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mardi 2 juin 2026

L’Opéra italien au XIXe siècle.

 

L’Opéra italien au XIXe siècle.

Revue internationale d’études musicales

Editions Jean-Michel Place

2002


L’air « Vestila giuba » (Paillasse) est au hit parade. (p 14)

 

Musiciens les plus joués entre 1995 et 2000 : (p 17)

Mozart


 

Verdi


Puccini

Offenbach

Rossini

Bizet


Donizetti

Opéras italiens diffusés en France sur des supports sonores (2002) : (p 20)

« Le barbier de Séville » de Rossini

« Madame Butterfly » de Puccini

« La Bohème » de Puccini

« Falstaff » de Verdi

Les airs italiens diffusés sur supports sonores (2002)

« E lucevan le stelle » (Tosca, III)

 

 « Che gelida manina » (La Bohème, I)

 

« Nessun dorma » (Turandot, III)

Les sujets de la mythologie sont peu vraisemblables. (p 25)

Les librettistes sont inexacts. (p 28) Dans le Jeanne d’Arc, « Giovenno d’Arco » de Verdi, elle ne meurt pas sur le bûcher. (1)

Allégories :

                                                                       Guillaume Tell
 

Guillaume Tell

Liberté et indépendance nationale

Jeanne d’Arc

Attila

Invasion étrangère et oppression

Barberousse

 

                                                                           Attila

 

                                                                          Barberousse


 

Dans la « Traviata », Violetta est l’incarnation de Vénus et Flore. (2)


Azucena, la gitane, représente la « terre, le feu, les montagnes, les images vulcaniennes ». (p 33) (3)

Les mères dans l’opéra :


 

- France – Médée – Cherubini - 1797

Elle bascule dans la folie sauvage. (p 41) (4)

- Italie – Bellini – Rossini – Ermonio – Semaramide –

Rapport oedipien entre la mère et le fils.

- Italie – Bellini – Norma –

La femme est en conflit interne entre son rôle politique et son amour pour un homme.


- Italie – Donizetti – Lucrèce Borgia –

Inceste fantasmé mais non réel. Ndlr : voir définition de l’inceste. Peut-il être fantasmé ? (5)

Cela peut aussi parler de la mort du fils ou de la mère. (p 42)

- Dans Verdi, les mères sont absentes. Elles sont souvent mortes. (p 43)

La mère est vouée à la tragédie ou au désespoir en lien avec le sacrifice ou la perte de son enfant. La seule exception est Alice dans Falstaff en 1893. (p 48) (6)

La folie masculine.

Oreste en est le premier représentant dans le théâtre grec, en 458 avant Jésus-Christ, dans « Choéphore » d’Eschyle. (p 49) (7)

Dans Sémiramide, le roi Wabucco n’est fou que temporairement, contrairement à la femme exaltée, Abigaille, qui connaît une folie sans limite. Ndlr : est-on fou « temporairement » ? (8)

Dans Donizetti, « Il furioso all’isola di San Domingo », l’autorité parentale peut permettre de recouvrer la raison du fou et de le sauver. (p 55)

La conduite d’un fou est imprévisible. L’entourage a peur de sa violence. (p 61)


                                                                       Elvira Puccini

Puccini a eu un accident de voiture en 1903. Doria le soigna. Sa femme, Elvira, jalouse de cette relation, la calomnia. Doria se suicida en 1908. Il a repris cette histoire dans ses opéras. (p 138) (9)

Dans « Carmen », Bizet détache peu à peu du chœur des jeunes gens et du peuple des cigarières, son héroïne. Puccini reprendra ce procédé. (p 140).

Jacques Offenbach a créé un opéra totalement farfelu avec des paroles sans sens ou absurdes, dans une parodie de Rossini « Monsieur Choufleuri restera chez lui le 24 janvier 1833 ». (p 221) (10)

 


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(1)


Giovanna d’Arco – cantate de Giuseppe Verdi (1845)

  • Genre : cantate pour solistes, chœur et orchestre, et non opéra complet.
  • Librettiste : Temistocle Solera, qui s’est inspiré de la légende de Jeanne d’Arc.
  • Première : 1845, à Milan, dans le cadre d’un concours de cantates.

