Régine
Deforges
L’enfant
du 15 août
Mémoires
Editions
Robert Laffont.
2013
Homosexuelle,
elle a été durement punie à l’adolescence, en étant renvoyée du collège en 3e.
Elle n’a pas poursuivi d’études. Son premier mariage est sans amour. Sa maison
d’édition de livres érotiques la menée au bord du gouffre. Elle a failli être
jetée en prison.
Elle
était dépressive et a lutté avec ses petits poings pour tenter d’imposer sa
liberté. Elle a souvent perdu. Jean-Jacques Pauvert (1) ne l’a pas épousée, ils
avaient une fille ensemble. Il l’a déçue. Elle s’est plus amusée avec les
femmes qu’avec les hommes. Elle s’est demandée pourquoi elle s’était infligée
tous ces mauvais traitements pour des hommes qu’elle n’aimait pas. Elle a
côtoyé le gratin parisien qui ne l’a pas aidée quand elle a connu des
difficultés financières. C’était le « chacun pour soi ». Toute sa
vie, elle a cherché à être acceptée et aimée (non sans mal…). (p 431). Elle a
voulu fuir la médiocrité et l‘avenir qui lui était promis. (p 480). Elle rêvait
de Paris. Elle y deviendra libraire, éditrice et écrivaine.
La
lessive :
Les
femmes se retrouvaient autour de la lessive pendant la bugée. (2) Elles
méditaient et déliaient leur langue dans des éclats de rire. Elles faisaient la
sieste après manger puis reprenaient le travail. (p 36).
La
fin de la seconde guerre mondiale :
A la
fin de la guerre, elle assiste au « spectacle des femmes rasées et
tondues, avec une croix gammée noire sur la tête. Elle a eu honte et les femmes
insultées et humiliées la poursuivent encore. (p 50).
Pendant
l’épuration, les personnes étaient exécutées sans procès, d’autres jetées dans
des puits. (p 51).
Beate
Uhse, la reine de la pornographie allemande (usines, entrepôts), a été une
fervente nazie. (p 240). (3)
L’homosexualité :
Amoureuse
des femmes, homosexuelle, elle aime la conquête, seulement. (p 164).
Elle
préfère les porte jarretelles, plus érotiques que les bas nylon. (p 234).
Elle
participe à des partouzes dans les milieux bourgeois. (p 235).
L’édition :
En
1967, elle publie « Le con d’Irène » de Louis Aragon. Elle est
convoquée à la police. Elle est menacée de lourdes amendes, inculpée pour
outrages aux bonnes mœurs et condamnée. (p 228).
En
1969, elle crée « La Bibliothèque privée contemporaine » consacrée
à la littérature érotique. (p 232).
Dans
« Les cahiers volés », elle a raconté son expérience terrifiante de
la meute déchaînée contre elle. Elle avait écrit dans son journal intime son
amour pour une fille. Sa sœur la trahira.
A quinze ans, elle va découvrir la douleur, la peur, les pleurs, la
haine, les insultes, les moqueries. (p 337)
A la
demande de Jean-Pierre Ramsay, elle écrit « La bicyclette bleue » qui
est une version inspirée « d’Autant en emporte le vent ». (p 355). Au
bout de cent pages, elle s’éloigne du roman américain de Margaret Mitchell.
Elle laisse libre cours à son imagination. (p 357). Les trois tomes sont des
succès et elle devient riche. Elle peut rembourser ses dettes. (p 388). Les
descendants de Margaret Mitchell lui intentent un procès pour plagiat. Gaumont
voulait faire un film, en 1988, de la « Bicyclette bleue ». (p 423).
En 1991, elle gagne son procès en cassation. (p 425).
Quand
les Editions Ramsay déposent le bilan, Denoël ne lui verse pas ses droits
d’auteur sur « Noir tango ». Endettée, son mari la sauve. (p 426).
Jean-Jacques
Pauvert :
Lassée,
elle n‘aime plus Jean-Jacques Pauvert. (p 331). Il reconnaîtra leur fille,
Camille, quand elle était adulte et mariée. Jalouse de sa mère, elle lui
reproche de ne pas avoir été reconnue quand elle était enfant. (p 442).
