Laure Murat
La maison du docteur Blanche.
Histoire d’un asile et de ses pensionnaires, de Nerval à Maupassant.
Editions JC Lattès
2001 et augmentée en 2013
Les Blanche, père et fils.
Les Blanche sont des médecins d’origine normande. (p 19). A Rouen, en 1796, la grande famine est la cause d‘une mortalité qui double. (p 29) (1)
Le père s’installe à Montmartre, qui se situe à l’extérieur de Paris. Il était paternaliste. (p 61) (2) Les patient-es sont « libres » dans une vie de famille. (p 117) (Ndlr : mais pas de sortir quand iels le veulent…) Le fils, Emile, était amoureux de Lucile Montudégny qui a tenu le rôle de Rachel dans « La Juive ». Elle épouse un acteur. (p 117) (3) Second lieu d’asile, l’hôtel de Lamballe à Poissy. Il ressemblait à une pension de famille. (p 181) Madame Duponchel (Marie-Joséphine Blanchard) est la maîtresse (ndlr, ou amie ?) d’Emile Blanche qui est marié. (4) Elle est née en 1810 à Shanghai et a servi de modèle pour la Vénus d’Amaury-Duval. (p 199) (5) Les Blanche passent leurs étés à Dieppe. (p 214) (6) Ils sont voisins à Puy de madame Corvalho, femme du directeur de l’Opéra comique. Elle a brillé dans le rôle de Marguerite dans le « Faust » de Gounod et dans celui de Juliette dans « Mireille ». (p 384) (7) Le fils d’Emile Blanche, Jacques, a peint le portrait des deux filles d’Alexandre Dumas, Jeanine et de Colette Lippmann, en 1889. (p 401) (8) Il a aussi peint le portrait de Marcel Proust en 1892. (p 445) (9) Emile Blanche recueille les confidences de Fantin-Latour, nerveux et fragile. (p 412) (10)
Les soins à leur disposition :
La camisole de force, la douche sont des punitions chez le docteur Blanche. Mais il préfère la soumission morale (en 1838). (p 57)
Les sangsues. On pensait que le sang retiré emportait les humeurs des malades, depuis l’Antiquité. (p 74)
Le brome est utilisé en 1851 et le chloral depuis 1869. Le fou et la folle sont des cobayes. (p 75)
L’hystérie, l’hypocondrie et l’épilepsie sont les trois grandes névroses. (p 289)
2 écoles s’affrontent : | |
Soins avec la douleur physique | Leuret (p 81) J-P Falret Franz Gall (bosse des maths) (1758 – 1828) |
Soins par la douce persuasion | Les Blanche |
Peut-on guérir d’une maladie mentale ? désaccord entre les médecins. (p 90) | |
Quelle est la limite entre la folie et la raison ? ( 96) | |
Les médecins sont impuissants devant la violence d’un-e patient-e. (p 118) | |
Ils se demandent quel est le lien entre la folie et le génie. Ndlr : est-ce que le génie existe ? (p 142) | |
Les aliénistes du 19e siècle ont donné des arguments aux Nazis qui pensaient qu’il y a de l’art dégénéré et qu’il y a des penseurs à enfermer. (p 43) | |
L’abus des placements, soit dans un appartement pour les personnes riches sous surveillance d’un médecin, soit au couvent, soit à la campagne, amène l’Etat à intervenir vers 1874. (p 516)
La camisole de force : pour Gérard de Nerval. (p 85) Il a ses premières crises inquiétantes en 1841 avec sa nudité dans la rue et ses hallucinations (31 ans ?) (11)
La pension coûtait 200 francs par moi pour un pensionnaire libre et 400 francs par mois pour un internement. Avec deux gardes, c’était 500 francs. Un ouvrier gagnait 2 francs par jour. (p 183)
A Lamballe, les patient-es ne sont déchu-es de leurs droits. (p 197)
Les cellules sont matelassées pour les agité-es. (p 201)
Le danger, la peur et le soupçon règnent dans l’asile. (p 204) Mais la vie y est moins rude que dans les hôpitaux. (p 206)
Quelques malades :
Robespierre aurait eu une histoire d’amour avec une demoiselle d’honneur de Marie-Antoinette ? Il fit un geste trop « entreprenant » qui fit capoter le mariage…Elle finira sa vie dans la clinique du docteur Blanche. (p 48) Ndlr : quel geste ? Qui est-elle ? Apparemment, cette histoire a été inventée de toutes pièces. (12)
Robespierre et son amour de jeunesse
Fiction colportée par des mémorialistes ou romanciers dont Alexandre Dumas
Romance de l'histoire
Robespierre et son amour pour une demoiselle d'honneur de Marie-Antoinette
Pamphlets royalistes du 19e s.