Structure et dénouement

Partie

Contenu principal

Conclusion musicale

1. Prologue

Présentation de la jeune fille visionnaire et de son appel divin.

Aria de la soprano, ton héroïque.

2. Scène de la bataille

Récit des exploits militaires de Jeanne, avec chœurs de soldats.

Récitatif dramatique, puis ensemble.

3. Couronnement

Jeanne est accueillie comme championne de la patrie.

Chœur triomphal (« Viva la patria ») qui célèbre la victoire.

  • Fin de la cantate : le dernier mouvement est un chœur triomphal qui glorifie la figure de Jeanne d’Arco comme héroïne nationale. Aucun texte ne décrit son procès ni son exécution.
  • Absence de la scène du bûcher : Verdi n’a jamais mis en musique la mort de Jeanne sur le bûcher ; la cantate s’arrête avant cet épisode historique.

Contexte historique

  • La cantate a été écrite avant que Verdi ne compose des opéras plus tardifs comme Don Carlos ou Aida.
  • À l’époque, les autorités italiennes imposaient des restrictions sur les sujets politiques et religieux ; la représentation de la mort de Jeanne aurait pu être censurée.

Conclusion

Dans la cantate « Giovanna d’Arco » de Verdi, le personnage ne meurt pas sur le bûcher. L’œuvre se termine par un chœur célébrant son héroïsme, sans aborder son procès ni son exécution. (Qwant)

(2) Dans La Traviata de Giuseppe Verdi, Violetta Valéry est avant tout une courtisane parisienne dont le drame personnel explore les thèmes de l’amour, du sacrifice et de la société du XIXᵉ siècle.

  • Le livret de Francesco Maria Piave ne la décrit pas comme une incarnation de Vénus (déesse de l’amour) ou de Flore (déesse des fleurs).
  • Certaines analyses littéraires ou mises en scène peuvent évoquer des symboles (la rose, la lumière, la mort) qui rappellent des figures mythologiques, mais il s’agit d’interprétations subjectives, pas d’une intention explicite du compositeur ou du librettiste. (Qwant)

(3)


Azucena est un personnage de l’opéra « Il Trovatore » de Giuseppe Verdi (première en 1853).

  • Rôle : Gypsy (gitane) et mère de Manrico.
  • Caractère : Vengeresse, passionnée, prête à tout pour venger la mort de son père.
  • Aria célèbre : “Stride la vampa” (ou “Ah, la paterna” selon les versions).
  • Intrigue : Elle tue le comte di Luna par vengeance, déclenchant le drame central de l’œuvre.

(4) La « folie sauvage » de Médée dans l’opéra de Cherubini (1797)

Dans l’opéra‑comique Médée de Luigi Cherubini, la protagoniste Médée subit une descente dramatique vers la folie sauvage après la trahison de son époux Jason.
Cette transformation est au cœur de l’intrigue et constitue le point culminant de la tragédie :

  • Trahison et perte
    Jason, après avoir obtenu la Toison d’or, épouse Dircé, fille du roi Créon, laissant Médée et leurs deux enfants derrière lui. La rupture provoque chez Médée une colère et une douleur extrêmes 
  • Déclenchement de la folie
    La colère de Médée se déchaîne lorsqu’elle apprend la mort de Dircé et la persécution de son fils Néris. Elle décide alors de se venger en empoisonnant Dircé et, dans un acte de violence ultime, tuant ses propres enfants. Cette série d’actes violents illustre sa folie sauvage, un état de rage incontrôlable et de désespoir total 
  • Représentation musicale et dramatique
    Cherubini, en fusionnant l’opéra‑comique et la tragédie lyrique, met en scène cette folie à travers des passages musicaux intenses et des dialogues parlés qui soulignent l’« impensable » de ses actions. Le livret de François‑Benoît Hoffman décrit la « fureur de Médée qui se déchaîne jusqu’à commettre l’inconcevable, le meurtre de leurs deux enfants » 
  • Interprétation symbolique
    La folie de Médée est souvent interprétée comme la manifestation d’une barbare intérieure, un terme qui, à l’époque, désignait « sauvage qui n’a ni lois ni politesse »  (opera-comique.com)

Elle reflète la vision des Lumières où la passion démesurée est vue comme une force destructrice.