Second
mariage :
Elle
épouse Pierre Wiazemsky (4) , petit-fils de Jeanne Mauriac, et fils de Claire
Mauriac. (p 335). Son père, Yvan Wiazemsky, était officier de cavalerie et fait
prisonnier du côté de Compiègne. (p 356). Le Prince Wiazemsky, lieutenant de
l’armée russe, est fait prisonnier par les Allemands. Il leur servit
d’interprète. En 1945, il réintègre l’armée française. Il rencontre Claire
Mauriac, ambulancière, à Berlin. Ils se marient en 1946 à Paris. (p 381).
Pierre a pour ancêtre Anne de Kiev. Son mari, Henri 1er, roi de
France, a été le tuteur de Guillaume le Conquérant. (5) Anne de Kiev disait
descendre de Philippe de Macédoine, le père d’Alexandre le Grand. Certains rois
de France ont porté le prénom de Philippe. (p 373). (6)
François
Mitterrand :
On
ne sait pas si elle a été la maîtresse de François Mitterrand. Elle est ambiguë
et le suggère. Ils sont tous les deux place de la Bastille, le soir de son
élection en 1981. Elle assiste ensuite à plusieurs repas. (p 344).
Le
féminisme :
En
1968, la mésentente avec les féministes est consommée. Elle les trouve
« naïves, idiotes et sans intérêt ». Elles la surnomment de
« pornographe collabo ». (p 233).
Les
artistes :
Au
moulin d’Andé, François Truffaut, Louis Malle, Robert Enrico, Jean-Paul
Rappeneau y sont séjourné. (p 324). (7)
Quand
elle rencontre Georges Simenon, il lui raconte ses relations scabreuses avec sa
domestique. (p 457).
Histoire :
Radegonde
a fondé le monastère de Sainte-Croix de Poitiers pour y recevoir les filles de
la noblesse qui y étudiaient le grec, le latin, l’hébreu, la médecine. (p 352).
Mathilde
a offert la « Mora » à Guillaume le Conquérant. Le bateau a été
construit à Barfleur.
La
Mora signifie « L’Enchanteresse ». (p 372). (8)
Elle
part en Argentine et travaille sur Eva Peron. Le couple a accueilli des nazis
pourchassés par les Alliés après la guerre. (p 390).
Les
cartes de Tarot proviennent de Chine, de Palestine. Quand Charles VI sombre
dans la folie, on pense le distraire avec les cartes qui se sont répandues en
Europe, dessinées par de grands artistes. L’Eglise les a interdites. (p 429).
Sous
le trou des Halles à Paris, on trouvait l’emplacement du cimetière des
Innocent-es. (p 326). (9)
L’Abbé
Pierre :
Elle
est invitée par l’Abbé Pierre et partage un repas insipide. En partant, il
l’embrasse sur le coin des lèvres et elle n’a pas aimé ça. Elle lui écrit, à sa
demande, des histoires mettant en scène des lesbiennes. (p 407).
Cuba :
Elle
aime une chanteuse cubaine, Omara Portuondo. (10) (p 416). Puis Ketty Angel. (11) (p 418). Elle dévore les
livres de Leonardo Padura Fuentes. (12) (p 438).
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(1) Contributions majeures
- Réédition de Sade : premier
éditeur à publier les œuvres complètes de Sade sous son propre nom,
sortant le divin marquis de la clandestinité (fr.wikipedia.org)
- Histoire d’O : roman érotique
publié en 1954, dont l’auteur, Dominique Aury, ne révéla sa
véritable identité qu’en 1994 (radiofrance.fr)
- Collection Libertés
: format poche (9 cm × 18 cm) avec couverture en papier kraft, illustrée
par des graphistes comme Jacques Darche et Pierre Faucheux
(fr.wikipedia.org)
- Bibliothèque internationale d’érotologie
: série de publications d’œuvres érotiques et de littérature marginale.
- Découverte d’auteurs : Albertine Sarrazin,
Brigitte Lozerec'h, Hortense Dufour, Françoise Lefèvre,
Michel Bernard, Jean Carrière, etc. (universalis.fr)
Marié à plusieurs reprises, a
été en couple avec l’écrivaine et éditrice Régine Deforges. (Qwant).