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Gérard de Nerval est attiré par Jenny Colon, cantatrice qui est accompagnée au piano par Marie Pleyel. (p 86) L’entourage accuse Jenny Colon d’être responsable du dérangement mental de Gérard de Nerval ( = bouc émissaire. Elle a peut-être compris avant les autres l’instabilité mentale de notre poète ? ndlr). (13)
Il est purgé et saigné pendant son deuxième séjour. C’est toujours inefficace. (p 133) Avec Emile Blanche, il est attaché aux poignets et aux chevilles. (p 136) Il effectue de longues marches la nuit dans Paris, jusqu’à l’épuisement. (Ndlr : comme Erik Sati). (p 168) (14)
A Rouen, en 1842, Monrose, 58 ans, Rouennais, a une crise de mélancolie et de perte de mémoire en pleine représentation. Le public se demande s’il était alcoolisé. Il est applaudi quand ils comprennent que c’est un dérèglement de l’esprit. (p 107) (15)
Pauline Viardot interprète « Sapho » de Charles Gounod. (16) A Rome, il rencontre Fanny Hensel, sœur de Mendelssohn qui l’initie au romantisme allemand. (p 191) (17) Charles Gounod a eu peur de tomber dans un trou et d’être emporté au loin, en 1874. (p 321)
Théo van Gogh arrive cher le docteur Blanche en octobre 1890. Quatre enfants sur les 6 van Gogh sont morts à cause de troubles psychiques ou neurologiques (Théo, Vincent, Cor, une sœur). (p 415) (18) Ndlr : les deux sœurs n’auraient pas eu de troubles mentaux…
Guy de Maupassant se coupe la gorge le 1er Janvier 1892, malgré la surveillance de son valet François. (p 420) Il subira la camisole de force chez le docteur Blanche. (p 421) Quand a-t-il attrapé la syphilis (= grande vérole ) en 1877, à l’âge de 27 ans. (19) François 1er en est mort.(20) Les reporters se pressent aux portes de l’hôtel de Lamballe. (p 427) Son agonie durera pendant 18 mois. Sa mère, Laure, ne viendra pas le voir. (p 442)
Evolution historique de la folie liée au génie (p 142) | |
Platon | La folie clinique s’oppose à la folie créatrice (21). |
Aristote | « Problème XXX » et êtres d’exception.(22) |
Cicéron | « Tusculanes » (23) |
Marsile Ficin | « De vita triplici » (24) |
Montaigne | « Essais » (25) |
Diderot | « L’encyclopédie » (26) |
Premiers aliénistes | 19 e siècle Confirmation du lien |
Ndlr : Le génie, c’est comme les dons, ils n’existent pas ! | |
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(1) En 1796, Rouen et sa région ont effectivement connu une période de grande difficulté alimentaire, mais le terme de "grande famine" est souvent nuancé par les historiens. Voici ce que l’on peut retenir des sources disponibles :
- Contexte général : La France sort épuisée de la Terreur (1793-1794) et des guerres révolutionnaires. Les récoltes de 1795 sont désastreuses en raison de conditions météorologiques défavorables (hivers rigoureux, étés pluvieux), ce qui entraîne une pénurie alimentaire généralisée dans plusieurs régions, dont la Normandie.
- Rouen et sa région : La ville, déjà touchée par les blocages économiques et les réquisitions, subit une hausse brutale des prix du blé et une disette en 1795-1796. Les archives locales mentionnent une augmentation de la mortalité, notamment parmi les plus pauvres, mais les données précises sur un doublement de la mortalité à Rouen en 1796 sont rares.
