Louis
Aragon
La
semaine sainte.
Editions
Gallimard – 1958
Le
style :
Le
style est très précis. Des descriptions peuvent atteindre plus d’une demi-page.
Il faut chercher le sens en cherchant le sujet, et cela complique la lecture.
Un personnage peut porter plusieurs noms et il faut les relier entre eux
en suivant l’intrigue. Aragon utilise les prénoms et c’est difficile de savoir,
au début, qui parle. J’ai mis trente ou quarante pages a comprendre qu’il
faisait parler Théodore (= Géricault) ! Il use de deux négations dans une
phrase : « Ils ne lui permirent point de ne pas les
accompagner » au lieu de « Ils lui permirent de l’accompagner ».
1811
est une année de crise financière et alimentaire en France. C’est le début de
la fin de Napoléon. La France est ruinée (p 447).
Théodore
Géricault a participé à la fuite de Louis XVIII, quand Napoléon est revenu
prendre le pouvoir à Paris après son passage par l’île d’Elbe.
Le
bien, le mal, le sens de la vie, la nature de la France, tout s’est joué durant
cette semaine (p 422).
Géricault
a vingt ans (p 130).
Les
armées.
Trahir
la République ou le roi ? Le Duc de Chartres (= Louis-Philippe) fuit chez
les Impériaux avec Dumouriez en 1793 (p 198).
Le
général Labédoyère était passé à l’Empereur à Grenoble (p 71). Labédoyère
sera fusillé en novembre (1815 ?) (p 660). (1)
Le
capitaine Masson annonce que l’armée filera jusqu’à Essonnes. Il est
pour l’Empereur. (p 75).
La
défection du général Ney crée la défiance envers les militaires. Qui allait
trahir ? Qui croire ? (p 78).
Les
rudes soldats d’Exelmans ont dormi et saigné partout en Europe. Ils étaient les
vétérans de la Révolution française et les survivants de la Berezina (p 394).
Description
des costumes militaires : c’est un véritable défilé de mode :
Dolman
rouge dégrafé, soubreveste bleu roi (p 14). (2) et (3)
Culotte
de daim blanc (p 15).
Bonnet
d’ourson (p 20).
Vêtement
rouge, pantalon blanc et gris (p 26).
Les
officiers à cheval, avec l’épée au clair (p 47).
Pantalons
écarlates, plumet blanc sur le casque de cuir bouilli à chenille de crin noir
(p 69). (4)
Manteau
attaché à l’agrafe du col, casque à soleil, habit bleu-roi à retroussis
d’écarlate (p 77). (5)
Uniformes
à guêtres et culottes blanches (p 84).
Spencer,
bleu, rouge, or, cuirs, tenues fières (p 87). (6)
Redingotes
luisantes (p 139).
Bicorne
noir. Casque empanaché. Casaque rouge à brandebourgs d’or (p 104). (7)
Les
Grenadiers du roi portent un bonnet à poils (p 252).
Des
soldats traînent vers Lille, avec leur habit à la Henri IV (p 257). (8)
Manteau,
soubreveste, cuir des culottes (p 261).
Habit
rouge à revers, casque de feutre rouge, cocarde blanche (p 283).
Infanterie :
pantalon de tricot, capote et shako à plumet blanc, avec un sac à dos (p 393).
Lanciers
en plastron bleu barré de cuir blanc, gants blancs à crispin, selles de
mouton (p 737). (9)
Chansons :
« Et
veillons au salut de l’Empire » (p 88).
Chansons
de Béranger.
Germaine Montero "10 chansons de Béranger "
- 25 cms Pathé AT 1060 (1955).
« Partons pour la Syrie », (de
la Reine Hortense) (p 120).
« La
Carmagnole » (p 159).
Napoléon.
Il a
exigé du peintre Gros qu’il efface les généraux dont il était jaloux. Il devait
être au centre. (p 115).
Ses
surnoms : L’Usurpateur, l’Ogre, le Petit Tondu (p 126), le Tyran amoureux
de lui-même (p 135), le Brigand de Corse (p 171),
Les
femmes :
Madame
la Duchesse de Frioul est vêtue de palatine, de martre, de soie mauve, de mérinos,
de velours, de plumes, de noeuds et de rubans.
Fouché :
1815 :
Fouché, âgé de 52 ans, est recherché par la police (p 92). (10)
Il
reprend la direction de la police. Bonaparte a choisi la fraction d’Orléans.
