Boni de Castellane
1867 - 1932
De l’art d’être pauvre
Comment j’ai découvert l’Amérique
Mémoires
Editions Tallandier 2022
Il est issu de la vieille France royaliste et a du mal avec l’évolution des mœurs : les femmes, le divorce, l’égalité, etc. Il n’a pas imaginé que sa femme allait le haïr et le ruiner.
Il est blond, gai et enjoué. (p 117) Il n’aime pas la démocratie et pense que l’on ne se passionne plus pour ces idées. (p 23) Pour lui, le mauvais goût est le reflet du désordre mental de l’après Ancien Régime. (p 41) La période post révolutionnaire est un « fumier moderne » ! (p 171) Ndlr : il est un aristocrate pur jus.
Il lutte en lui-même entre l’animal et l’humain, entre l’instinct et la raison. Il en ressent du dégoût. (p 74) Il dépense plus que ce que ses parents lui donnent. A partir de ses 20 ans, il rêve de chevaux, voitures, maisons, palais, châteaux. (p 80) Il reconnaît qu’il n’est pas raisonnable. (p 155) Aux USA, sa nature exubérante s’habitue au luxe (wagons de train privés où des nègres vêtus de toile blanche les servent) (p 113) Ndlr : une pointe de racisme ?
Les Femmes
Il hésite entre dominer une femme ou aller vers toutes les femmes. (p 91) Plus tard, il tranche et se révolte contre toute tentative de domination sentimentale. Il rompt avec une femme mariée avant 1984. (p 93)
Aux USA, il s’inquiète de l’émancipation totale des femmes. « L’Enfer sera sur Terre. »
Les Parisiennes âgées qui s’habillent comme des petites filles sont des « sauvages ». (p 113)
Il utilise le mot « ministresse » (p 174).
La comtesse Jean de Montebello possède une grande érudition. Pour lui, elle a le « cerveau d’un homme ». Ndlr : ah, la, la… (p 232)
Quand on lui demandait son âge, madame Edouard André (= Nélie Jacquemart) répondait : « Comment voulez-vous que je me souvienne d’une chose qui change tout le temps ? » (p 274)
Quand il présente ses condoléances à une veuve française, il lui dit : « Il était si bon, si charmant ». Elle répond : « C’est possible, mais je ne l’ai jamais connu comme ça ! ». (p 278)
Les riches Américaines sont peu instruites. (p 281)
L’ignorance des jeunes femmes est comique. Adultes, elles s’amusent de la naïveté des hommes, sont rosses, défiantes, coquettes. (p 282) Ndlr : et il continue sa litanie misogyne…
Divorcé, des vieilles Parisiennes catholiques le blâment. Il les trouve bigotes, à l’esprit étriqué, sans charité. (p 384)
Les femmes de la famille
Son arrière grand-mère, la duchesse de Dino, reçoit Flaubert en 1836 à Rochecotte dans la région de Tours, à contre-cœur, uniquement pour faire plaisir à Talleyrand. (p 15)
La comtesse Greffuhle avait des grands yeux bruns qui ressemblaient à des pierres précieuses. (p154)
Sa femme – Mademoiselle Anna Gould
Il a 27 ans et il la rencontre en 1894, à Paris. Il croit que les milliardaires sont des êtres remarquables. Il est certain de lui avoir plu, mais il fuit en Grande-Bretagne, puis aux USA. Trois mois plus tard, elle l’y rejoindra. (p 97) Il manque d’argent avant d’y partir. Il est au bord de la ruine. (p 103) Ils ne se parlent pas d’amour. (p 121)
Il dépense plus d’un million de francs en espèces en cadeaux pour sa femme. (p 151)
Sa femme ne supporte pas ses invité-es et se met souvent en colère. (p 157)
Après la naissance des ses deux fils (3 et 2 ans), le couple vit dans la mésentente. Il batifole de son côté et oublie tout devant une jolie femme. (p 162) Au moment du divorce, une nuée de détectives le poursuit. (p 296)
Il n’a rien vu venir et personne ne l’a prévenu. Sa femme a joué le jeu de la femme soumise jusqu’au bout. Elle le quitte en 1905 avec les trois enfants. Il ne voulait pas divorcer et il l’a fait « contre son gré ». (p 298)
Il n’aime pas Michelet qui « déforme l’esprit des enfants ». Mais il veille au grain et éduque « à sa manière » ses trois fils. (p 412) (1) Ndlr : quand il les voit, ce qui est assez rare…Sa femme se venge de lui à travers leurs enfants.
La Comédie française
Les femmes y font leur cour :
Mademoiselle Julie Bartet,
Jeanne Samary,
Marthe Brandes,
Suzanne Reichenberg. (p 61)
Les Salons parisiens
La duchesse de Maillé : danse
La comtesse Siméon : soirées
La duchesse de Doudeauville : somptuosité
La duchesse de Luynes : table ouverte
La comtesse Edmond de Pourtalès : histoires racontées
La comtesse de Beaulaincourt : réception de sa famille et de l’impératrice Eugénie
Madame Moore (USA) : marieuse pour un monde « désabusé ». (p 67)
Les demi-mondaines
Elles sont les prostituées pour aristocrates.
Katinka, Fanny Signoret, Miss Cléry, Alice Haward, Lucie de Kerne. (p 76)
Il assiste au début d’Emilienne d’Alençon. et de Wanda de Boncza. (p 77)
L’art de la table
Guérin a été l’officier de bouche de la maison Castellane. Il était mondialement connu. (p 18)
Il a dépensé 500 000 francs en fleurs pendant douze ans, chez la même fleuriste. A chaque réception qu’il organisait, il usait de milliers de fleurs en décoration.(p 322)
L’art
Les tableaux attestent de la haute situation de leurs propriétaires. (p 24)
Il a une frénésie d’achat. Lui seul sait le faire avec goût et tradition, contrairement aux Américains. (p 151) Ndlr : il ne les aime pas du tout.
A Deauville, il sort en grand apparat avec une voiture tirée par quatre chevaux, pour aller chez une antiquaire à Trouville, madame Doucet. (p 159)
En douze ans, il a dépensé plus de 60 millions de francs. (p 240)
Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, les bohémiens viennent du fond de la Perse pour admirer le soleil. (p 415)
A Versailles, le toit est plat. Le plafond de la chambre de Louis XIV est le seul du château à monter jusqu’en haut de la toiture. Il voulait être au plus proche du ciel et nul ne pouvait habiter au-dessus de lui. (p 419)
L’armée
Il rate l’examen d’entrée à Saint-Cyr à l’oral. Il s’engage pour 4 ans dans l’armée. (p 60)
Le général de Galliffet a participé à l’écrasement de la Commune et a déboulonné la statue de la République à Dijon. (p 63)
Les USA
Boni de Castellane y est invité partout. « Le dollar supplante les idées ». (p 107)
Chez son futur beau-frère George Gould à Long Island, un cuisinier français officie. (p 107)
Dans le Colorado, les femmes jouissent des prérogatives des hommes et ont le droit de voter. (p113)
Les propriétés
Il entretient de front quatre châteaux dans le Marais (en Essonne), à Grignan, à Coste (en Seine-et-Marne) et leur palais avenue du Bois.(p 206) (3)
Après le divorce, ruiné, il est recueilli chez ses parents pendant des années au 27 rue de Constantine à Paris. (p 317) (4)
Ruiné, il vend tout, mais continue de voyager dans le monde. Il participe toujours à des chasses à courre. Il chasse à Rambouillet avec les duchesses d’Uzès et de Luynes. (p 407)
Il connaît toute l’aristocratie française et est reçu dans tous les châteaux.
Les problèmes financiers
Ils commencent sérieusement avec le procès mené par Wertheimer qui assigne en justice le groupe Gould. Sa femme et ses beaux-frères ne le soutiennent pas. Il se retrouve avec des dettes en 1899. (p 211)
Il cite un proverbe arabe : « Ne te venge pas. Assieds-toi au seuil de ta porte et attends. Tu verras passer le cadavre de ton ennemi. » (p 231)
Ruiné, tout le monde médit de lui : la famille, les créditeurs, les débiteurs, les huissiers. (p 306)
Il parvient à régler ses dettes. Il trafique avec l’art dans le monde entier en achetant et revendant à de riches propriétaires.
Des Américaines juives ont été compatissantes et lui ont donné des bons achetés pour lui. Ca l’a aidé. (p 444)
Il reprend du personnel : un valet de chambre, une cuisinière, un échansonnier (pour le vin). Mais son personnel lui coûte cher. (p 460) (5)
Les duels
Il a le sang chaud. Il en mène deux à l’épée, un au pistolet avec le directeur du Figaro. (p 217)
Le Havre
On a insulté le drapeau français en janvier 1903. (p 271) ? (6)
Il s’engage comme interprète dans l’armée anglaise au début de la Première guerre mondiale. Il part au Havre qui est « une ville horrible au climat malsain », un « affreux patelin ». (p 476 – 477) Il mange sur le Quai dans un bon restaurant normand, « le Guidon ». Il y passe six mois. (p 478) Le bâtiment maritime, d’époque Louis XVI, était assez joli en 1915. (p 479)
Vocabulaire :
Pisistrate (de carton) (p 60)
Pisistrate était un dirigeant d’Athènes au VIᵉ siècle av. J.-C., considéré comme son premier tyran — au sens antique de dirigeant ayant pris le pouvoir, pas forcément au sens moderne de despote. Selon un récit antique, il aurait fait revenir au pouvoir en se faisant accompagner d’une femme déguisée en Athéna, comme une déesse « en carton-pâte ». (ici.fr)
Elk (sur la conscience) (p 114) Peter Weffel Zapffe : conscience humaine. Comme les bois démesurés de l’élan auraient été un handicap, notre conscience serait devenue si développée qu’elle nous fait prendre conscience de la mort, de l’absurdité possible de l’existence et de l’absence de sens évident. Selon Zapffe, nous atténuons cette angoisse par quatre mécanismes : l’isolement, l’ancrage dans des valeurs ou des projets, la distraction et la sublimation par la création ou la pensée. C’est une thèse philosophique pessimiste, pas un fait scientifique établi. (dawn.com)
Girandole (Lumière ?) (p 177) chandelier à plusieurs branches, souvent orné de pendeloques de cristal. Le mot désigne aussi un bijou en forme de grappe, notamment une boucle d’oreille.
Dans le domaine de la lumière, une girandole est donc un type de luminaire décoratif. (Qwant)
Débucher (Chasse à courre) (p 179) En chasse à courre, débucher signifie sortir du bois ou de la forêt, généralement en parlant du gibier qui quitte le couvert forestier. (brotonne.free.fr)
Cheval rouan (pur sang) (p 330) Rouan désigne une robe, pas une race : des poils blancs sont mêlés aux poils colorés du corps, tandis que la tête et les membres restent généralement plus foncés. Contrairement au cheval gris, le rouan ne blanchit pas progressivement avec l’âge.
Un pur-sang rouan serait donc un cheval de race pur-sang ayant cette robe — mais elle est très rare chez le pur-sang. (horserizon.com)
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- Georges de Castellane (banquier, 1899–1944), Boniface de Castellane (marquis, 1897–1946) et Jason Honoré Louis Sévère de Castellane (attaché d'ambassade, 1902–1956) sont les trois fils de Boni de Castellane et d'Anna Gould. (Qwant)
- Officier de bouche au 19e siècle :cette fonction historique étant liée à la cour royale française. (Qwant)
La maison de Castellane est une famille subsistante de la noblesse française, d' extraction féodale, originaire de Provence. (Encyclopédie Wikimonde)
Je n’ai rien trouvé sur Guérin sur Internet.
Fils de marquis et descendant d’une illustre et noble lignée provençale, il partage son enfance entre la résidence parisienne de ses parents et le château de Rochecotte. (Jeanine Tissot)
(3) En avril 1896, la première pierre du palais Rose, nouvelle résidence des Castellane, construite par Ernest Sanson, à l’angle de l’avenue du Bois (aujourd’hui avenue Foch) et de l'avenue Malakoff sur le modèle du grand Trianon.
- Boni de Castellane a acquis le château du Marais en Essonne (1 200 hectares) en 1897.
- Château – en ruines – de Grignan que le comte Boni de Castellane acquiert en décembre 1902 pour la modique somme de 30.000 francs. (Le pavillon de la littérature)
Il se croyait souverain de ses petits états. (Wikipedia)
(4) Il vécut en deux temps entre la résidence de ses parents, au 27, rue de Constantine, et le château de Rochecotte. Après son divorce, il est revenu vivre chez sa mère à cette même adresse, de 1906 à 1913. (geneastar.org)
(5) Un échansonnier est la personne qui sert le vin à table, notamment lors d’un repas officiel ou chez un souverain. Le mot est surtout historique. (Qwant)
(6) Il n’y a rien sur Internet.
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