Belgique : le féminicide de Silvilene Rocha à Marche-en-Famenne met en lumière les violences faites aux femmes prostituées.
Dans la nuit du 12 au 13 juillet, Silvilene Rocha, une femme brésilienne en situation de prostitution, a été tuée à coups de machette à Marche-en-Famenne. Une deuxième femme a été grièvement blessée. Le suspect, Noah C., 20 ans, est depuis passé aux aveux.
Des associations féministes soulignent la vulnérabilité particulière des femmes prostituées face aux violences : "Elles sont stigmatisées, considérées comme inférieures aux autres, comme si leur vie importait peu", déclare aux Grenades l’association isala. La coordinatrice de la Plateforme Féministe contre les Violences Faites aux Femmes, Aline Dirkx, rappelle que ce meurtre, commis par un inconnu de la victime, correspond à la définition légale belge du féminicide non intime, et dénonce la manière dont les médias ont traité l’affaire en culpabilisant la victime plutôt qu’en se concentrant sur l’auteur des faits.
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Pourquoi nous parlons de « personnes en situation de prostitution » et non pas de « travailleuses du sexe ».
Le combat féministe porté par Osez le Féminisme se traduit notamment par une réflexion sur la portée politique des termes que nous employons. La déconstruction des éléments de langage qui normalisent les inégalités présentes dans la société et la promotion d’une terminologie qui dénonce pleinement leur caractère systémique sont des éléments historiques des luttes contre toutes les formes d’oppression.
(…) Parler de “travail du sexe” est d’autant plus problématique que la prostitution entretient un lien indissociable avec la traite des êtres humains. La traite à des fins d’exploitation sexuelle constitue en effet la deuxième forme la plus répandue en Europe (36%), après le travail forcé (42%)⁶. La grande majorité des victimes de traite sont des filles et des femmes exploitées dans le système prostitutionnel. Ces dernières sont souvent recrutées par de fausses promesses d’emploi, de formation ou d’une vie meilleure. La prostitution crée la demande qui alimente ces réseaux de traite humaine. Loin d’endiguer ce phénomène de traite, la légalisation de la prostitution en démultiplie l’ampleur en créant une demande que le marché légal seul ne peut absorber. En Allemagne par exemple, seulement 30 6000 personnes en situations de prostitution étaient officiellement enregistrées en 2023 là où les estimations réelles oscillent entre 150 000 et 700 000. Cet écart est révélateur d’un marché souterrain massif. Par ailleurs, 456 victimes de traite à des fins d’exploitation sexuelle ont été recensées en 2024 en Allemagne, soit une hausse de 8,6% par rapport à 2023. Ainsi, la légalisation offre aux réseaux criminels un marché parallèle opaque où l’exploitation des femmes et des filles est encore plus difficile à détecter⁷.
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