L’art :
Le
Caravage a tué un tricheur au Jeu de Paume. Il était colérique. Il s’enfuit à
Malte. Il y est emprisonné en 1600. Il fuit en Sicile. Il s’y ennuie. A Naples,
il est emprisonné. Il meurt de maladie (malaria ?) (p 140).
Un
viol :
La
petite Denise a seize ans. Elle est servante à Beauvais. Aragon cache le nom de
l’illustre violeur de Denise pour deux raisons :
Il
ne veut pas que sa publication soit interdite et il ne veut pas donner raison à
ceux et celles qui soutiendraient ce viol.
« L’homme
n’est pas une bête » (p 331).
La
santé :
Le
docteur Jenner a trouvé la méthode pour combattre la petite vérole en 1800
avec La Rochefoucault-Liaucourt (p 366).
(11)
Les
tisserands :
Les
tisserands de village sont opposés aux tisserands des villes. Les maires
veulent les taxer comme des commerçants.
Différents
métiers : Les fileurs sur rouet à pied ou à manivelle. Les cordeurs.
Ils
sont partagés entre le travail de la terre et l’esclavage industriel.
Ils
travaillent jusqu’à onze heures du soir, quand ils sont levés à l’aube.
Dans
les asiles ou dans les prisons, les tisserands sont payés au rabais. Ils sont
payés à la pièce après avoir eu des retenues levées. Ils remboursent le métier à tisser avec leurs
faibles revenus (p 382).
La
Cène :
Géricault
réfléchit au sens de cette scène. NDLR : Remplace-t-il Jésus par Louis
XVIII ?
C’est le grand banquet avec Judas. « Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus. Encore un peu de temps, et vous me verrez encore. » (p 652).
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- Oui, Charles Angélique François Huchet de La Bédoyère a été fusillé le 19 août 1815 à la Barrière des Ministres dans la plaine de Grenelle, après avoir été reconnu coupable de trahison et rébellion. (Napoléon).
- Le dolman est à l'origine une veste militaire ajustée à la taille, portée par les hussards et chasseurs à cheval, avec une forme inspirée de vêtements turcs, importée en France sous Louis XIV, et caractérisée par des manches pendantes et des brandebourgs. (La langue française).
- La soubreveste est un vêtement sans manches porté par-dessus les autres vêtements, notamment par les mousquetaires et les chevaliers de Malte, dont l’étymologie provient du latin supra (sur) et vestis (habit). (La langue française).
- Le casque à chenille de cuir bouilli avec crin de cheval noir est un modèle rare, daté de 1842-1848, utilisé par les cuirassiers bavarois, doté d’un cimier en laiton, d’un masque orné d’un "M" gothique couronné, et de jugulaires à écailles plates fixées par des rosaces en forme de mufles de lion. (Musée grand est).
- Uniformes des artilleurs de la Garde royale (1815-1830) Régiment d’artillerie à pied : habit bleu de Roi ; parements, retroussis et passepoils écarlates ; boutons jaunes ; pantalon bleu de Roi. (Artillerie asso).
- Le spencer militaire du 19e siècle est une veste courte adoptée par les officiers, caractérisée par ses brandebourgs flottants et sa coupe croisée, souvent associée au dolon ou à la mode Empire, et portait notamment par les officiers des chasseurs d'Afrique. (Wikimonde).
- Définition de BRANDEBOURG. : Espèce d’ornement de broderie ou de galon qui entoure les boutonnières de certains habits. (Dictionnaire académie).
- L'habit d'Henri IV se caractérise par une simplicité et une modestie, avec des chausses grises bouffantes, un pourpoint sans décoration, et une écharpe blanche, reflétant ses valeurs de modestie et de refus du luxe. (Arcoma).
- Les gants blancs à crispin sont disponibles en paire, fabriqués en cuir blanc épais ou en coton avec crispin intégré, adaptés pour la garde au drapeau ou les cérémonies militaires. (Héritage militaire).
(10 ) En juillet 1810, Fouché est limogé pour avoir envoyé un émissaire à Londres sans en avoir avisé l'Empereur. Très surveillé, il n'est plus employé jusqu'au retour de l'île d'Elbe.
Il se voit alors confier à nouveau la Police Générale mais n'en use que pour assurer son propre maintien dans le ministère après le retour, qu'il juge inévitable, de Louis XVIII.
Cette trahison ne lui permet cependant pas de faire oublier son passé de régicide. C'est à Dresde, où il a été nommé ambassadeur dès septembre 1815, qu'il apprend la promulgation de la loi du 12 janvier 1816 qui le condamne à l'exil. (Napoléon et Empire).
- Edward Jenner a innové en 1796 en utilisant le liquide de vésicules de personnes infectées pour inoculer des sujets sains, créant ainsi la première forme de vaccination contre la petite vérole, ce qui a permis de réduire considérablement la maladie. (Gériatries).
La Rochefoucauld-Liancourt a été un pionnier dans la propagation de la vaccination contre la petite vérole, ayant établi un comité dédié et étant président perpétuel de cette institution, contribuant ainsi à la vaccination de millions d'individus en France. (Bordeaux 167 legtux).
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Tisserand – 18 e s
1. Le métier de tisserand au XVIIIe siècle
Au XVIIIe siècle, le tisserand était un artisan essentiel dans l’économie préindustrielle. Il travaillait principalement dans le secteur textile, un pilier de l’industrie européenne avant la révolution industrielle.
Contexte historique et social
· Organisation corporative : Les tisserands étaient souvent regroupés en corporations (ou guildes), surtout en France et dans les pays germaniques. Ces structures régulaient la formation, les tarifs et la qualité des produits.
- En France, les corporations de tisserands étaient très actives, notamment à Lyon (soieries), Rouen (draps), ou Lille (toiles fines).
- Les métiers à tisser manuels dominaient, mais des innovations comme le métier à navette volante (inventé par John Kay en 1733) commençaient à se diffuser, augmentant la productivité.
· Conditions de vie : Les tisserands travaillaient souvent à domicile (système de la proto-industrie ou Verlagssystem en Allemagne), mais leur situation économique était précaire. Ils dépendaient des marchands-fabricants, qui leur fournissaient la matière première et écoulaient les produits finis.
- Les canuts lyonnais, spécialisés dans la soie, deviendront emblématiques des luttes sociales au début du XIXe siècle, mais leurs conditions de vie difficiles étaient déjà visibles au XVIIIe siècle.
· Techniques et matériaux : Les tisserands utilisaient des fibres naturelles : laine, lin, coton (de plus en plus importé des colonies), et soie (notamment en Italie et en France).
- Les motifs et les couleurs dépendaient des teintures, souvent produites localement (ex. : teinture à l’indigo ou à la garance).
2. Figures historiques liées au tissage
Plusieurs personnalités du XVIIIe siècle sont associées au tissage ou à l’innovation textile :
· John Kay (1704–1780) : Inventeur anglais du métier à navette volante (1733), une innovation majeure qui a accéléré le tissage et réduit la main-d’œuvre nécessaire. Cette invention a jeté les bases de la mécanisation du textile.
· Jacques Vaucanson (1709–1782) : Ingénieur français connu pour ses automates, mais aussi pour ses travaux sur les métiers à tisser mécaniques. Il a conçu un métier à tisser semi-automatique, précurseur des machines du XIXe siècle.
· Les manufactures royales : En France, des manufactures comme la Manufacture des Gobelins (tapisseries) ou la Manufacture de Beauvais (tapis et tissus) employaient des centaines d’artisans tisserands sous le patronage royal.
3. Tisserand et Révolution industrielle
Le XVIIIe siècle marque la transition entre l’artisanat traditionnel et les prémices de l’industrialisation. Les tisserands ont joué un rôle clé dans cette évolution :
- Mécanisation : Les inventions comme la spinning jenny (1764, James Hargreaves) ou le water frame (1769, Richard Arkwright) ont bouleversé la production de fil, rendant le tissage encore plus central.
- Luttes sociales : Les tisserands, menacés par la mécanisation, ont souvent protesté contre les machines (ex. : luddisme en Angleterre au début du XIXe siècle, mais dont les prémices apparaissent fin XVIIIe).
4. Symbolique et culture
- Représentations artistiques : Les tisserands apparaissent dans des œuvres littéraires ou picturales comme symbole de travail patient et répétitif. Par exemple, dans "Les Souffrances du jeune Werther" (Goethe, 1774), le personnage de Charlotte est associée à des activités domestiques comme le tissage.
- Proverbes et expressions : L’expression "tisser sa toile" (au sens figuré) vient de l’image du tisserand qui construit patiemment son ouvrage, fil après fil.
5. Où trouver des traces aujourd’hui ?
Si vous cherchez des lieux, musées ou archives liés aux tisserands du XVIIIe siècle :
- Musées du textile :
- Musée des Tissus et des Arts décoratifs (Lyon, France).
- Musée du Textile (Roubaix, France).
- Deutsches Textilmuseum (Krefeld, Allemagne).
- Archives : Les archives départementales françaises ou les archives des corporations (ex. : série C aux Archives nationales) conservent des registres de tisserands. (Qwant)
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