Aux USA et en France : "T'as les moyens. T'auras tout. T'as pas les moyens? T'auras rien." "Tu veux mourir de mort violente? Tu te fais contrôler par la police." Le sexe n'est pas un "travail". Soutien aux Palestinien-nes , aux Libanais-es, aux Iranien-nes. En 1832, Jeanne DEROIN disait : "Plutôt le célibat, que l'esclavage (NDLR : du mariage)". En 2024, 1 adulte français-e sur 3 est célibataire. 726 180 vues. Google attaque mon blog en supprimant des articles. Je vais sur Qwant maintenant.
L’imam de Pessac, près de
Bordeaux, Abdourahmane Ridouane, est menacé d'expulsion pour
son soutien à la Palestine. (Contre-attaque)
France
: un imam menacé d'expulsion pour son soutien au Niger
et à la Palestine. (TRT Afrika)
Menacé d'expulsion, un imam du
Gard se défend de toute attaque contre le drapeau français. (La Croix)
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Palestine
Shaka Ponk
Collecte de dons.
Les
musiciens de Shaka Ponk s'engagent pour la cause palestinienne. Le groupe
français, qui assure actuellement sa dernière tournée avant de se
séparer, a lancé une collecte de dons "pour soutenir les
actions de l'Unicef en faveur des enfants de Gaza", victimes de la guerre
qui fait rage entre Israël et le Hamas. (BFMTv).
Le
groupe sous l'impulsion du groupe Shaka Ponk, des dizaines
d'artistes lancent le mouvement « All eyes on Gaza » pour les enfants de Gaza.
(UNICEF).
Une
aide humanitaire aux enfants palestiniens, un cessez-le-feu
immédiat et la libération des otages israéliens : ce sont les trois objectifs.
(La Voix du Nord).
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Palestine
Shaka Ponk
Nagui
Zazie
B Dalle
B Solo
Ayo
Suzane
I Maalouf
Zaz
J Starr
Collecte de dons
Shaka Ponk
lance l’initiative « Tous les regards sur Gaza » avec l’Unicef.
(…)
Le soutien de nombreux artistes.
Une liste
d’artistes engagés pour Shaka Ponk apparaît sur le site : Nagui, Zazie,
Béatrice Dalle, Bruno Solo, Rachida Brakni, Ayo, Suzane, Ibrahim Maalouf, Zaz
ou encore Joey Starr y figurent. (BFMTv).
Josefa Sanromán Castillo
(1829-1889) was a Mexican painter who made a name for herself at a time when
women were not allowed in the ArtAcademy. This is her occupational self-portrait, Interior de
Estudio de una artista, ca. 1849.
Josefa
Sanromán Castillo (1829-1889) était une peintre mexicaine qui s'est illustrée à
une époque où les femmes n'étaient pas admises à l'Académie des Beaux-Arts.
Voici son autoportrait au travail, Intérieur d'atelier d'une artiste, vers
1849.
Cette
œuvre, peinte à l'huile sur toile, est un témoignage rare de la pratique
artistique féminine à cette époque. Le titre même de l'œuvre souligne la
volonté de Sanromán de se présenter comme une artiste professionnelle,
et non comme une simple "amateur". À une époque où les femmes
artistes étaient souvent reléguées au rang de "señoritas pintoras",
Sanromán a cherché à redéfinir la féminité à travers son art,
défiant les normes sociales et idéologiques. (Qwant).
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Alice Pike Barney
Self-portrait
with palette – Autoportrait avec une palette
1906
Peintre
USA
Alice
Pike Barney était une peintre américaine connue pour
son autoportrait avec une palette réalisé vers 1906.
Ce tableau, en huile sur toile, mesure 84,5 x 61,3 cm et est
conservé au Smithsonian American Art Museum. (Photo 12).
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Gwen John
A Corner of the Artist’s Room in
Paris
Un coin de l'atelier de l'artiste à Paris
1907
Welsh
painter
Pays
de Galles
Gwen
John, une peintre galloise, a créé entre 1907
et 1909 l'œuvre "A Corner of the Artist’s Room in
Paris", un tableau représentant un coin de son atelier à Paris,
situé au 87 rue du Cherche-Midi.
La
peinture représente un coin tranquille et intime d'une pièce, avec une
composition simple mais évocatrice.
Un fauteuil en
osier drapé de tissu sombre à gauche.
Une table en bois
étroite à droite, sous une fenêtre ouverte.
Une lumière douce
entrant par la fenêtre, créant un jeu subtil entre lumière et ombre.
Un livre ouvert
sur la table et un manteau jeté sur le fauteuil.
L'œuvre
est conservée au National Museum Wales (Musée national du Pays
de Galles). (Qwant).
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Elisabetta Sirani.
Italie.
1638 - 1665
Artiste prolifique.
Professeure respectée.
1ère académie pour femmes en dehors d'un couvent.
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Elisabetta Sirani.
Sur qwant.
Père peintre et marchand d'art
A 17 ans, déjà 190 tableaux à son actif.
A 20 ans, 1 ère commande publique.
Ouvre l'Académie de San Luce à Rome.