(2) La
bugée désigne une grande lessive communautaire, surtout dans
le sud de la France, où les femmes du village se réunissaient pour laver le
linge de maison.
Cette pratique, d’origine provençale (bugado en provençal), se
caractérisait par l’utilisation de cendres pour blanchir le linge avant
l’invention du savon au XVIIᵉ siècle. Elle se déroulait généralement au
printemps et à l’automne, et constituait un événement social important, ponctué
de repas, de chants et de danses (fr.wikipedia.org)
(3) Beate Uhse
n’est pas attestée comme une fervente nazie.
- Elle a volé pour la Luftwaffe
pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui la place dans une armée nazi‑contrôlée
(portrait-culture-justice.com),
mais le fait d’être pilote ne constitue pas une preuve d’engagement
idéologique.
- Les sources ne mentionnent pas de participation
active à la propagande, aux politiques raciales ou à d’autres activités
nazies.
- Au contraire, après la guerre, elle a rapidement
lancé une entreprise de vente d’articles de contraception et d’érotisme,
se concentrant sur la libération sexuelle plutôt que sur
la politique nazie (theguardian.com)
(4) Pierre Wiazemsky,
connu sous le pseudonyme Wiaz, est un dessinateur de
presse français né le 29 avril 1949 à Rome
(Italie) (gw.geneanet.org)
Il est issu d’une famille aristocratique russe : son père, Yvan Wiazemsky,
est héritier du titre de prince Wiazemsky et de comte
Levachov, tandis que sa mère, Claire Mauriac, est la fille de
l’écrivain François Mauriac (gw.geneanet.org)
Parcours artistique
- Études : après des études
secondaires à Janson‑de‑Sailly, il se forme au dessin
publicitaire et pratique le pointillisme.
- Premiers travaux : ses dessins
apparaissent dans les magazines Pop Music et Best à
partir de 1968, puis dans la presse musicale Rock & Folk (larousse.fr)
- Nouvel Observateur : il rejoint le
Nouvel Observateur en 1972, où il bénéficie d’un espace réservé
pour ses caricatures politiques. Ses œuvres ciblent la classe dirigeante,
de François Mitterrand à Nicolas Sarkozy (larousse.fr)
- Collaborations : il travaille
également pour La Croix, Libération, Rouge
(hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire) et d’autres
publications comme Sciences et Avenir ou Nouvelles Littéraires
(larousse.fr)
- Illustrations : en 2010, il
illustre des mots du Petit Larousse pour l’édition anniversaire (larousse.fr)
(5) Henri Ier,
roi de France, a été le tuteur de Guillaume le Conquérant.
Henri Ier a pris la tutelle de son neveu, Guillaume II de Normandie, après le
départ de Robert le Magnifique pour la Terre Sainte en 1035 (fr.wikipedia.org)
Il
l’a soutenu contre ses barons et l’a aidé à reprendre le contrôle de son duché,
notamment lors de la bataille de Val‑ès‑Dunes en 1047 (chateauxmedievaux.com)
Ainsi,
Henri Ier a joué un rôle de tuteur et de protecteur pour le futur duc de
Normandie, Guillaume le Conquérant. (Qwant).
(6) Rois
de France portant le prénom Philippe
|
Roi
|
Numéro
|
Début
règne
|
Fin
règne
|
Épithète
|
|
Philippe II
|
II
|
1180
|
1223
|
Auguste
|
|
Philippe III
|
III
|
1270
|
1285
|
le
Hardi
|
|
Philippe IV
|
IV
|
1285
|
1314
|
le
Bel
|
|
Philippe V
|
V
|
1316
|
1322
|
le
Long
|
|
Philippe VI
|
VI
|
1328
|
1350
|
de
Valois
|
|
Philippe I
|
I
|
1643
|
1661
|
le
Long
|
(7) Les
sources indiquent que le Moulin d’Andé a été un lieu de
résidence et de tournage pour plusieurs figures majeures de la Nouvelle Vague
française.