- Mortalité : Les registres paroissiaux et les rapports de l’époque indiquent une surmortalité, mais elle est souvent attribuée à la combinaison de la disette, des épidémies (comme le typhus) et de la faiblesse des populations affaiblies par les années précédentes. Le doublement de la mortalité n’est pas systématiquement documenté pour Rouen spécifiquement, mais il est attesté dans d’autres régions françaises (ex. : Paris, où la mortalité a effectivement doublé en 1795-1796).
Sources historiques citées par les chercheurs :
- Archives départementales de Seine-Maritime : Registres paroissiaux et rapports municipaux de Rouen mentionnent une hausse des décès en 1796, mais sans chiffre précis de doublement.
- Études sur les crises frumentaires : Les travaux de l’historien Jean Nicolas (notamment La Rébellion française) soulignent que la mortalité a augmenté dans plusieurs villes françaises en 1795-1796, mais Rouen n’est pas toujours citée comme un cas extrême.
- Rapports de l’époque : Les autorités locales de Rouen évoquent une "disette alarmante" en 1796, avec des émeutes frumentaires, mais les chiffres de mortalité sont fragmentaires.
Conclusion :
Il est probable que la mortalité ait augmenté à Rouen en 1796 en raison de la disette, mais l’affirmation d’un doublement de la mortalité n’est pas étayée par des sources locales précises. Cette crise s’inscrit dans un contexte national de pénuries et de difficultés économiques post-révolutionnaires. (Qwant)
(2) Le docteur Émile Blanche (1820-1893), psychiatre et héritier d'une dynastie de praticiens, était considéré comme "paternaliste" pour son approche humaniste, transformant les asiles en lieux de vie familiaux et libérant les aliénés de leurs cellules, tout en soignant une clientèle aisée et en accueillant gratuitement les patients pauvres. (Qwant)
(3) Soprano française connue pour avoir tenu le rôle de Rachel dans « La Juive » de Fromental Halévy. Ce rôle met en valeur sa tessiture lyrique et dramatique. (Qwant)
(4) Marie-Joséphine Blanchard, dite Madame Duponchel, était une actrice et courtisane française du XIXe siècle. Émile Blanche, quant à lui, était un médecin aliéniste français, fils du célèbre psychiatre Jean-Étienne Dominique Esquirol. Il n'existe pas de source fiable indiquant que Marie-Joséphine Blanchard ait été la maîtresse d'Émile Blanche. (Qwant)
(5) Marie-Joséphine Blanchard, également connue sous le nom de Madame Duponchel, était effectivement une figure parisienne du milieu artistique au XIXe siècle. Elle a posé pour plusieurs artistes de son époque, dont Amaury-Duval. La Vénus d'Amaury-Duval, peinte vers 1862, est l'une de ses œuvres les plus célèbres et représente une figure féminine idéalisée, inspirée de la mythologie. (Qwant)
(6) Musée Jacques-Émile-Blanche.
Le musée est situé dans la maison du Parc du Colombier, à Offranville, petit bourg du pays de Caux, non loin de la mer et près de Dieppe (Seine-Maritime). C'est là aussi que le peintre parisien passe les étés à partir de 1902, au manoir du Tôt, et qu'il y est mort en 1942. Il sera inhumé au cimetière de Passy dans le caveau familial.(Wikipedia)
Collections et visite
· Collections permanentes : Une quarantaine d’œuvres de Jacques-Émile Blanche (peintures, portraits, paysages, natures mortes) et de ses proches, ainsi que son œuvre littéraire, des souvenirs, lettres et photographies.
· Expositions temporaires : L’espace temporaire propose actuellement une exposition sur l’amitié entre Jacques-Émile Blanche et Celia Saxton Noble, avec des œuvres et des acquisitions récentes pour la ville d’Offranville.
· Audioguide : Gratuit, accessible par QR Code en français et en anglais.
· Parc floral William Farcy : Billet couplé possible pour visiter le parc voisin.
Horaires et tarifs (août 2026)
· Horaires d’été : Ouvert du 1er juillet au 31 août 2026.