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Marie-Denise
Villers
Young
Woman Drawing
Jeune femme dessinant
1801
Jeune femme dessinant (Portrait de Charlotte du Val
d’Ognes) – 1801
Acquis par le
Metropolitan Museum of Art (New York) en 1922, initialement attribué à
Jacques‑Louis David (neocc.marionmura.fr)
Réattribué à
Constance‑Marie Charpentier en 1977 (fr.wikipedia.org)
Réattribué à Marie‑Denise Villers
en 1996 par Margaret Oppenheimer, basé sur la ressemblance avec Une
jeune femme assise devant une fenêtre (fr.wikipedia.org)
Femme dessinant devant une
fenêtre brisée, vue d’une galerie du Louvre (neocc.marionmura.fr)
Derrière elle, un couple se
tient sur un parapet (neocc.marionmura.fr)
Effet trompe‑l’œil de la
vitre brisée décrit comme « tour de force » (neocc.marionmura.fr)
Le tableau n’est pas signé, ce qui a conduit aux erreurs
d’attribution (fr.wikipedia.org)
Exposée au Salon de Paris 1801, année où David boycottait
l’exposition (fr.wikipedia.org)
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4
Femmes dans un atelier de peinture
-
Adrienne Grandpierre-Deverzy - L'atelier d'Abel de Pujol – 1822
Adrienne
Grandpierre‑Deverzy (1798 – 1869) était une artiste peintre
française reconnue pour ses tableaux historiques et ses portraits. En
1822, elle réalisa le tableau « L’atelier d’Abel de Pujol »
qui représente son maître, le peintre néoclassique Abel de Pujol,
conseillant ses élèves dans son atelier. Cette œuvre a été exposée au
Salon des artistes français de la même année, un événement où les
femmes étaient encore minoritaires (67 sur 475 exposants, soit environ 14 %)
(histoireparlesfemmes.com)
Détails de l’œuvre
Support : huile sur toile
Dimensions : 0,98 m de hauteur ×
1,35 m de largeur
Lieu actuel : Musée Marmottan‑Monet
à Paris (inventaire P. 46.1.167) (musee.valenciennes.fr)
Contexte : La toile montre Abel
de Pujol debout sur un escabeau, entouré de moulages en plâtre, de
casques et d’armes, illustrant son intérêt pour l’antique et les grands
sujets historiques ou mythologiques. Le modèle central est placé au centre
de la composition, éclairé par un grand rideau rouge qui dirige la lumière
sur lui.
Signification
Cette
peinture témoigne de la relation étroite entre Adrienne
Grandpierre‑Deverzy et Abel de Pujol, qui fut d’abord son élève,
puis son ami et, plus tard, son second mari en 1856. Elle illustre également la
présence des femmes dans les ateliers d’art à une époque où
l’Académie des beaux‑arts et l’École nationale supérieure des beaux‑arts de
Paris les excluaient systématiquement. La sélection de l’œuvre pour le Salon de
1822 souligne la reconnaissance de son talent dans un milieu dominé par les
hommes (histoireparlesfemmes.com)
-
Catharina van Hemessen assise à son chevalet –Antwerp, Anvers – 1548
L’artiste se représente en train de peindre, avec
palette, pinceaux et chevalet à sa droite, et un visage esquissé dans le
cadre posé. L’inscription « Ego Caterina de Hemessen me pinxi 1548 Etatis
suae 20 » est visible en haut à gauche (biennaleofwomeninart.com)
Contexte
historique
Catharina van Hemessen (1528 – après 1565)
est la première peintre flamande féminine dont des œuvres vérifiables
subsistent.
Elle est née à Anvers et a été membre de
la Guilde de Saint‑Luc.
En 1554, elle épouse Kerstiaen de Moryn, organiste
à la cathédrale d’Anvers.
L’autoportrait a été réalisé à l’âge de 20 ans,
avant son mariage (estimonobjet.fr)
Lieu
de conservation
Le tableau est actuellement exposé au Kunstmuseum
Basel en Suisse.
Cette collection possède d’autres œuvres de Catharina
van Hemessen, notamment dans le Rijksmuseum (Amsterdam) et la
National Gallery (Londres) (biennaleofwomeninart.com)
-
Josefa Sanromán Castillo - Autoportrait - 1849 - Dans son atelier au Mexique
Josefa
Sanromán (1829‑1889) était une peintre mexicaine pionnière. En 1849, elle
réalise « Interior del Estudio de una artista » (ou Interior
of an artist’s studio), une toile qui se présente comme un autoportrait
dans son atelier à Mexico (taldiacomohoy.es)
La
peintre elle‑même debout devant un chevalet, en plein acte de peinture,
entourée de deux femmes (probablement ses sœurs Juliana et María
de Jesús). Le tableau montre également des œuvres religieuses accrochées
aux murs, notamment un portrait de Santa Teresa de Ávila que la
peintre est en train de réaliser (tumblr.com)
Première représentation d’une
femme artiste en action dans l’art mexicain du XIXᵉ siècle (tumblr.com)
Met en lumière la conception de la féminité
bourgeoise de l’époque, où l’activité artistique est encadrée par
la sphère domestique et la foi catholique (tumblr.com)
Renforce la position de la peintre
et de ses sœurs comme femmes dévotement engagées dans la création
artistique (tumblr.com)
-
Marie Victoire Lemoine - L'intérieur d'un atelier d'une femme peintre - 1789
Marie‑Victoire Lemoine (1754‑1820)
était une peintre française de la période révolutionnaire.
Elle a étudié auprès de François‑Guillaume
Ménageot et a travaillé dans la maison de Jean‑Baptiste‑Pierre
Lebrun (acquise par le marchand d’art) à côté de l’atelier
d’Élisabeth‑Louise Vigée‑Le Brun dans le 1ᵉʳ arrondissement de
Paris (fr.wikipedia.org)
À partir de 1779, elle vivait dans la maison de ses
parents jusqu’à ce qu’elle emménage avec sa sœur Marie‑Élisabeth(fr.wikipedia.org)
Elle
travaillait dans la maison de Lebrun (près de l’atelier de Vigée‑Le Brun) au
début des années 1770, puis a vécu chez ses parents à partir de 1779, avant de
déménager chez sa sœur. (Qwant).
Atelier de Tove Jansson
– studio à Helsinki (1956)
Contexte général du studio
Emplacement : 6ᵉ étage d’un
immeuble de la district Kaartinkaupunki à Helsinki, dans un bâtiment de
style Art‑nouveau construit dans les années 1910.
