Douglas Kennedy
La femme du Ve
Editions Belfond
2007
Depuis quand des preuves suffisent-elles à créer des certitudes ? (p 120). (1)
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(1)
La relation entre preuve et certitude a évolué au fil de l’histoire de la philosophie et de la science :
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Période |
Courant / Philosophe |
Vision de la preuve → certitude |
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Antiquité (≈ 4ᵉ siècle av. J.-C.) |
Aristote |
La démonstration logique (syllogisme) mène à une certitude déductive. |
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Moyen Âge (≈ 12ᵉ‑13ᵉ siècles) |
Thomas d’Aquin |
La foi et la raison se combinent ; les preuves théologiques offrent une certitude doctrinale. |
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Renaissance (≈ 16ᵉ siècle) |
Francis Bacon |
L’observation expérimentale devient la base de la certitude inductive. |
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Âge des Lumières (≈ 18ᵉ siècle) |
Descartes |
Le doute méthodique conduit à la certitude du « cogito ». |
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Époque contemporaine (19ᵉ‑21ᵉ siècles) |
Popper, Kuhn |
La certitude scientifique est provisoire ; les preuves falsifiables renforcent la confiance, mais ne garantissent jamais l’absolu. |
En résumé
- Dans la tradition aristotélicienne, une preuve logique suffisait à établir une certitude.
- Depuis la modernité, la certitude est considérée comme probable plutôt que absolue ; les preuves renforcent la confiance, mais la science accepte toujours la révisabilité.
Ainsi, la notion selon laquelle « des preuves suffisent à créer des certitudes » dépend du cadre épistémologique : elle était affirmée dans la logique déductive antique, mais est aujourd’hui vue comme conditionnelle dans la méthode scientifique. (Qwant).
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