· Tarifs : Entrée de base : 3 €. (Qwant)
C’est Jacques-Émile Blanche (1861-1942) qui révèle le pot au Veules les Roses. Personnage extraordinaire, c’est à lui qu’on doit le célébrissime portrait de Marcel Proust. Peintre, mais aussi musicien et auteur, il est plus que gâté par la vie, de par ses origines. Mais il est aussi doté de tous les talents et ne les économise guère. Sa famille, très Auteuil-Neuilly-Passy, reçoit tout ce que Paris et les capitales font d’artistes célèbres. Gounod, Bizet, Degas ou Manet sont des intimes. En villégiature à Dieppe, les fréquentations ne sont pas moins prestigieuses. Dans la station qu’il fréquente depuis son enfance et sa vie durant, il regarde travailler les impressionnistes et apprend de manière très autodidacte. Il raconte un demi-siècle d’aventures picturales, les siennes mais celles aussi de tous les peintres tourimpressionnistes, dans un recueil simplement appelé Dieppe (1927). (Musair)
(7) Cécile Carvalho était une soprano française renommée pour ses interprétations dans les opéras de Charles Gounod. Elle s'est particulièrement illustrée dans les rôles de Marguerite dans Faust et de Juliette dans Roméo et Juliette (et non Mireille, qui est un autre opéra de Gounod où elle n'a pas brillé selon les sources disponibles).
Elle était l'épouse de Louis Carvalho, directeur de l'Opéra-Comique à Paris entre 1876 et 1887. Son talent vocal et sa présence scénique ont marqué la scène lyrique française de l'époque. (Qwant)
(8) Jacques-Émile Blanche a effectivement réalisé un portrait des deux femmes, souvent intitulé Les Deux Sœurs ou Portrait de Jeanine et Colette Dumas, peint en 1889. Ce tableau est aujourd'hui conservé au musée d'Orsay à Paris. (Qwant)
· (9) Jacques-Émile Blanche a bien peint un portrait de Marcel Proust en 1892.
· Ce tableau est aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre et est exposé dans plusieurs musées, notamment au musée d’Orsay à Paris. (Qwant)
(10) Henri Fantin-Latour (1836–1904) était un peintre français associé au mouvement réaliste et symboliste. Émile Blanche (1820–1893) était un médecin aliéniste français, connu pour ses travaux sur la santé mentale et ses relations avec des artistes et écrivains de son époque.
Fantin-Latour était effectivement connu pour être un homme nerveux et fragile, comme en témoignent plusieurs sources de son époque. Émile Blanche, en tant que médecin spécialisé dans les troubles mentaux, a pu être consulté par Fantin-Latour ou simplement entretenir des relations avec lui, notamment en raison de son statut d'artiste tourmenté. (Qwant)
(11) Gérard de Nerval - Cette crise s’est produite alors qu’il déambulait de nuit dans les rues de Paris, accompagné de son ami le peintre Paul Chenavard. Lors de cet épisode, Nerval a montré des signes de désorientation extrême : il a commencé à se déshabiller en semant ses vêtements sur son passage et a exprimé un désir soudain de partir en Orient, perçu comme une fuite ou une quête de sens.
Conséquences immédiates :
· Il a été interné rue Picpus à Paris, où il est resté jusqu’au 16 mars 1841.
· Par la suite, il a été transféré dans la clinique du docteur Esprit Blanche à Montmartre, où il est resté jusqu’à la fin du mois de novembre 1841.
· Dans une lettre datée du 5 mars 1841, Nerval écrit à son ami Amédée Rome : « Je suis rue Picpus n°6 chez Mad. de St Marcel, un peu malade mais je sortirai dans cinq à six jours ».
Cette première crise a marqué un tournant dans sa vie, précédant une série d’internements et de rechutes qui ont jalonné les années suivantes, jusqu’à son suicide en janvier 1855. (Qwant)
(12) Robespierre (1758–1794) était un avocat et homme politique français, connu pour son rôle pendant la Révolution. Marie-Antoinette (1755–1793) était reine de France jusqu'à son exécution en 1793. Les demoiselles d'honneur étaient des femmes de la noblesse ou de la bourgeoisie choisies pour servir la reine ou d'autres dames de la cour.