Acquisition : Tove Jansson a
acheté l’appartement en 1952 grâce à un prêt bancaire important, après
avoir loué le local depuis 1944 (kotona.com)
Aménagement : Le studio mesure
environ 8 m de long et de large, avec un plafond de 5,5 m. Il possède une
grande fenêtre haute et de petites fenêtres supérieures qui inondent
l’espace de lumière naturelle.
Équipements :
Un petit four à bois (anciennement utilisé pour
chauffer le foyer)
Un bain‑tub, priorité de Tove sur la cuisine
Un petit coin cuisine avec plaque à deux brûleurs
Un espace de travail dédié où elle dessinait,
peignait et écrivait ses histoires.
Rénovations : Dans les
années 1960, les architectes Raili et Reima Pietilä ont
isolé les murs, ajouté un grenier et créé un espace de couchage sur le
couloir, accessible par une rampe en spirale (kotona.com)
Usage : En 1956, le studio était
déjà la résidence principale et le lieu de création de Tove Jansson. Elle
y travaillait sur les bandes dessinées Les Moomins, peignait et
écrivait ses premiers romans.
État du bâtiment : Le local était
encore exposé aux vents forts de la côte et la température intérieure
pouvait descendre à 4 °C lorsqu’il faisait –17 °C dehors, comme décrit
pour les hivers de l’époque (kotona.com)
Vie quotidienne : Tove disposait
d’un bain‑tub et d’une petite cuisine fonctionnelle, mais il n’y avait pas
de cuisine complète. Elle utilisait le studio comme un « maison » où elle
se sentait libre de créer.
Relations : Sa partenaire Tuulikki
Pietilä vivait dans le même immeuble, et un passage d’attique
permettait aux deux de se voir et de partager des repas, créant un espace
d’échange artistique (moomin.com)
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Atelier
Lois Mailou Jones in Her Paris Studio
Lois Mailou Jones dans son atelier parisien
1938
Influential artist and educator who
emerged from the Harlem Renaissance.
Artiste et pédagogue influente issue de la Renaissance de Harlem.
Lois Mailou Jones dans son atelier parisien (1938)
Loïs Mailou Jones
était en plein séjour à Paris en 1937‑1938, où elle étudiait à
l’Académie Julian. Une photographie prise à cette époque montre la peintre en
pleine création dans son atelier, entourée de ses œuvres et d’un petit
chat qui se prélasse sur son épaule (instagram.com)
Contexte artistique : Ce moment
illustre la liberté d’expression que Paris offrait aux artistes afro‑américains,
loin des préjugés raciaux qui l’avaient empêchée d’enseigner aux États‑Unis (unjourdeplusaparis.com)
Éléments visuels : La photo
capture la concentration de la peintre, les pinceaux à portée de main, et
l’atmosphère intime de son studio à Montparnasse (sisyphe.org)
Signification : Cet instant est
représentatif de son séjour marquant à Paris, où elle a produit des œuvres
majeures comme Les Fétiches (1938) (fr.wikipedia.org)
« Loïs Mailou Jones,
dans son studio parisien, 1938 » – photo de 1937‑38, cat on shoulder,
painting in progress (instagram.com)
Lois Mailou Jones
Lois
Mailou Jones (1905 – 1998) était une peintre et enseignante
afro‑américaine dont la carrière a duré plus de sept décennies.
Influence artistique
Après une année sabbatique à Paris (1937‑1938),
elle a introduit dans ses toiles des motifs d’art tribal africain, très
prisés dans les galeries parisiennes.
Son mariage en 1953 avec le designer haïtien Louis
Vergniaud Pierre‑Noël l’a poussée à explorer les couleurs vives et
les motifs haïtiens lors de voyages annuels à son domicile (nmwa.org)
En 1970, elle a été nommée ambassadrice culturelle
par l’United States Information Agency, voyageant dans 11 pays
africains pour donner des conférences et visiter des musées, ce qui a
renforcé son intérêt pour les sujets africains dans ses œuvres de 1971‑1989
(nmwa.org)
Lois Mailou Jones a été une
figure centrale de l’art afro‑américain, alliant création artistique,
enseignement et diplomatie culturelle. Son parcours, marqué par des expériences
à Paris et en Afrique, a laissé une empreinte durable sur la scène artistique mondiale.
(Qwant).
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Karen Winslow
Self-Portrait with
Daughter Annie
Autoportrait avec sa fille Annie
1988
Oeuvre
représentant la peintre elle‑même aux côtés de sa fille Annie, illustrant un
lien maternel intime. (Qwant).
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Autoportrait présumé d’Adèle Romanée
(ou Adèle de Romance / Adèle Romany) avec sa fille (1799)
Adèle
Romanée (1769–1846), peintre française, est connue pour ses portraits
d’artistes et de membres de la bourgeoisie. Un tableau, attribué à elle,
représente une femme accompagnée d’une petite fille et est considéré comme un autoportrait
présumé de l’artiste.