- François Truffaut y a tourné des scènes de
Les 400 coup et de Jules et Jim (moulinande.e-monsite.com)
- Louis Malle a également séjourné et y a
travaillé sur ses projets cinématographiques (moulinande.e-monsite.com)
- Robert Enrico a passé du temps dans le
moulin, notamment pour des tournages (moulinande.e-monsite.com)
- Jean‑Paul Rappeneau a été présent dans les
années 1960, y écrivant et tournant (moulinande.e-monsite.com)
Ces
visites ont contribué à faire du Moulin d’Andé un repaire d’artistes
et un lieu emblématique de la Nouvelle Vague. (Qwant).
(8) Dans
certains contextes littéraires ou folkloriques, la Mora désigne une
figure féminine surnommée « l’enchanteresse ». Cette appellation provient
notamment de la mythologie ibérique et des légendes où la Mora est
présentée comme une créature séductrice ou ensorcelante. (Qwant).
(9) Le
cimetière des Innocents était situé sous l’actuelle zone des Halles à Paris (le
« trou des Halles »). Il a été fermé et désaffecté au XVIIIᵉ siècle, puis les
restes ont été transférés au cimetière du Père‑Lachaise.
(10)
Elle est reconnue comme l’une des figures emblématiques de la musique cubaine,
notamment grâce à son rôle de “Novia del feeling” et à sa
participation au projet Buena Vista Social Club en 1996 (evene.lefigaro.fr)
Parcours musical
- Débuts : elle a commencé à Radio
Cadena Habana puis a intégré le cuarteto D'Aida en 1952, où
elle a chanté aux côtés de sa sœur Haydée (africultures.com)
- Solo : en 1967, elle se lance dans
une carrière solo qui l’amène à l’Olympia de Paris et au Carnegie
Hall de New York (africultures.com)
- Albums : son premier album solo, Magia
Negra, a été enregistré en 1959 pour le label cubain Velvet (africultures.com)
- Collaborations : elle a travaillé
avec des musiciens tels que Julio Gutiérrez, Juanito Márquez,
Chucho Valdés et Roberto Fonseca (radiofrance.fr)
- Performances internationales :
elle a donné des concerts à Paris, Tokyo, New York, et a participé à des
festivals en Espagne, au Mexique, en Finlande, et au Canada (montunocubano.com)
Distinctions
- Latin Grammy Awards : elle a reçu
plusieurs prix, dont un Latin Grammy Award pour un album de
musique tropicale contemporaine en 2009 et un autre en 2023, ainsi qu’un Latin
Grammy Lifetime Achievement Award en 2019 (spectable.com
- Nominations : elle a été nominée à
plusieurs reprises pour des Grammy Awards (spectable.com)
Vie personnelle
Sa
mère provenait d’une famille espagnole et a épousé un joueur de baseball cubain
noir. Omara a commencé à danser à l’âge de quinze ans au Tropicana, où
elle a été repérée par la directrice de l’établissement (evene.lefigaro.fr)
(11)
Je n’ai rien trouvé sur Internet.
(12)
|
Année
|
Titre
(original)
|
Titre
(français)
|
Distinctions
|
|
1991
|
Pasado perfecto
|
Passé parfait
|
Prix
des Amériques insulaires 2002
|
|
1994
|
Vientos de cuaresma
|
Vents
|
–
|
|
1997
|
Máscaras
|
–
|
Prix
Café Gijón 1995, Prix Hammet 1998
|
|
1998
|
Paisaje de otoño
|
–
|
Prix
Hammet 1999
|
|
2000
|
La cola de la serpiente
|
–
|
–
|
|
2001
|
Adiós Hemingway
|
–
|
–
|
|
2005
|
La neblina del ayer
|
–
|
–
|
|
2013
|
Herejes
|
–
|
–
|
|
2018
|
La transparencia del tiempo
|
–
|
–
|
|
2022
|
Personas decentes
|
–
|
–
|
Autres
romans : L’Homme qui aimait les chiens (2011), Hérétiques
(2014), Poussière dans le vent (2021) (booknode.com)
Vie et convictions
- Reste à Cuba malgré la critique de son œuvre,
affirmant que « ma littérature est complètement cubaine » (fr.m.wikipedia.org)
- Considéré comme un écrivain qui « décrit la société
cubaine sans se lancer dans le racolage » (fr.m.wikipedia.org)
- Son travail est souvent vu comme un moyen de
contourner la censure tout en exposant les réalités sociales de l’île (fr.m.wikipedia.org)
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