Absence de preuve historique Aucun document historique sérieux ou biographie reconnue ne mentionne une relation amoureuse entre Robespierre et une demoiselle d'honneur de Marie-Antoinette. Les archives et les travaux des historiens (comme ceux de Michel Vovelle, Jean-Clément Martin ou Olivier Le Cour Grandmaison) ne font état d'aucune telle relation. Robespierre est surtout connu pour ses discours politiques, son intransigeance révolutionnaire et sa fin tragique sur la guillotine. (Qwant)
(13) Gérard de Nerval (1808–1855) a entretenu une relation complexe avec Jenny Colon (1808–1842), une actrice dont il fut amoureux. Leur relation, marquée par des espoirs déçus et une séparation définitive en 1838, a profondément affecté Nerval. Il a lui-même évoqué cette souffrance dans ses écrits, notamment dans Aurélia ou Sylvie, où il décrit une forme de délire et de déséquilibre mental lié à cette passion non partagée.
Responsabilité et accusations Il n’existe pas de preuve historique que l’entourage de Jenny Colon (famille, amis ou rivaux) ait directement accusé cette dernière d’être responsable de la déchéance mentale de Nerval. En revanche, les contemporains de Nerval, ainsi que certains biographes ultérieurs, ont souvent souligné le rôle de cette relation dans son instabilité psychologique. Nerval lui-même a écrit : « Je suis l’ombre de moi-même, et je meurs de cette ombre. » Cette phrase illustre l’impact émotionnel qu’a eu Jenny Colon sur lui.
État actuel des connaissances Les spécialistes de Nerval s’accordent à dire que sa fragilité mentale était multifactorielle (prédispositions génétiques, abus d’alcool, dettes, etc.), mais que sa relation avec Jenny Colon a joué un rôle déclencheur ou aggravant. Aucune source récente ne mentionne d’accusations explicites de son entourage envers Jenny Colon. (Qwant)
(14) Gérard de Nerval (1808–1855) était effectivement connu pour ses longues promenades nocturnes à travers Paris, souvent jusqu’à l’épuisement physique et mental. Ces marches, parfois solitaires, faisaient partie de son mode de vie et ont inspiré plusieurs de ses œuvres, comme Aurélia ou Les Nuits d’octobre.
Erik Satie (1866–1925), quant à lui, était un compositeur français célèbre pour son style de vie excentrique et ses habitudes nocturnes. Il marchait aussi beaucoup la nuit dans Paris, notamment dans le quartier de Montmartre, où il vivait. Ses errances nocturnes ont nourri son inspiration musicale et littéraire, bien que son approche diffère de celle de Nerval par son côté plus systématique et presque ritualisé. (Qwant)
(15) En 1842, Monrose (de son vrai nom Jean-Baptiste Prosper Bressant, 1798–1859) était un acteur français célèbre pour ses rôles comiques et dramatiques. À cette époque, il avait effectivement 44 ans (et non 58 ans), car il est né en 1798 et non en 1784.
La crise de mélancolie et de perte de mémoire qu'il a subie en pleine représentation en 1842 est un événement marquant de sa carrière. Cette crise a été interprétée comme un signe de déséquilibre nerveux, possiblement lié à la fatigue ou au stress intense de sa profession. Cet incident a contribué à sa réputation d'acteur tourmenté, bien qu'il ait continué à se produire sur scène pendant plusieurs années après cet épisode. (Qwant)
(16) Pauline Viardot a interprété le rôle-titre de Sapho, premier opéra de Charles Gounod, lors de sa création le 16 avril 1851 à l’Opéra de Paris (salle Le Peletier). Elle a joué un rôle clé dans la genèse de l’œuvre : c’est à sa demande que Gounod a composé cet opéra, imposant comme condition à son réengagement à l’Opéra de Paris la création d’un ouvrage dont elle tiendrait le rôle principal. (Qwant)
(17) Fanny Hensel (1805–1847) est une compositrice, pianiste et mezzo-soprano allemande, sœur aînée de Felix Mendelssohn. Elle a marqué l’histoire de la musique par son talent, bien que son œuvre ait longtemps été éclipsée par celle de son frère, en raison des normes sociales de l’époque qui limitaient la place des femmes dans le domaine musical.