Description de l’œuvre
Titre : Autoportrait présumé
de l’artiste en compagnie de sa fille
Technique : huile sur toile
Dimensions : 58,5 × 48 cm (selon
la description de la fiche Wikimedia)
Date : fin du XVIIIᵉ siècle ou
début du XIXᵉ siècle, probablement 1798‑1800
Lieu de conservation : Musée des
Beaux‑Arts de Rouen, France
Attribution : initialement
attribué à Jacques‑Louis David (1793), mais réattribué à Adèle
Romanée par des études récentes
Contexte historique et
provenance
L’œuvre a
été exposée au Salon de 1798 ou de 1800, sous le numéro 323
et le titre Portrait de l’auteur avec ses deux enfants
Le registre du Salon mentionne
deux autoportraits de l’artiste, l’un en 1800 et l’autre en 1810. Le
tableau en question pourrait correspondre à l’autoportrait de 1798, où la
petite fille serait Aglaé‑Emée Romany, la fille aînée
d’Adèle Romanée, alors âgée de dix ans
La ressemblance des traits avec le Portrait de
Jeanne‑Marie Mercier (1799, Musée du Louvre) et le Portrait d’une
harpiste (vers 1795, Musée des Beaux‑Arts de Lille) renforce
l’identification de la modèle comme la mère de l’artiste (alexis-bordes.com)
« Les registres du Salon mentionnent deux
autoportraits de l’artiste, l’un en 1800 et l’autre en 1810. Charles‑Paul
Landon, qui écrit à propos des tableaux d’Adèle Romanée au Salon de 1800, en
mentionne un autre peint par elle-même au Salon précédent, soit au Salon de
1798. Si ce tableau est, en effet, un autoportrait exposé au Salon de 1798 ou
de 1800, l’enfant peint par l’artiste serait Aglaé‑Emée Romany, la fille ainée
d’Adèle Romanée, alors âgée de dix ans »(commons.wikimedia.org)
Avec Alain Hayot et la commission nationale
culture du PCf, avec Pierre Dharréville, nous avons décidé d’organiser une
journée de soutien pour « l’Humanité ».
Marie-José Sirach
Un grand nombre de départ de journalistes va
avoir des conséquences importantes pour le journal. La rédaction est mobilisée,
fragilisée, mais elle reste debout. Depuis ces derniers mois, nous vivons dans
l’incertitude. Avec le désir, la rage au cœur et au ventre, nous souhaitons
poursuivre cette belle aventure qu’est le journal. Tous les jours, c’est un
miracle que le journal sorte. Il est intéressant, il est bien fait avec du cœur
à l’ouvrage. Ce journal a la particularité de tenir, de poursuivre son chemin grâce
à la solidarité active de ses lecteurs.
Marie-José Sirach
A Radio France, plusieurs centaines d’emplois
sont menacés (entre 350 et 380). Canal Plus, ça vient de tomber (entre 300 et
500 emplois). Ca ressemble à un plan social qui ne dirait pas son nom. La
presse est un des piliers fondamentaux de la démocratie. Si la presse prend des
coups, si l’Etat faiblit, si les pouvoirs publics ne prennent pas leur
responsabilité, c’est la démocratie qui vacille.
Jean-Louis Martinelli lit
Michel Boué
HAUTE
COUTURE LE DÉFILÉ YVES SAINT LAURENT À LA FÊTE DE L'HUMA
Mardi, 8
Janvier, 2002
Lors de l'édition 1988 de la Fête de l'Humanité, le public de La
Courneuve découvrait, émerveillé, les créations du grand couturier Yves Saint
Laurent. Un défilé organisé sur l'initiative de notre collaborateur Michel
Boué. Voici le compte rendu qu'il en donnait dans nos colonnes.
Yves Saint-Laurent
Paris
Champs-Elysées
La grâce et les larmes
Le triomphe populaire des modèles du couturier vendredi soir, est une
grande première culturelle.
On parle de cinquante mille admirateurs...
Un jour de rêve. Dès l'aube, on scrute le ciel, on consulte la météo.
Nuageux sans pluie. Ouf ! Une ondée annulerait forcément le défilé des pièces
de collection que sont les modèles de haute couture. Et un climat dissuasif
ravirait les méchantes langues qui rêvent d'un bide pour cette grande première
: l'art de la mode à la Fête des communistes.
10 heures du matin, départ survolté depuis le luxueux siège d'YSL. Au
numéro 5 de l'avenue Marceau, on est sur le pied de guerre. Deux bus démarrent.
· bord, cent participants griffés YSL : quarante mannequins, habilleuses,
coiffeurs, encadrement. Un voyage exotique pour nos belles, les tops models les
plus recherchées du monde qui vont croiser à l'arrivée les Garçons Bouchers en
répétition. Le choc des mondes.
Trois heures de répétition, en tenue, sous la baguette exigeante de
Claude Licard. " Pas de défilé au rabais, a prévenu Pierre Bergé. Ce doit
être plus parfait que jamais. " Les camarades des chantiers alentours
rappliquent, écarquillent les yeux et applaudissent. Déjà. Bon signe.
· 16 heures, pique-nique. Puis balade parmi les stands, avant la
réception offerte par l'Humanité à la maison de couture. Mme Saint Laurent mère
en est, mais pas Yves, absent hélas. 20 heures : les " filles ", déjà
gâtées par la nature, sont entre les mains des maquilleurs qui en feront de hiératiques
déesses. Le général en chef Bergé passe les troupes en revue. L'heure H
approche et l'anxiété monte. Viendront-ils ? Aimeront-ils ?
· 20 h 45, une chape de glace nous tombe dessus. La pelouse est déserte
alors que déjà les invités s'entassent dans le pré carré au pied de la scène.
C'est qu'on est vendredi, les travailleurs ont gagné au dernier moment
La Courneuve. Et le miracle a lieu : Francis Crémieux fait les présentations.
En un quart d'heure, la pelouse est noire de monde : cinquante mille personnes
disent des dépêches. Serait-ce moins, c'est déjà considérable. Mais qu'en
diront-ils ?
Nuit noire. Décor noir. Mannequin noir. Tailleur, pantalon noir. Une
reine africaine descend l'escalier : c'est parti ! C'est parti pour cinquante
minutes d'enchantement mémorable. Dans l'idéale douceur du soir, cent
trente-cinq merveilles vont nous époustoufler : alternance des séries noires et
des festivals de couleurs ; d'hiver et d'été ; de jour et de soirée ; de motifs
cubistes et de fauves. L'ensemble est d'une majesté grandiose, d'une rigueur de
mouvement parfaite, d'une grâce saisissante. Une sorte d'apesanteur semble
baigner les passages. Une irréelle lenteur. Entre les tableaux, un silence
tendu révèle un public suspendu à la prochaine apparition.
