurice qui ne s’aime pas. Il commence à peindre. (p 220).
Maurice souhaite mourir et s’allonge devant un bus. Le conducteur de bus le bat ! (p 229).
Utrillo connaît des crises de delirium tremens et est surnommé « Litrillon » (p 238).
Les policiers le battent. (p 239).
D’après Francis Carco, il s’est réfugié dans la peinture. (p 241).
Il entre de son plein gré à Villejuif, en 1916. La douleur des autres interné-es lui donne envie de pleurer. (p 258).
Il vend bien ses tableaux. L’entourage malfaisant dans le quartier le sait et se fait payer en tableaux pour lui fournir l’alcool journalier. Il consomme entre 15 à 20 litres par jour. (p 265).
Suzanne est en plein désarroi. Que soigne-t-on ? L’homme ou son mal ? (p 265).
Le couple Suzanne Valadon et André Utter enferme Maurice et vend ses toiles. L’argent coule à flot. (p 277)
Utter est mégalo et se rêve en Pape. (p 284).
Maurice a obtenu la Légion d‘Honneur grâce à Francis Carco et Edouard Herriot. (p 307).
Erik Satie :
Il est refusé à l’Académie des beaux-Arts. L’Opéra refuse son ballet chrétien de Contamine de la Tour « Uspud ». (11) Il fonde l’église métropolitaine d’art de Jésus. Le quartier le surnomme « Le dérangé de la rue Cortot ». ( p 126).
Il écrit 300 lettres en six mois à Suzanne (= 2 par jours, Ndlr). (p 127). Au début Suzanne est séduite par son humour. Puis ses reproches incessants la lassent. (p 129). Lors d’une bagarre, il l’enferme dans un placard. (p 130).
Il joue du piano au Lapin Agile ou à l’auberge du Clou. (p 128). (12)
Après la guerre de 1914-1918, Erik Satie va jouer chez la princesse Murat « Trois morceaux en forme de poire ». (p 268). (13)
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(1) Le Boissy – chansonnier et admirateur de Suzanne Valadon.
Boissy était un chansonnier actif dans le quartier de Montmartre. Il est mentionné comme l’un des nombreux admirateurs de Suzanne Valadon dans les archives de la scène artistique de l’époque (musees-occitanie.fr)
Bien qu’il ne soit pas décrit comme un collaborateur artistique direct, son rôle de chanteur et de figure de la vie bohème de Montmartre le place parmi les figures qui entouraient la muse et artiste Suzanne Valadon. (Qwant).
(2) Qui est Miquel Utrillo ?
Miquel Utrillo i Morlius (1862‑1934) était un ingénieur, peintre, décorateur et critique d’art espagnol d’origine catalane.
- Il a écrit de nombreux articles pour des journaux comme La Vanguardia et Pèl & Ploma, où il agissait comme chroniqueur et critique d’art.
- En plus de son activité artistique, il a exercé la profession d’architecte : plusieurs sources le désignent comme architecte ou homme de lettres, journaliste, peintre, architecte (excerpts.numilog.com)
- Son parcours scientifique (météorologie, astronomie) a également influencé son travail artistique, comme le montre l’article Miquel Utrillo, des arts aux astres (hal.science)
(3) Au centre, dans une atmosphère crépusculaire, neuf muses (allégories de l’art) méditent, s’entretiennent ou volent dans la lumière du soir. Devant un fragment de portique antique se tiennent les trois figures de l’Architecture, de la Sculpture et de la Peinture, symbolisant le lieu intemporel et idéal de l’Art (mba-lyon.fr)
- À gauche, Vision antique évoque une Grèce primitive idéale.
- À droite, Inspiration chrétienne représente
l’activité créatrice de l’artiste dans un couvent italien à la fin du
Moyen‑Âge ou au début de la Renaissance.
Les allégories du Rhône et de la Saône encadrent l’entrée aux collections sur le palier (lecurieuxdesarts.fr)
La participation de Valadon
- À quinze ans, Suzanne Valadon a posé pour cette toile, alors qu’elle vivait encore à Paris.
- Le portrait de Valadon apparaît dans le cadre de la composition, où elle est représentée comme l’une des muses.
- Selon les sources, elle a devient la maîtresse de Puvis de Chavannes après cette séance de pose ; il l’a également fait poser pour d’autres œuvres, comme la Danse à la ville et la Danse à Bougival (1883) (roussard.com)
« Toujours à quinze ans, elle pose pour le tableau de Puvis de Chavannes (à la Sorbonne) “le Bois Sacré” (1880‑1889), et devient sa maîtresse » (roussard.com)
(4) Suzanne
Valadon a effectivement posé comme modèle pour Renoir dans les
œuvres « La Danse à la campagne » et « La Natte ».
Cette information est confirmée par le passage suivant du site Canalblog :
« Vers 1880 à 1885, commence à poser comme modèle, notamment Puvis de Chavannes
(le bois Sacré), Renoir (La Danse à la campagne ); la Natte ; diverses
baigneuses » (impressionnistes.canalblog.com)
(5) Suzanne Valadon
est la modèle de la peinture « Au café de la Nouvelle Athènes »
(1885) de l’artiste Federico Zandomeneghi, né à Venise (bridgemanimages.com)
Cette œuvre, parfois désignée sous le titre « Femme attablée dans un
bistrot », représente Valadon assise à une table dans un café,
capturant l’atmosphère parisienne de l’époque (bridgemanimages.com)
(6) Le tableau représente une femme ivre assise à une table ronde, le visage tourné vers la droite, le bras gauche reposant sur la table. Un verre à moitié vide et une bouteille de vin vert sont visibles dans le coin inférieur droit. Sa chevelure est coiffée en chignon bas, et elle porte un haut léger de couleur claire (harvardartmuseums.org)
Le style se caractérise par des coups de pinceau lâches et une palette de bleus et de violets atténués, créant une atmosphère brumeuse qui reflète l’état d’esprit de la modèle (harvardartmuseums.org)
Le modèle – Suzanne Valadon
Suzanne Valadon (née Marie‑Clémentine Valadon) était une ancienne trapézienne qui, après une chute à 15 ans, a commencé à travailler comme modèle à Montmartre. Elle a été la maîtresse de Toulouse‑Lautrec pendant deux ans et a posé pour plusieurs de ses œuvres, dont The Hangover (en.wikipedia.org)
Sa présence dans ce tableau illustre la fascination de l’artiste pour la vie nocturne de Montmartre et l’alcoolisme féminin de l’époque (en.wikipedia.org)
(7) Mariage de Suzanne Valadon avec Paul Mousis
Suzanne
Valadon (née Marie‑Clémentine Valadon, 1865‑1938) a épousé Paul Mousis,
un agent de change et ami d’Erik Satie, en 1896 à
l’âge de 31 ans.
Le couple s’installa alors au 12 rue Cortot à Montmartre, où
Valadon disposa d’un atelier et put se consacrer pleinement à la peinture.
Le mariage fut suivi d’un divorce (en 1909 – 1911 selon les sources) après
lequel elle épousa André Utter.
« En
1896, à 31 ans, Valadon épouse Paul Mousis, ami d’Erik Satie. Le riche agent de
change lui permet enfin de se consacrer entièrement à son art. » (pandesmuses.fr)
« Deux ans plus tard, elle épouse Paul Mousis, un riche agent de change.
Avec la mère et le fils de l’artiste, ils s’installent au 12, rue Cortot »
(artbasel.com)
« A partir de 1894, elle vit en ménage avec Paul Mousis, qui a des biens.
Ils se marient le 5 août 1896. En 1898, ils déménagent au 12, rue Cortot »
(roussard.com)
« Elle devient la maîtresse de Paul Mousis, agent de change et ami d’Erik Satie,
qu’elle épouse en 1896. Le couple s’installe alors au 12, rue Cortot » (fr.wikipedia.org).
(8) Le site du MBAM mentionne que Suzanne Valadon est l’un des artistes que Berthe Weill a promus, mais il ne précise pas de date d’exposition (mbam.qc.ca)
Un extrait du PDF « Suzanne Valadon. Une épopée moderne » indique qu’elle a exposé « pour la première fois » à la galerie de Berthe Weill, sans préciser l’année (museunacional.cat).
(9) Malgré les disputes avec André Utter et les frasques de son fils, Suzanne Valadon y passe les années les plus productives de sa vie.
Après y avoir habité jusqu'en 1905 avec son premier mari, le banquier Paul Moussis, Suzanne Valadon retourne à l'atelier de la rue Cortot en 1912 et s'y installe avec son fils Maurice Utrillo et son compagnon, André Utter.
(Musée de Montmartre).
Voici comment définir le trio infernal formé par Suzanne Valadon (1865-1938), Maurice Utrillo (1883-1955) et André Utter (1886-1948). (Mr Expert).
(10) Erik Satie a bien résidé au 6 rue Cortot à Montmartre, où il a vécu dans son fameux « placard » entre 1890 et 1898 (fr.wikipedia.org)
Auguste Renoir a vécu et travaillé au 12 rue Cortot à Montmartre, Paris 18ᵉ, entre 1875 et 1876 (et jusqu’en 1877 selon certaines sources).
- Le 12 rue Cortot a été son atelier où il a peint des œuvres majeures, notamment Le Bal du moulin de la Galette (paris.visites.jpkmm.free.fr)
- Le musée de Montmartre, situé à cette adresse, rend hommage à cette période en nommant ses jardins « Jardins Renoir » (oh-oui.com)
- D’autres références précisent que l’artiste y a séjourné pendant la même période (museedemontmartre.fr), (beauxarts.com), (montmartre-addict.com).
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12 rue Cortot |
Maison du manoir de Rosimond (XVIᵉ siècle) qui abrite le Musée de Montmartre dédié à l’histoire et aux artistes de la butte (fr.wikipedia.org) |
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6 rue Cortot |
Domicile de Erik Satie (1890‑1898) et de Paul Paillette (vers 1891) (fr.m.wikipedia.org) |
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8 rue Cortot |
Résidence de Edmond Heuzé et David Laksine (1901) (fr.m.wikipedia.org) |
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(11) Uspud est une œuvre de ballet chrétien écrite en 1892 par Erik Satie (musique) et J. P. Contamine de Latour (livret). Elle se présente comme un monologue d’un seul personnage, Uspud, qui évolue à travers trois actes. L’œuvre a été conçue pour un harmonium (ou piano) et n’a jamais été jouée sur scène de son vivant, bien qu’une brochure ait été imprimée en 1893 et que Satie ait sollicité le Théâtre national de l’Opéra pour une éventuelle production (eriksatie.fr)
Origine : Satie, grand admirateur de Flaubert, a composé Uspud quelques mois après sa séparation avec Péladan. L’œuvre est une parodie de La Tentation de saint Antoine de Flaubert, qui avait déjà inspiré plusieurs adaptations scéniques à Montmartre (Chat Noir, Auberge du Clou) (journals.openedition.org)
Uspud est une pièce de ballet chrétien en trois actes, écrite en 1892 par Erik Satie et J. P. Contamine de Latour. Conçue comme une parodie de La Tentation de saint Antoine, elle n’a jamais été jouée de son vivant, bien qu’une brochure ait été publiée et qu’une tentative de production ait été faite auprès de l’Opéra. La musique, destinée à l’harmonium, a récemment été réinterprétée numériquement, confirmant l’intention originale de l’œuvre (cambridge.org)
(12) Où Erik Satie jouait‑il au piano ?
Erik Satie était un second pianiste dans plusieurs cabarets montmartrois, mais le seul lieu où il est documenté comme jouant au piano est l’Auberge du Clou.
- Dans la grande pièce du rez‑de‑chaussée de l’Auberge du Clou, un vieux piano « malgré ses notes déficientes » permettait à Satie d’improviser de courts récitals (montmartre-secret.com)
- Le même texte précise que Satie devient second pianiste à l’Auberge du Clou et y rencontre Claude Debussy (totems.over-blog.org)
- La liste des cabarets de Montmartre inclut également l’Auberge du Clou comme lieu où l’on peut y rencontrer Éric Satie (marcel-legay.com)
En revanche, bien que Satie ait fréquenté le Lapin Agile, aucune source ne le décrit comme y jouant au piano (eve-adam.over-blog.com)
Il y est mentionné comme un habitué, mais pas comme pianiste.
(13) Les Trois morceaux en forme de poire d’Erik Satie sont l’une de ses œuvres les plus emblématiques, et l’une des plus appréciées du grand public.
Plusieurs explications circulent concernant le choix de ce titre surprenant qui, comme souvent chez Satie, le servira et le desservira à la fois : la plus communément admise y voit une réaction de sale gosse à une remarque que lui aurait formulée Claude Debussy.
« Debussy lui conseille de soigner davantage la forme. Satie, tout en sachant fort bien ce que Debussy voulait dire, réplique : « Quelle forme, en forme de quoi ? » Et il intitule d’exquises musiques : Morceaux en forme de poire pour railler le souci de la forme, dont il connaissait néanmoins parfaitement la nécessité »[]. (Wikipedia).
- Le seul passage qui évoque la princesse Murat est l’extrait de id 5 (Hélène Jourdan‑Morhange), où l’on indique qu’elle a joué dans les salons de la princesse Eudoxie Murat et de sa belle‑fille Violette Murat (fr.wikipedia.org)
- Aucun des autres extraits (id 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10) ne fait référence à un concert d’Erik Satie à la résidence de la princesse Murat.(Qwant).
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