(5)

L’INCESTUEL ET LE PROBLÈME DU FANTASME

À la vérité, la connaissance que nous avons du fantasme et de sa nature est intimement liée à celle du complexe d’Œdipe. En effet, on ne comprend l’œdipe qu’à travers ses fantasmes et l’on ne connaît le fantasme que par l’œdipe.

À l’inverse, l’incestuel constitue un registre qui se substitue à celui du fantasme et se tourne vers la mise en acte.

Ce qui est frappant dans l’incestuel c’est qu’il est tueur de fantasme. L’incestuel ne s’image pas, ne se représente pas, ne se fantasme pas. Il peut être repérable à partir d’un constat clinique, celui du vide de la pensée. Il renvoie à ces patients difficiles qui expriment un vague malaise mais n’associent pas : on a parlé de pensée blanche, de pensée opératoire. On s’aperçoit que bien souvent ces patients n’ont rien à dire, non en raison d’une carence ou d’un défaut de mentalisation mais de ce qu’ils vivent et ont toujours vécu sous l’impact d’un interdit qui porte sur la vérité. Quand nous invoquons la pensée blanche, nous sommes bien souvent sous le coup d’une collusion avec le patient lui-même prisonnier d’une injonction interne à ne pas parler. C’est, croyons-nous, un des aspects du transfert incestuel.

L'incestuel dans les familles | Cairn.info

(6) Alice dans Falstaff (première de 1893)

Rôle et fonction

  • Personnage : Mrs. Alice Ford (soprano)
  • Position dans l’intrigue : épouse de Ford, mère de Nannetta et l’une des deux « joyeuses commères » de Windsor qui conçoivent un plan pour piéger le chevalier Falstaff lorsqu’il tente de la séduire.
  • Fonction dramatique : Alice est le point de convergence des intrigues amoureuses et des complots de ses amies Meg Page et Mrs. Quickly. Elle participe activement à la mise en scène de la ruse qui entraîne Falstaff dans un panier à linge et dans la confusion finale de l’opéra.

« Alice Ford… la femme d’un riche bourgeois local » 

 « Alice… la femme d’un riche bourgeois local » 

 « Alice… la femme d’un riche bourgeois local »   (fr.wikipedia.org)

Première de 1893

  • Date et lieu : 9 février 1893, Teatro alla Scala à Milan.
  • Réception : la première fut un immense succès, marquant le retour de Verdi à la scène après plus de cinquante ans de carrière lyrique.
  • Distribution de la première : le contexte fourni ne précise pas l’interprète de Mrs. Alice Ford lors de cette première.

« Le 9 février 1893, la première de Falstaff fut un immense succès au Teatro alla Scala. » 

(operavision.eu)

En résuméAlice Ford est le rôle de soprano central dans Falstaff, représentant la femme d’un riche bourgeois et l’une des protagonistes de la ruse qui tourne la tête à Falstaff.

(7) Folie d’Oreste dans Les Choéphores d’Eschyle

  • Contexte : Oreste revient d’exil pour venger la mort de son père Agamémnon, tué par sa mère Clytemnestre et son amant Égisthe.
  • Acte de vengeance : Il tue Clytemnestre et Égisthe avec l’aide d’Électre, accomplissant le « deuil » imposé par la loi de la vengeance familiale.
  • Déclencheur de la folie : La matricide viole la loi divine qui protège la mère ; les Erinyes (Furies) le poursuivent, le condamnant à une folie punitive.
  • Manifestations :
    • Hantise : visions et voix des Erinyes qui le tourmentent.
    • Instabilité émotionnelle : oscillation entre triomphe du meurtre et terreur de la persécution.
    • Isolement : il se retire du monde, cherchant refuge à Delos.
  • Résolution : Dans la suite (L’Orestie), Orestes est jugé à Athènes et acquitte son crime grâce à l’intervention d’Athéna, mettant fin à sa folie et à la malédiction familiale. (Qwant)
  •  