Au début, la foule semble frappée de stupeur. Et puis commencent à
monter les bravos. " Extraordinaire, lance Pierre Bergé, ils préfèrent
exactement les meilleurs modèles. " L'instinct de l'élégance. " Les
mannequins n'ont jamais aussi bien défilé ", constate Christophe Girard.
Tendues au départ, elles vont vite comprendre. Comprendre que ce public,
innombrable, a lui aussi compris. Compris que la couture est une peinture et
une sculpture ; qu'un mannequin n'est pas une femme objet, mais que son métier
est de magnifier sa robe en la faisant bouger sur le corps ; que Saint Laurent
est un artiste à part entière et non un marchand de vêtements chers pour femmes
riches ; qu'il est venu voir et non acheter. " Ce soir, dit une fille,
j'ai l'impression que toute cette beauté est pour nous. " Elle a tout
pigé. Ils ont tous pigé, l'esprit dans lequel l'Huma a conçu cet événement
politique d'une certaine façon, finalement. C'est aussi un hommage aux
ouvrières de la haute couture avec qui nous avons fait un débat hier sur la Fête
(on en reparlera).
On lit sur les visages un ravissement presque incrédule. Des gens
pleurent. En coulisses, les salves de vivats sidèrent Frank et Robert, les deux
assistants de Saint Laurent qui mettent la dernière touche (le petit rien qui
fait tout le chic de la maison) au tableau du maître. Et quand, à la fin, la
traditionnelle mariée surgit du néant dans son fourreau blanc empesé de
colombes, le parterre se lève pour une ovation triomphale. Les mannequins
quittent la scène à regret, bouleversées. Le clan Saint Laurent est aux anges.
Des rappels tambourinent. En vain. C'est déjà fini.
Un rêve est passé vendredi par La Courneuve, il s'y était arrêté. Merci
Monsieur Saint Laurent.
Michel Boué
Jean-Pierre
Léonardini parle de Michel Boué.
Il
écrit des chroniques théâtrales dans l’Humanité.
Il a écrit un livre « Qu’ils crèvent les
critiques » qui a été PRIX DE LA CRITIQUE 2018,pour le Meilleur livre sur le théâtre.
Michel Boué venait du « front homosexuel
hohenzollern » *, et il était communiste. Il a été adopté et plébiscité
par la rédaction. Il avait un grand talent. Il a écrit un très beau livre
« Le roman de la robe ». Il y racontait son aventure avec la haute
couture. Avec Claude Cabanes, le rédacteur en chef de l’époque, ils avaient
décidé qu’il y aurait une rubrique mode dans « L’Humanité ». Ce qui
n’allait pas soi. Le journal était un organe de lutes des ouvriers et d’émancipation
des travailleurs. Le travail de la mode est le travail de la beauté. Maurice
Thorez, après la Libération, défend la haute couture et les articles de Paris.
Jean-Pierre
Léonardini et le travail sur l’intelligence de « L’Humanité »
Ce
travail de réflexion sur l’intelligence, sur la culture et la raison, est une
des raisons d’être du journal de Jaurès. Il a commencé avec tout ce qu’il y
avait de grands intellectuels. Ca va d’Anatole France à Léon Tolstoï. J’ai
commencé à être le plus jeune dans ce journal. Et je suis le plus vieux
aujourd’hui. Je parle en qualité de doyen vénérable. Si ma voix tremble, c’st
d’émotion.
Jean-Pierre
Léonardini et les intermittents.
On
ne demande plus aux journalistes de « L’Humanité » d’être encartés,
mais d’avoir de la sincérité. C’est depuis 1993. Avant, nous étions tous des
permanents du parti. C’était un acte volontaire. Je pense que l’on ne s’engage
pas mais qu’on « adhère ». On « colle ». Et on ne peut pas
se décoller. L’année de la lutte des intermittents (2014), nous étions en plein
dans la critique sociale et politique. Nous avions passé deux ou trois heures
avec une intermittente pour nous expliquer toutes les subtilités techniques et
administratives. On a pris des notes (ils étaient deux journalistes, NDLR). En
rentrant on a essayé de retranscrire la plupart de ses propos parce qu’on
n’avait pas tout compris.
Julie Brochen lit Muriel Steinmetz
MAGUY
MARIN : UN LION D’OR POUR UNE ARTISTE INSOUMISE
Lundi, 27
Juin, 2016
Après Pina Bausch et Anne Teresa De Keersmaeker, la chorégraphe
française a été distinguée à Venise, où elle nous a accordé un entretien.
Venise, envoyée spéciale.
Le 18 juin, date historique s’il en est, Maguy Marin a
reçu de Virgilio Sieni, directeur artistique de la Biennale internationale de
danse de Venise, la récompense suprême qu’elle a aussitôt dédiée à sa mère,
Louisa, et à sa fille, Louise. Elle s’est également réclamée de Pasolini. Elle
est arrivée en train de Montpellier parce qu’elle redoute l’avion et nous a
reçus dans son hôtel dès son arrivée.
Un
lion d’or, c’est impressionnant…
Maguy Marin :
Je suis reconnaissante envers Virgilio Sieni d’avoir pensé à moi. Le lion d’or
récompense un parcours et une vie dédiée à la danse. Cela signifie aussi que
l’on n’a plus 20 ans. On mesure la somme de ce que l’on a accompli. On
pense aussi à ceux grâce à qui cela fut possible. Je reçois donc ce prix en mon
nom mais je mesure aussi combien mon parcours n’aurait pas été le même sans de
multiples rencontres.