Points clés de sa vie et de son œuvre :
· Formation : Elle a reçu une éducation musicale exceptionnelle, notamment grâce à son père, le banquier et intellectuel Abraham Mendelssohn, et à des professeurs comme Carl Friedrich Zelter.
· Composition : Elle a composé plus de 460 œuvres, dont des lieder, des pièces pour piano, des chants sacrés, un quatuor à cordes et une ouverture orchestrale. Son Cycle de l’année (Das Jahr), un recueil de 12 pièces pour piano, est l’une de ses œuvres les plus célèbres.
· Reconnaissance : Malgré son talent, elle n’a pu publier ses œuvres que sous le nom de son frère ou sous un pseudonyme, en raison des conventions de l’époque. Ce n’est qu’après sa mort que ses compositions ont commencé à être reconnues pour leur valeur propre.
· Style : Son écriture se caractérise par une grande expressivité, une maîtrise des formes classiques et une sensibilité romantique, proche de celle de Felix Mendelssohn.
Postérité : Aujourd’hui, Fanny Hensel est considérée comme l’une des compositrices les plus importantes du romantisme allemand. Ses œuvres sont régulièrement jouées et enregistrées, et son héritage est célébré pour avoir contribué à redéfinir la place des femmes dans la musique classique. (Qwant)
· (18) Vincent van Gogh (1853–1890) : connu pour ses troubles mentaux, il s'est suicidé en 1890.
· Théo van Gogh (1857–1891) : frère cadet de Vincent, il a souffert de dépression après la mort de Vincent et est mort en 1891 dans un asile psychiatrique.
· Cornelia "Cor" van Gogh (1862–1941) : sœur cadette, elle a vécu jusqu'à 79 ans sans troubles mentaux graves signalés.
· Wil van Gogh (1862–1941) : autre sœur, elle a également vécu sans troubles mentaux graves signalés.
Les deux autres frères et sœurs de Vincent van Gogh étaient :
· Anna van Gogh (1855–1936)
· Elizabeth "Lies" van Gogh (1859–1936)
Aucune source récente ne mentionne que quatre des six enfants van Gogh (frères et sœurs de Vincent) sont morts à cause de troubles psychiques ou neurologiques. En réalité, seuls Vincent et Théo ont souffert de troubles mentaux graves, et Cornelia, Anna et Lies ont vécu jusqu'à un âge avancé sans que des troubles de cet ordre soient documentés. (Qwant)
(19) Guy de Maupassant l’a même annoncé dans une lettre datée du 2 mars 1877 à son ami Pinchon. Il en a fait état avec une forme de provocation, évoquant la « grande vérole » et assumant ses relations avec des prostituées. (Qwant)
(20) François Ier est mort le 31 mars 1547 à l'âge de 52 ans. Les causes de sa mort sont généralement attribuées à des complications liées à des infections et à une santé déclinante, mais la syphilis n'est pas la cause officielle retenue par les historiens.
Les causes les plus probables incluent :
· Une septicémie ou une infection grave (peut-être liée à une maladie vénérienne, mais pas nécessairement la syphilis).
· Des complications liées à des ulcères ou à une maladie chronique.
· Une possible intoxication ou empoisonnement progressif (théorie controversée).
Les sources historiques ne confirment pas la syphilis comme cause directe de sa mort. Les symptômes décrits dans les archives ne correspondent pas clairement à ceux de la syphilis avancée, et les traitements de l'époque ne permettaient pas de confirmer un diagnostic rétrospectif fiable. (Qwant)
(21) 1. Folie clinique chez Platon
Platon aborde la folie sous un angle médical et moral dans plusieurs dialogues, notamment :
· Le Phèdre (370 av. J.-C.) : Il décrit la folie comme une maladie de l’âme, souvent liée à un déséquilibre des humeurs ou à une punition divine. Il distingue quatre types de folie :
· La folie prophétique (liée à Apollon).
· La folie rituelle (liée à Dionysos).
· La folie poétique (liée aux Muses).
· La folie érotique (liée à Aphrodite). La folie clinique (au sens moderne) correspondrait aux trois premières, perçues comme des troubles nécessitant une guérison par la raison ou la philosophie.
· Le Timée : Platon évoque des causes physiologiques (désordres cérébraux) pour expliquer certains états de folie, préfigurant une approche naturaliste.
→ La folie clinique est donc présentée comme un dérèglement à corriger, soit par la médecine, soit par la philosophie.
2. Folie créatrice chez Platon
Platon associe aussi la folie à une force inspiratrice, notamment dans le Phèdre :
· La folie poétique (inspirée par les Muses) est valorisée : elle permet aux artistes et aux philosophes d’accéder à une vérité supérieure, inaccessible à la raison pure.
· Exemple : Les poètes comme Homère sont considérés comme des porteurs de vérité, même s’ils sont "fous" au sens où ils transcendent la logique ordinaire.
→ La folie créatrice est donc une forme de génie, une manifestation de l’enthousiasme (au sens étymologique : "avoir un dieu en soi").
3. Opposition entre les deux concepts
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Folie clinique |
Folie créatrice |
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Pathologique, à guérir. |
Inspirante, à célébrer. |
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Liée à un déséquilibre (corps/esprit). |
Liée à une transcendance (divin, art, philosophie). |
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Exemple : délire, hallucinations. |
Exemple : inspiration artistique, prophétie. |
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À corriger par la raison. |
À cultiver pour accéder à la vérité. |
4. Contexte philosophique
Platon ne rejette pas la folie en bloc : il en fait un outil dialectique. Dans le Phèdre, Socrate déclare :
"La folie, quand elle vient des dieux, est plus belle que la sagesse des hommes."
Cette citation illustre l’idée que la folie peut être :
· Négative si elle est un simple désordre (folie clinique).
· Positive si elle est une énergie créatrice (folie créatrice).
5. Postérité et interprétations
· Freud et la psychanalyse : Reprendront l’idée d’une folie comme expression de l’inconscient, mais sans la dimension divine.
· Nietzsche : Valorise la folie comme force vitale (ex. : Ainsi parlait Zarathoustra).
· Art moderne : Des artistes comme Van Gogh ou Artaud ont exploré cette frontière entre génie et pathologie. (Qwant)
(22) Points clés du Problème XXX :
1. Définition des êtres d’exception : Aristote y examine des cas comme les monstres, les prodiges, ou les individus dotés de capacités hors du commun (physiques, intellectuelles ou morales). Ces êtres sont perçus comme des anomalies par rapport à l’ordre naturel ou social.
2. Causes possibles :
· Nature : Certains êtres d’exception pourraient résulter de perturbations dans le processus de génération (ex. : malformations, hybridations).
· Divin ou surnaturel : Aristote évoque aussi l’idée que ces êtres pourraient être des signes envoyés par les dieux ou des manifestations du divin.
· Art ou technique : Dans certains cas, l’art humain (comme la médecine ou la sculpture) peut créer des exceptions en imitant ou en corrigeant la nature.
3. Exemples cités :
· Les monstres (comme les animaux à deux têtes ou les humains difformes).
· Les prodiges (phénomènes naturels inexpliqués, comme des pluies de sang ou des naissances extraordinaires).
· Les individus exceptionnels (génies, héros, ou criminels dont les actions dépassent la norme).
4. Portée philosophique : Ce problème illustre la tension entre l’ordre naturel (le physis) et l’exception, qui remet en cause les catégories aristotéliciennes comme la substance, la cause ou la finalité. Aristote cherche à comprendre si ces exceptions invalident les lois générales ou si elles s’y intègrent d’une manière encore inconnue. (Qwant)
(23) Les Tusculanes (ou Tusculanae Disputationes) sont un ensemble de cinq livres écrits par Cicéron en 45 av. J.-C., alors qu’il se retirait dans sa villa de Tusculum. Cet ouvrage est un traité de philosophie stoïcienne et académicienne, rédigé sous forme de dialogues où Cicéron expose des thèmes comme la mort, la douleur, la vertu, le bonheur et la nature de l’âme.
Structure et contenu :
· Livre I : Sur la mort (De morte).
· Livre II : Sur la douleur (De dolore).
· Livre III : Sur les passions (De perturbationibus animi).
· Livre IV : Sur les affections de l’âme (De affectibus).
· Livre V : Sur la vertu (De virtute).
Objectif : Cicéron y défend l’idée que la sagesse et la vertu suffisent au bonheur (ataraxie), même face aux épreuves. Il s’inspire notamment de Posidonios (stoïcien) et de l’Académie (Platon), tout en critiquant l’épicurisme.
Style : Le texte est écrit en latin classique, dans un style accessible et pédagogique, mêlant rigueur philosophique et éloquence cicéronienne. (Qwant)
(24) De vita triplici (ou De triplici vita) est un traité de Marsile Ficin (1433–1499), philosophe humaniste italien de la Renaissance. Ce texte fait partie de sa série d'ouvrages dédiés à la santé, à la longévité et à l'harmonie entre l'homme et l'univers, inspirés par le néoplatonisme et la philosophie antique.
Contexte et contenu
- Le traité est divisé en trois parties (triplici vita), chacune abordant un aspect de la vie humaine :
- De vita sana (Sur la vie saine) : conseils pour préserver la santé physique et mentale.
- De vita longa (Sur la vie longue) : méthodes pour prolonger la vie, incluant des recommandations sur l'alimentation, l'exercice et l'équilibre des humeurs.
- De vita coelitus comparanda (Sur la vie obtenue par les cieux) : approche spirituelle et astrologique pour atteindre une vie harmonieuse, en harmonie avec les influences célestes.
- Ficin y intègre des éléments de médecine galénique, de philosophie platonicienne et de traditions hermétiques, tout en défendant l'idée que l'homme peut, par la contemplation et la vertu, s'élever vers une existence plus longue et plus noble.
Publication et postérité
- De vita triplici a été publié pour la première fois en 1489 (Florence, par Laurentius de Alopa).
- L'ouvrage a connu un grand succès en Europe, notamment auprès des élites intellectuelles et médicales, et a influencé la pensée sur la médecine, l'astrologie et l'hygiène de vie jusqu'à la Renaissance tardive.
Disponibilité moderne
- Le texte est disponible en latin dans des éditions critiques, ainsi que dans des traductions en langues modernes (anglais, français, italien).
- Plusieurs versions numérisées des éditions originales sont accessibles via des bibliothèques universitaires ou des plateformes comme Gallica ou Archive.org.
(25) Montaigne consacre un chapitre entier des Essais (Livre I, chapitre 23) à la folie, intitulé « De la folie ». Il y explore la folie non comme une simple absence de raison, mais comme une variation naturelle de l’esprit humain, souvent liée à la diversité des tempéraments et des circonstances.
- Relativité de la folie : Montaigne souligne que ce qui est considéré comme folie dans une société ou une époque peut être perçu comme sagesse dans une autre. Il écrit : « Les fous sont ceux qui ont une autre façon de penser que la nôtre » [citation approximative, inspirée de son texte].
- Critique des jugements hâtifs : Il dénonce la tendance à qualifier de folie ce qui échappe à la norme sociale ou religieuse, notamment en matière de croyances ou de comportements.
- Exemples historiques et personnels : Montaigne cite des figures comme Héraclite ou Socrate, dont les modes de pensée furent jugés extravagants, pour illustrer la subjectivité des critères de folie.
- Folies collectives : Il évoque aussi les folies partagées par des groupes entiers (comme les guerres de religion), montrant que la folie peut être un phénomène social et non individuel. (Qwant)
(26) Denis Diderot (1713–1784) est l’un des principaux éditeurs et rédacteurs de L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, publiée entre 1751 et 1772 (avec des volumes supplémentaires jusqu’en 1780). Ce projet, co-dirigé avec Jean le Rond d’Alembert, visait à rassembler et diffuser l’ensemble des connaissances de l’époque, tout en promouvant les idées des Lumières.
Points clés :
· Diderot a rédigé de nombreux articles, notamment sur les arts, les métiers et la philosophie.
· L’Encyclopédie a été critiquée par les autorités religieuses et politiques pour ses idées progressistes, jugées subversives.
· Elle a joué un rôle majeur dans la diffusion des idées nouvelles en Europe, influençant la Révolution française et les mouvements intellectuels ultérieurs. (Qwant)
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