    (8) Oui, on peut être « fou temporairement » dans le sens où certaines altérations de l’état mental sont passagères.
    Voici les principaux cas reconnus :

    Situation

    Durée typique

    Cause principale

    Stress aigu

    Minutes à quelques heures

    Pression intense, traumatisme immédiat

    Manie hypomaniaque

    Jours à semaines

    Trouble bipolaire (phase hypomaniaque)

    Épisode psychotique bref

    < 1 mois

    Consommation de substances, sommeil très perturbé

    Dépression réactionnelle

    Semaines à mois

    Événement déclencheur (perte, échec)

    Hallucinations transitoires

    Minutes

    Privation sensorielle, fièvre élevée

    Ces états sont généralement réversibles et ne constituent pas une maladie chronique tant qu’ils disparaissent sans laisser de séquelles. Si les symptômes persistent ou réapparaissent fréquemment, il est recommandé de consulter un professionnel de santé mentale. (Qwant)

  • (9) Contexte juridique : Le 1 février 1908, Emilia Manfredi a déposé une plainte officielle contre Elvira Puccini, l’accusant d’avoir provoqué le suicide de sa fille Doria
  • Accusations de calomnie : Selon les récits, Elvira a accusé publiquement Doria d’être la maîtresse de Giacomo Puccini, ce qui a conduit à la détresse de la jeune domestique (interlude.hk)        
  • Date du suicide : Bien que certains documents indiquent le 23 janvier 1909 comme date du suicide de Doria , la plainte déposée en 1908 suggère que l’incident s’est produit avant cette date, voire en 1908.
  • Conséquences : Après l’accusation, Elvira a été condamnée à cinq mois d’incarcération, mais a évité la prison grâce à une compensation de 12 000 lire accordée par Giacomo Puccini  (giacomopuccini.wordpress.com)

En résumé, Elvira Puccini a effectivement calomnié Doria Manfredi pour une relation supposée avec le compositeur, et Doria s’est suicidé, probablement en 1908, avant le dépôt de la plainte officielle.

(10) Monsieur Choufleuri restera chez lui le 24 janvier 1833 est le titre complet d’une opérette‑bouffe en un acte, écrite par Jacques Offenbach (musique) et M. de Saint‑Rémy (pseudonyme du duc de Morny) pour le libretto.
Le titre indique la date de la soirée fictive que le personnage principal, Monsieur Choufleuri, organise dans son salon parisien : le 24 janvier 1833 [n1].

L’œuvre a été créée au Théâtre des Bouffes‑Parisiens le 14 septembre 1861 [n1][n4]. Elle raconte l’histoire d’un bourgeois riche qui tente de faire la fête avec des chanteurs célèbres, mais qui doit improviser lorsqu’ils sont indisponibles ; la comédie culmine avec un trio italien et un final humoristique [n1][n5].

Sources
[n1] theatremusicaloperette.fr – description de l’opérette et mention du titre complet.
[n4] imslp.org – fiche de l’œuvre indiquant le titre, la date de première et les auteurs.
[n5] operascribe.com – synopsis détaillé et informations de première.

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Un autre établissement marseillais pratique la censure, dans un contexte plus anodin, et moins urgent. Il révèle pourtant la même volonté de faire taire les voix discordantes qui militent pour la diversité culturelle et la représentation de toustes.

L’Opéra de Marseille refuse désormais la venue des journalistes de Zébuline, du moins à ses grosses productions contestables. Il faut dire que celles-ci se permettent d’être critiques de son fonctionnement, même si c’est aujourd’hui le seul opéra de France qui ne programme aucune femme cheffe, aucune compositrice, aucune musique contemporaine ou de création.

Pas question non plus d’être critique de ses productions dispendieuses, qui ne tournent pas. Ni de remettre en cause ses mises en scène qui n’interrogent jamais les rapports coloniaux, la domination masculine, les préjugés de classe pourtant si présents, et si problématiques, dans les opéras du XIXe siècle. Qui constituent la quasi-totalité de ce que propose la maison marseillaise.