Vous
avez toujours pensé que la danse, le théâtre et l’art en général ne sont jamais
coupés de la réalité sociale. Dans ces moments durs que traverse aujourd’hui la
France, le pensez-vous plus que jamais ?
Maguy Marin Oui,
évidemment. Nous sommes dans une situation vraiment très difficile.
Personnellement, il me semble que quelque chose est arrivé à saturation et que
du nouveau dans le champ politique commence à émerger, comme Nuit debout. Il va
falloir songer à « organiser notre pessimisme », comme disait Walter Benjamin.
Au lieu de s’attarder dans l’impuissance d’agir, il nous faut envisager de
coopérer, même de manière locale, pour contrer les dégâts monstrueux du
néolibéralisme. Je ne pense pas à une révolution mais à des actes posés de
résistance. Il y a déjà eu dans notre histoire des gens qui ont lutté contre de
telles machines infernales. Je pense notamment à mes parents, à tous ceux qui
ont résisté durant la guerre. Même dans leur façon d’être, dans leur travail au
quotidien, dans leur rapport avec l’autre au sein du couple, certaines
personnes, au lieu de penser à se sauver elles-mêmes, ont sauvegardé une
certaine idée de l’humain. Ce sont des exemples. J’arrive à un âge où je pense
aussi beaucoup à transmettre à des jeunes gens.
Vous
aviez choisi en 2010 de quitter la direction du centre chorégraphique national
(CCN) de Rillieux-la-Pape…
Maguy Marin En
effet. Personne ne m’avait demandé de partir. Il s’agissait d’un choix conscient
et responsable.
Cela
vous a-t-il permis d’être plus libre encore maintenant ?
Maguy Marin La
différence est qu’avec moins de moyens financiers nous sommes moins nombreux,
et donc cela se passe mieux entre nous dans le travail. Lorsqu’on se trouve à la
tête d’une telle institution, un CCN, on a en main un lieu ressource et donc on
a affaire à des gens qui sont en demande matérielle. Désormais, c’est
différent. Ceux avec qui je travaille sont dans une position moins
hiérarchique. Nous sommes tous alors en demande. Cela oblige à une
collaboration permanente.
Avez-vous
le sentiment d’un désengagement officiel en France dans le domaine de la chose
artistique publique ?
Maguy Marin Absolument.
L’aide de l’État se dégrade et ce n’est pas d’aujourd’hui. Dès qu’on répond à
des choix censés émaner des électeurs, sous couvert de s’adresser en toute
simplicité au peuple, on tombe dans le populisme. Du coup, l’exigence
artistique ne peut pas être comprise et l’on nous taxe volontiers d’élitisme.
Il y a aussi que les noms des artistes les plus connus, chorégraphes, metteurs
en scène, plasticiens, ne servent plus que de vitrine. Chez eux, la question de
l’art ne se pose plus vraiment. Ils ne sont plus qu’admirés. Il est une autre
possibilité, le partage convivial et social de la culture, par exemple ce qu’il
se passe avec la Semaine du tango. Pourquoi pas ? C’est formidable, mais il y a
quand même un grand fossé entre toutes ces pratiques. Ne jamais oublier que
l’art crée aussi de la culture. En interrogeant les œuvres et ceux qui les
produisent ainsi que ceux qui les regardent, on travaille aussi le politique.
Or, il y a de moins en moins de lieux où cela s’effectue.
Qu’en
est-il, selon vous, de l’actuelle condition dite des intermittents ?
Maguy Marin :
Si le Medef n’est pas d’accord et si l’État cède là-dessus, on court à la
catastrophe. Ce soutien à la culture et à l’art est essentiel. Sinon, c’est le
fait du prince.
Les
honneurs pleuvent cette année, notamment à Dijon auprès des jeunes compagnies
de théâtre, à qui vous avez été donnée en exemple pour les formes modernes et
la conception de l’art aujourd’hui qui est la vôtre.
Maguy Marin C’est
l’âge aussi qui veut ça et le fait que j’ai perduré. C’est curieux tout de même
ces hommages rendus à un moment donné. Je ne crache pas dans la soupe. Je pense
au temps qui passe mais je me sens très ancrée dans mon présent. Ce qui
m’intéresse, je vous l’ai dit, c’est la transmission. L’invitation mérite la
peine, car elle permet de rencontrer des jeunes gens, de voir leur travail. On
s’inspire tous les uns des autres. Pour moi, ce fut Pina Bauch mais aussi
Giorgio Strehler, Tadeusz Kantor, Merce Cunningham et même Marcel Duchamp et
Giacometti. Tous ceux qui ont travaillé, écrit, laissé des œuvres. Cela
nourrit. Quand on est jeune et qu’on ne connaît pas encore grand-chose, c’est
chez ceux-là qu’on peut et qu’on doit puiser des forces. J’en ai cité plusieurs
car aucun d’eux n’est unique.
Parlons
de l’état des lieux de la danse contemporaine. Sommes-nous dans une période de
progression, de découverte, ou cela tourne-t-il un peu en rond ? Le goût des
formes nouvelles est-il présent ou déserte-t-il ?
Maguy Marin Je
ne vais pas voir beaucoup de danse. Ça m’a toujours un peu ennuyé (rires).
Kantor m’a mille fois plus touchée que maints spectacles de danse dite
contemporaine. Et j’en reviens toujours à Pina Bausch. Je me sens plus proche
de ce type de recherche. Cela fait longtemps que nous sommes dans une période
charnière. Il faut du temps à un mouvement artistique pour s’imposer. Les
éléments couvent de façon souterraine, se perdent, disparaissent avant
d’émerger. Il faut parfois attendre vingt ou trente ans. Il me semble qu’en ce
moment ça bouge et que ça va mûrir. Entre les années 1980, qui ont vu exploser
la nouvelle danse française, et aujourd’hui – depuis 1990 –, des
formes hybrides ont émergé entre musique et corps, théâtre et corps, arts
plastiques et corps, dispositifs et voix. Tout cela se côtoie beaucoup plus
qu’avant. Il y a un frottement fécond entre les disciplines. Je pense au
cirque, et notamment aux artistes de Trottola et à Bonaventure Gacon, qui sont
très contemporains tout en ne reniant pas l’héritage de la tradition avec
roulottes et caravanes. Ils inventent des formes neuves, sans doute parce
qu’ils ont rencontré du théâtre, comme celui du Radeau, de François Tanguy, et
de la danse. On a là une forme circassienne avec des poussées théâtrales,
musicales et chorégraphiques. Plus question de numéros de cirque.
Et
vous, où en êtes-vous maintenant ?
Maguy
Marin J’ai quitté le CCN de Rillieux-la-Pape il y a trois
ans avant de me rendre à Toulouse, ma ville natale, dans l’espoir d’y fonder un
espace pour la danse. Cela n’a pas eu lieu. J’avais acquis une ancienne
menuiserie près de Lyon en 1997. J’en avais fait un lieu de résidence et de
formation pour les artistes baptisé Ramdam. Nous avons aujourd’hui décidé
d’investir cet espace avec ma compagnie de douze personnes. Nous avons pour
projet de l’agrandir, d’autant plus que trois compagnies s’associent à nous.
Prochaine création en 2017.
Maguy Marin
Chorégraphe
Entretien réalisé par Muriel Steinmetz
Laurent Eyraud-Chaume lit Jean-Emmanuel
Ducoin
LES
VERTIGES DU VENTOUX
Lundi, 22
Juillet, 2002
Le " géant de Provence " est devenu au cyclisme ce que
l'Himalaya est aux alpinistes. Bien plus qu'une simple montagne à gravir.
Mont Ventoux (Vaucluse),
envoyé spécial.
Un massif calcaire tondu comme un moine sur lequel le soleil s'appesantit.
De loin, d'où qu'on vienne, du nord, du sud ou d'ailleurs, on dirait un espace
lunaire paradisiaque qui vous tend les bras, offrande des dieux oubliés aux
hommes d'en bas. Mais de près, c'est un monde en réduction qui crée des
personnages à sa démesure. " J'ai plus souffert dans le Galibier, ou
l'Izoard. Mais qui s'en souvient ? ", déclara un jour Miguel Indurain. Le
mont Ventoux n'est ainsi ni plus raide, ni plus long, ni plus haut que bien
d'autres sommets dressés pour anéantir le plus courageux des cyclistes.
Il y a quelques années, Bernard Thévenet, double vainqueur du Tour (1975
et 1977), confessait dans nos colonnes : " Je n'y ai pas de souvenir
particulier. Je dis ça, mais de cette ascension de 1970, lors de mon premier
Tour, comme de celle de 1972, je peux presque jurer que j'ai gardé chaque mètre
en tête. " Le " mont chauve " impressionne les mémoires. Les
torture. Les éclaire. Dressé au-dessus de Carpentras, dans les odeurs de
garrigue et de sécheresse, le " géant de Provence " honore encore et toujours,
à chaque passage du Tour de France, le mode onirique et nostalgique.
" On y était. "
" Nous l'avons gravi, si, même que je me suis arrêté quatre fois.
"
" C'était avec l'Aronde, en quelle année déjà ? "
Livres d'images mémoire à destination des peuples, à feuilleter en
famille - celle du vélo et les autres. Entre le village de Bédoin, hissé à une
centaine de mètres au-dessus du niveau de la mer, et le sommet à 1 909 mètres,
22 kilomètres d'ascension presque ininterrompue avec des raidards à 14 % dans
la chaleur du flanc sud. " Le matin du Ventoux, c'est jamais un matin
comme les autres ", raconte Lucien Van Impe, vainqueur du Tour en 1976. Et
il ajoute, les yeux lumineux, lui le grimpeur originel : " C'est un
mélange de peur et d'envie. Le Ventoux est un mythe pour le participant du
Tour, et je ne sais pas pourquoi... "
De génération en génération, on se récite les mêmes histoires. Comment,
par le versant de Malaucène, celui où, sitôt passé la source de Notre-Dame du
Groseau, s'élèvent des rampes sans fin, ou par l'abrupt côté de Bédoin, celui
où la route se dresse brutalement au milieu d'une forêt artificielle avant de
se perdre dans les éboulis, des coureurs perdent la raison, leurs forces et
parfois la vie. On le dit. Et si, comme l'a écrit Roland Barthes, " le
Ventoux est un dieu du Mal auquel il faut sacrifier ", alors ce dieu
jalousé et aimé n'accepta jamais qu'on lui dispute son aura.
Elle vint pourtant tardivement sur les routes de la Grande Boucle. Le 22
juillet 1951 exactement. Ce jour-là, le mont renvoie Fausto Coppi en personne à
son humanité géniale. Dévasté par la mort de son frère, Serse, il mène une
course sinon fantomatique, du moins évasive, de l'autre côté du miroir. Et même
l'année d'après, alors qu'il s'est joué du Galibier avec l'aisance des
seigneurs, corps magnifique, c'est Jean Robic qui le prive des superlatifs et
d'une légende dont il ne souffrira pas.
Le vent souffle. L'angoisse monte en dedans quand commence à serpenter
la route, au milieu de quelques pins. C'est dans l'un de ces virages d'ombre et
de lumière que Ferdi Kubler avait attaqué en 1955. " · côté de lui,
Geminiani lui a dit : "Attention, Ferdinand, le Ventoux n'est pas un col
comme les autres", conte Raymond Poulidor. Kubler lui a répondu : "Ferdi
n'est pas non plus un coureur comme les autres !" Quelques kilomètres plus
haut, le Zurichois franchit la crête et c'est dans la descente qu'il perd pied.