Agnès Freschel - La Marseillaise

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vendredi 3 mars 2017

"Adèle H" - Lucrèce Borgia - Baudelaire - F. Lemaître

Adèle H
Je viens de voir le film bouleversant de François Truffaut, « Adèle H ».

Comment devenir autonome en étant dans l'ombre d'un grand homme ? Telle est une des problématiques d'Adèle, une des filles de Victor Hugo. Plus tard, elle errera comme l'ombre d'elle-même.
Comment devenir une et une seule, tout en portant le prénom de la femme de son père ? Madame Victor Hugo s'appelle aussi Adèle.
Pour oublier le poids de ce nom, le nom de son prénom, elle va mettre en place des stratégies différentes.
Le titre est évocateur : « Adèle H », c'est Adèle sans Hugo. Adèle toute seule, cela n'existe pas. Adèle est dans une filiation. Mais cette histoire est douloureuse pour elle. Pour fuir cette souffrance, Adèle ment. Elle change son nom de famille, parfois elle change de prénom. Elle use de « Léopoldine », cette sœur qui meurt noyée dans la Seine, près de Villequier, à l'âge de 19 ans et qui inspirera à Victor Hugo un poème à faire pleurer, quand il est sur le chemin du cimetière :

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Ou encore quand il rend hommage à son gendre qui meurt aussi avec sa fille :

Leurs âmes se parlaient sous les vagues rumeurs.
– Que fais-tu? disait-elle. — Et lui disait : — Tu meurs
Il faut bien aussi que je meure !
– Et, les bras enlacés, doux couple frissonnant,
Ils se sont en allés dans l’ombre ; et maintenant,
On entend le fleuve qui pleure.
Puisque tu fus si grand, puisque tu fus si doux
Que de vouloir mourir, jeune homme, amant, époux,
Qu’à jamais l’aube en ta nuit brille !
Aie à jamais sur toi l’ombre de Dieu penché !
Sois béni sous la pierre où te voilà couché !
Dors, mon fils, auprès de ma fille !

Cette douleur est aussi sur les épaules d'Adèle. Son père l'a peut-être oubliée.

Quand d'autres recherchent leurs parents qui les ont abandonnés pour comprendre leur histoire et se replacer dans une filiation, compliquée souvent mais nécessaire et vitale, Adèle, elle, cherche par tous les moyens à effacer ce nom de Hugo. Elle ne veut plus être la fille de son père.
Quand le magicien imposteur lui demande de qui elle est la fille, elle ne peut pas prononcer ce nom. Sa langue en serait brûlée, sa bouche serait en feu, les flammes embraseraient son cerveau. Alors, elle l'écrit sur la buée empoussiérée de la glace et l'efface tout aussitôt, sans laisser de trace.
Adèle veut détruire le lien familial, mais est ambiguë. Quand elle en a envie ou besoin, elle joue sur la réputation et la notoriété de ce nom pour tenter de parvenir à ses fins. Elle ruse.
Ce père ne l'aide pas beaucoup. La comprend-il seulement ? Quand elle écrit un livre de musique, il refuse de le publier, lui reprochant ses provocations. Quand elle aime un jeune homme, son père le réprouve en ne voyant que ses défauts. Certes, Pinson a eu le choix entre la prison ou l'armée (on pouvait encore choisir à cette époque!) pour payer ses dettes de jeu. Quand Victor Hugo écrit à sa fille, c'est pour lui demander de revenir vivre avec lui. Il la veut pour lui seul. Il ne veut pas la voir autonome.
Adèle s'accrochera à son lieutenant dans l'espoir de se marier et de changer de nom. Elle veut qu'on la nomme MADAME PINSON. Elle sait bien qu'il ne l'aime plus, mais elle espère le convaincre de l'épouser en l'implorant, en acceptant ce que l'orgueil fait refuser à tout un chacun, en lui offrant de l'argent, en obéissant au moindre de ses caprices. Il est honnête (cynique?) avec elle quand il n'a plus rien à en obtenir. S'il lui a promis le mariage pour pouvoir la déflorer, il ne regrette pas de ne pas tenir sa parole quant au mariage.
Alors, dans un moment de lucidité, Adèle s'écrit que pour rien au monde elle ne renoncera à ce nom illustre. Le prix à payer en sera la solitude. Après l'audace, c'est le temps de l'oubli de soi.
Et en effet, c'est le début de sa déchéance. Si elle a marché sur l'eau pour traverser l'océan et rejoindre son amant, elle est en train de se noyer dans le désespoir. Elle écrit un livre à partir de son expérience, livre qu'elle garde jalousement (six mille pages). Mais, elle ne se coiffe plus, ne change plus sa robe déchirée, erre dans les rues sans reconnaître son ancien amant.
Où qu'elle aille, à Halifax, dans les îles de la Barbade, Victor Hugo est connu et reconnu comme étant celui qui s'est intéressé aux pauvres gens. Et à cause de ce nom, elle ne trouve pas sa place dans ce monde. Son oncle, Eugène Hugo a lui aussi sombré dans la folie.
Adèle rentrera en France, brisée, seule, faible, pauvre, meurtrie et abîmée. Elle terminera sa vie quarante ans plus tard dans une maison de santé à Saint-Mandé. Elle repose à Villequier.

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Page 350 – Isabelle Adjani et Adèle H :

Le couple Isabelle Adjani-André Dussolier se sépare. Jean-Claude Brialy la reçoit chez lui pour qu’elle fasse le point. Il a énormément d’admiration pour elle. « Ensuite, sa carrière s’emballa, tout le monde la réclamait. Elle démissionna du Français après quelques beaux succès pour pouvoir rejoindre Truffaut dans L’Histoire d’Adèle H. »

 

Jean-Claude Brialy

Le Ruisseau des Singes

Autobiographie

Robert Laffont – 2000

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Villequier
Tombe
Adèle Hugo fille

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Charles Hugo 
1826 - 1871
Adèle Hugo fille 
Vers 1855.
Villequier 
Musée Victor Hugo 
Maison Vacquerie
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François-Xavier Hugo 
1828 - 1873
Adèle Hugo fille 
Dessin à l'encre
Villequier 
Musée Victor Hugo 
Maison Vacquerie
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Jean Hugo est l'arrière-petit-fils de Victor Hugo.

Charles Baugniet
Prière de la mariée (perte de la virginité, mort symbolique)
1870

Jean Cocteau
Portraits-souvenir
Les Cahiers Rouges
Grasset, 1935

Page 155 :
Baudelaire* et Victor Hugo.
Il cite la phrase de Baudelaire pour expliquer que Anna de Noailles ne lâchait plus le bassinet quand elle avait commencé à capter l’attention de son auditoire : « Hugo se lance dans un de ces monologues qu’il appelle une conversation. »

*
Edouard Manet
Paris, 1832 – 1883
Portrait de Charles Baudelaire
1869, eau-forte, 4e état
Edouard Manet a réalisé trois portraits de Baudelaire d’après une photographe de Nadar. Cette gravure a été publiée dans la biographie posthume du poète écrite par Charles Asselineau et parue en janvier 1869 sous le titre : Charles Baudelaire, sa vie, son œuvre ( …) avec portraits. Le poète comme le peintre étaient, tous deux, grands admirateurs du peintre romantique.
Musée Eugène Delacroix

Paris
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« Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,

Ô démon sans pitié ! verse-moi moins de flamme... »

 

Charles Baudelaire /Sed non satiata

Les Fleurs du mal

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"Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,

Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,

Et, comme le soleil dans son enfer polaire,

Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé."

 

Baudelaire

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Henri Fantin-Latour 

Grenoble, 1836 - Buré, 1904

Hommage à Delacroix 

Salon de 1864

Charles Baudelaire 

1821 - 1867

Poète

1864 

Huile sur toile.

Musée d'Orsay

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Charles Baudelaire 

Graph 

Paris 

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Charles Baudelaire 

Portrait de Jeanne Duval 

1865 

Musée d'Orsay

Portrait de Jeanne Duval, réalisé à l'encre de chine par Charles Baudelaire alors qu'il n'a que 21 ans

Jeanne Duval est une muse du poète français Charles Baudelaire.

On ne sait pas comment elle connut Baudelaire, mais la date de cette rencontre se situe entre le 9 avril et le 27 mai 1842. Il existe bien un témoignage sur cette rencontre : « C'est au faubourg Montmartre que, passant un soir en compagnie de Cladel, Baudelaire aperçut Jeanne Duval que des ivrognes tourmentaient.

Et si la muse de Charles Baudelaire échappait au regard du poète pour se réinventer ailleurs? Baudelaire l'appelait "Mademoiselle", madame Aupic en a fait une vénus noire. Elle est tantôt Jeanne Duval, Jeanne Lemer, Caroline Dardart, née on ne sait où, morte on ne sait quand.

« Quand vers toi mes désirs partent en caravane,

Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.

Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,

Ô démon sans pitié ! »

 

Constantin Guys

Portrait d'une femme brune

Portrait de Jeanne Duval

1860

Musée d'Orsay

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Jeanne Duval 

1865 

Musée d'Orsay

Les poèmes des Fleurs du Mal "La Chevelure" et "Le serpent qui danse" lui sont dédiés.

On lui connaît des relations homosexuelles;

Son parfum, ses cheveux et sa sensualité brûlante émeuvent Baudelaire.

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Gustave Courbet

Charles Baudelaire.

Relation entre Gustave Courbet et Charles Baudelaire

  • Courbet et Baudelaire étaient amis proches, se fréquentant régulièrement dans la bohème parisienne.
  • En 1848, Courbet a peint le portrait de Baudelaire, le représentant assis, lisant, avec des éléments d’écriture (plume, livres)  (fr.wikipedia.org)
  • Cette amitié est confirmée par les relations amicales de Courbet avec les intellectuels de l’époque, dont Baudelaire  (musee-courbet.fr)
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Jeanne Duval, l’inspiration oubliée des Fleurs du mal.

Le poète Charles Baudelaire a aimé Jeanne Duval plus que toute autre. En elle, il a trouvé l’une de ses plus grandes sources d’inspiration. Mais, parce qu’elle était une femme noire à une époque où le spectre nauséabond de l’esclavage imprégnait encore la société française, elle a souvent été effacée des livres d’histoire. 

jeanne-duval-l-inspiration-oubliee-des-fleurs-du-mal

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Bartolomeo Veneto (Anonyme d’après un original perdu de)

Venise, connu de 1502 à 1555

Portrait présumé de Lucrèce Borgia

Vers 1510/1520

Huile sur toile transposée sur bois

Nîmes
Musée des Beaux-Arts

En 1833, tout en jouant le rôle de la princesse Négroni dans Lucrèce Borgia*, Juliette Drouet a rencontré Victor Hugo. Elle a abandonné sa carrière théâtrale ensuite et a consacré sa vie à son amant. Son dernier rôle a été celui de Lady Jane Grey dans « Marie Tudor » de Victor Hugo. Elle est devenue la secrétaire d’Hugo et son compagnon de voyage. Pendant de nombreuses années elle a vécu une vie cloîtrée, ne quittant la maison que pour son travail avec Hugo. En 1852, elle l'a accompagné dans son exil à Jersey, puis à Guernesey en 1855. Elle lui a écrit des milliers de lettres tout au long de sa vie, qui témoignent de son talent d'écriture selon Henri Troyat qui a écrit sa biographie en 1997.
Juliette Drouet est morte à Paris le 11 mai 1883 à l'âge de soixante-sept ans.

Pietro Francesco Mazzuchelli, dit Morazzone

Morazzone, près de Varèse, 1573 – 1626

La mort de Lucrèce

Première moitié du XVIIe siècle

Huile sur toile

Nîmes

Musée des Beaux-Arts


Lucrèce et Collatin
Sienne
3 e quart du XVe s
Petit palais
Avignon 
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Elisabeth de Gramont

Au temps des équipages - Mémoires

Les Cahiers Rouges – Grasset – 2017 – Première édition en 1928



P 172 :

Sarah Bernhardt (….) « lourde de soixante-cinq années, ayant une jambe de bois, trouve encore, pour persuader le duc de Ferrare, dans Lucrèce Borgia, les accents les plus enchanteurs que j’ai jamais entendus au théâtre. »

Jacques Réattu
Arles, 1760 – 1833
La mort de Lucrèce
Marseille, 1796
Huile sur toile
Musée Réattu

Arles


Jan Massys 
Anvers, 1509 - 1575
Tarquin et Lucrèce 
Vers 1550 
Lille 
Musée des Beaux Arts

Lucrèce, dame romaine vertueuse, fut victime d'un viol et se donna la mort. Les images de ce récit à charge plus ou moins érotiques étaient appréciées à la Renaissance. Le rouge de l'agresseur est symbole de pulsion. Le blanc de Lucrèce est le signe de l'innocence.

Anonyme 
Lucrèce se donnant la mort 
Huile sur toile
Troyes 
Beaux-Arts 

Dans un geste théâtral, la jeune femme s'apprête à plonger un couteau dans son coeur. Sa poitrine est dénudée.

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Anonyme

Italie

Mort de Lucrèce

Caen

17e s.

Huile sur toile

Musée d'art

NDLR: quelle belle poitrine!

Lucrèce se perce le coeur d'un poignard, ne pouvant supporter l'outrage de Sextus Tarquin.

En vengeant sa mort, elle provoque la chute de l'empire étrusque de Rome.

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Fécamp 
Musée les Pêcheries
Léon Olivié
1833 - 1901 
Le serment de Brutus sur le corps de Lucrèce 
1879 
Huile sur toile
Violée par Sextus, Lucrèce appelle auprès d'elle son père et son époux. Elle leur demande de la venger, puis se donne la mort.
Junius Brutus, neveu de son époux, s'empare du poignard et jure de la venger.
Il met fin à la royauté et permet le début de la République, en 509 avant J-C.
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Frédérick Lemaître

Portrait en buste

Le Havre

MUMA

Acteur, il devient l'un des grands noms du théâtre du Boulevard en interprétant, entre autres, "Lucrèce Borgia" et "Ruy Blas".

Une estime réciproque unit Victor Hugo et Frédérick Lemaître.

Il cite Hugo dans ses mémoires. Il a eu "le bonheur d'interpréter" ses oeuvres.

Hugo associe l'acteur "aux amis et alliés qu'il a reçus dans sa maison". Avec Lamartine, Delacroix, David d'Angers, Chateaubriand.

Frédérick Lemaître

Comédien

Paris 

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Page 409 – Frédéric Lemaître :

Jean-Claude Brialy, directeur du théâtre des Bouffes-Parisiens, rencontre, vers la fin de sa vie, Eric-Emmanuel Schmitt. Ils discutent de pièces de théâtre à jouer dans son théâtre et apprend que Schmitt a écrit une pièce pour Belmondo qui va interpréter Frédéric Lemaitre. « O rage ! O désespoir ! Frédéric Lemaître était l’autre grand personnage qu’avec Lacenaire j’avais toujours rêvé de jouer ! »

Jean-Claude Brialy

Le Ruisseau des Singes

Autobiographie

Robert Laffont – 2000

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En 2004, le compositeur Richard Dubugnon fait une découverte exceptionnelle : les partitions d'Adèle Hugo à Hauteville House.

La fille de Victor Hugo était aussi pianiste et compositrice. L'Orchestre Victor Hugo Franche-Comté propose ce vendredi la création mondiale.

Au total, avec d'autres partitions retrouvées au domicile parisien des Hugo place des Vosges, ce sont 17 mélodies pour voix et piano.

Quelques-unes des compositions, réalisées en autodidacte, de celle qui fut pianiste, ont été jouées pour la première fois le 31 mars dernier.

09 23

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François Truffaut

Pourquoi François Truffaut était-il connu ?

François Truffaut (1932-1984) est un cinéaste et critique français reconnu pour être l'un des fondateurs de la Nouvelle Vague, mouvement esthétique marquant du cinéma des années 60 – 70. (Lumni).

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 Jean Hugo.

Village de montagne.

1894 - 1984.

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