" Il a posé son vélo, il hennissait et s'insultait tout seul. " Le
soir, en Avignon, après avoir abandonné le Tour et mis fin à sa carrière, le
coureur délirait encore dans son lit et hurlait devant ses proches :
"Ferdi, il est trop vieux. Il a mal. Ferdi s'est tué ! Ferdi s'est tué
dans le Ventoux !" "
" J'y ai emmené mon fils avec la R 16. Fallait qu'il voit ça une
fois dans sa vie. C'était sous Giscard, je crois... "
" Moi, j'ai vu Indurain s'y envoler comme un ange et laisser Eros
Poli franchir le sommet en tête, puis gagner à Carpentras. "
" Moi, je n'y ai vu qu'une stèle avec "Tom Simpson"
marqué dessus. "
1967. Le 13 juillet, 13e étape. Là où les arbres disparaissent, là où le
Ventoux ressemble à la Lune, bien après Chalet-Reynard, il n'est plus que
désert de caillasse illuminée par une blancheur chaude. Roger Pingeon grimpait
avec un groupe en tête sans savoir qu'il serait vainqueur à Paris quelques
jours plus tard. Ce sont ces derniers kilomètres, ceux qui répondent par la
violence à la violence des hommes, qui ont tué l'Anglais Tom Simpson. L'immense
journaliste Pierre Chany l'a écrit : " Simpson monte au ralenti, le regard
perdu, la tête inclinée sur l'épaule droite selon une attitude qui lui est
familière. " La chaleur conjuguée aux produits dopants vont précipiter un
collapsus cardiaque qui le jette à terre. Chany : " Deux à trois cents
personnes forment un cercle, ignorant sans doute qu'un homme est en train de
mourir. Sur la route, une trentaine de coureurs attardés passent sans un
regard, trop préoccupés par leur propre souffrance. " Point final.
" Devant la stèle, j'ai vu de drôles de boyaux recroquevillés,
laissés par des cyclotouristes. "
" Certains y déposent des abricots séchés. "
" On dit que Jacques Anquetil y a pleuré, longuement. Mais c'était
Anquetil. "
Pour Raphaël Geminiani, " volonté et maîtrise de soi " sont les
deux seules armes pour " gravir la bête ". " C'était mon col
fétiche, explique-t-il. Bobet et moi, on partait du principe que si c'était dur
pour nous, c'était encore plus dur pour les autres. " L'homme sait de quoi
il parle, pour l'avoir toujours à peu près dompté, en 1951 comme en 1952, ou en
1955, et en 1958, année où il prit le maillot jaune au terme d'un
contre-la-montre de légende remporté par Charly Gaul. " Bien sûr,
poursuit-il, le Ventoux par Bédoin, c'est terrible car dans les huit premiers
kilomètres, on se sent comme un poisson hors de l'eau. Une fois qu'on quitte le
bois, on se dit : ouf ! ça va mieux... sauf qu'au sommet le soleil du Vaucluse
brûle tout ce qui se présente. "
Et que peut en dire Eddy Merckx ? 1970 encore : le " cannibale
" s'écroule sitôt la ligne franchie. Comme une vengeance. Le plus beau
palmarès de l'histoire de la petite reine avait oublié qu'on ne peut s'octroyer
une chose inestimable sans en payer le prix. Victoire, mais plus de souffle
pour le Belge. Il chute de l'estrade. Se relève. On le place sous une tente à
oxygène, tout comme son dauphin Martin Van Den Bossche. Les statisticiens
diront qu'il tournait les jambes trop vite : 74-75 tours par minute (que dire
d'Armstrong, alors ?). Les mystiques diront, moins modestes, que le Géant,
humilié par cette jeunesse arrogante, s'était rebellé. " Le feu, j'avais
le feu dans la poitrine ", pleurera longtemps Merckx, comme s'il fallait
que ce souvenir-là et nul autre hante ses sommeils. Et Thévenet de témoigner : "
Moi, j'étais cinquième, c'était ma plus belle place depuis le départ et je
m'étais donné à bloc. J'étais sans voix, sans respiration. Moi aussi, je
n'aurais pas dit non au masque, mais c'est lui qui a tout eu. "
" Mon grand-père a voulu monter avec la Traction : le moteur a
explosé à six bornes du sommet. "
" J'ai vu des plantes qu'on ne trouve qu'au Groenland. Enfin, il
paraît. "
" Au début du printemps, la route lisse est bordée de pylônes jaune
et rouge encore couverts de résidus neigeux. "
Et tout là-haut, alors, qu'y voit-on ? Et pourquoi ? Et qu'y ont vu les
Jean Robic, Louison Bobet, Raymond Poulidor, Bernard Thévenet, Jean-François
Bernard, Marco Pantani et tous les autres, lorsque, seuls, insolents et
miraculés, ils ont bénéficié de la clémence du mont ? Lorsqu'il affronta le
" géant de Provence " pour la première fois, Louison ne l'avait
jamais monté et disait : " Celui-là, il ne faut pas aller le voir ! "
Le Ventoux prend. Le Ventoux dispose. Peu importe le statut et les honneurs, le
rang et les victoires, là comme ailleurs rien ne remplace les soupirs d'effroi
des anonymes. Vertiges.
Jean-Emmanuel Ducoin
P. S. Ce n'est peut-être qu'une rumeur, mais à l'endroit même où la
stèle dédiée à Tom Simpson se dresse, on dit que le cour des coureurs
augmenterait soudainement de quelques pulsations. Les scientifiques cherchent
des explications.
Acte désespéré des grévistes quand la direction de Radio France refuse de les écouter.
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Patrick Le Hyaric explique les changements financiers pour l'Humanité qui a été sauvé par le tribunal. ---------------------- Lire aussi: