Jennifer
Lesieur
Rose
Valland
L’espionne
à l’œuvre
Editions
Robert Laffont
2023
L’art
détruit par les nazis:
Dans
les années 1930, le parti nazi voulait gouverner jusqu’aux consciences. L’art
nouveau = art dégénéré = anti pureté aryenne. (p 18)
Le
20 mars 1939, ils brûlent les œuvres dans la caserne de pompiers de Berlin. (1)
Les
œuvres de Masson et de Dali sont détruites au couteau par les nazis, à Paris.
(p 74).
En
juillet 1943, ils lacèrent et brûlent des œuvres de Picasso, Klee, Ernst,
Léger. (p 75).
Leurs
intentions criminelles étaient faites dans le but de haïr, dénigrer et anéantir
autrui. (p 148).
Goering :
(2)
Goering,
le numéro 2 du régime nazi, s’est servi en œuvres d’art en Hollande et en
Pologne, avant Paris. (p 10)
Il a
détourné pour lui-même, sans payer, un millier d’œuvres d’art. (p 45). Il est
riche et avare. (p 58). Il a pillé entre 1933 et 1944 (p 128). Il a volé Hitler
pour son propre plaisir. (p 146)
Vichy
laissait faire. (p 52)
Puis
Goering ne croit plus à la puissance des Allemands, après la perte de
300 000 soldats allemands à Stalingrad. Il se drogue avec de la morphine (p
73).
Il
cache les œuvres à Berchtesgaden, dans un lieu secret, dans la forêt de
Schorfheide, avant son arrestation et
après le dynamitage de sa propriété de Carinhall. (p 127) (3)
Familles
juives pillées :
A
Paris : (p 12)
Edouard
et Maurice de Rothschild. Collection privée. La famille récupèrera tout à la
fin de la guerre. (p 122).
Georges
Wildenstein – Collection privée.
Famille
Seligmann – Collection privée.
David-Weill
– Collection privée – (p 34)
Alphonse
Kann – Collection privée - (p34)
Veil-Picard
– (p 40).
Paul Rosenberg – Marchand d’art – (p 41)
Berheim-Jeune – Galerie d’art (p 41).
Lévy
de Bension – Collectionneur privé – (p 64)
Löwenstein
– Collectionneur privé – (p 64)
Watson
– Collectionneur privé – (p 64)
Collection
Bacri – (p 70).
L.L.
Dreyfus – Meubles – Collection privée - (p 79)
Famille
Drey – Galerie d’art – (p 158)
Wanda
Landowska – Claveciniste – (p 159).
38 000
logements parisiens seront vidés. (p 74)
Corrèze :
Adolphe
Schloss – Collection privée – (p 77).
Aux
Pays-Bas : (p 30)
Jacques
Goustikker – Marchand d’art.
Les
Allemands n’ont pas touché aux œuvres de la collection nationale, mais se sont
servi dans les collections privées.
Les
marchands d’art collaborationnistes :
Jean-François
Lefranc – Marchand d’art – (p 52).
Gustav
Rochlitz – Galeriste allemand -
Paris – (p 58)
Jacques Beltrand – (p 70)
Walter Bornheim – (p 157)
Hildebrandt Gurlitt – (p 157)
Hermann Voss – (p 157)
Rose Valland et son amie Joyce Heer
Rose
Valland : (4)
Depuis
1933, Jean Zay organise l’exode des musées parisiens dans des châteaux,
abbayes, monastères. (p 19). La Tapisserie de Bayeux a été transférée au
château de Chambord. (p 23). La Joconde repose au château de Montal (p 143). (5)
Rose
Valland rêvait d’être conservatrice de
musée, mais la profession était fermée aux femmes. La première sera Jacqueline
Bouchot-Saupique. (p 153) (6)
Les
femmes éduquées sont préférées aux femmes instruites. (p 12).
En
1941, elle commence une liste de tout ce que les Allemands ont pillé parmi les
œuvres d’art stockées au Jeu de Paume. Elle transmet les informations à Jacques
Jaujard au Louvre. (p 49 et 51).
En
1941, elle est enfin payée. (p 54).
Elle
n’a jamais pensé à vendre son âme pour obtenir un peu plus de confort. (p 67)
En
1945, toutes les œuvres cachées sont rentrées au Louvre. (p 100)
Après
la guerre, Rose Valland se méfie de tout le monde et ne veut pas donner ses
notes. (p 102).
Elle
assiste au procès de Nuremberg en tant que membre de la CRA (6) en février
1946, pendant les 3 jours dédiés à l’art volé. (p 147).
Elle
restera 8 ans en Allemagne, cherchant à qui rendre les objets volés. Elle
devient capitaine des Beaux-Arts, officier experte. (p 155). Elle sera
médaillée de la Légion d’honneur. Elle reçoit la médaille de la Liberté
américaine. (p 157) Elle restitue les
œuvres dans la justice et l’équité. (p 166).
Elle
a récupéré 61 000 œuvres d’art et en a restitué 45 000. (p 179).
Les
œuvres d’art en Allemagne :
Les
œuvres d’art pillées étaient stockées à Münich, Füssen, Buxheim (monastère en
Bavière), Amstetten, Kogl (Autriche), Nikolsburg (détruite par les
bombardements en Tchécoslovaquie). (p 78 et 158)
Hitler
fait transférer les œuvres à Steinberg (mines de sel en Autriche) en 1944. (p
85)
Châteaux de Hohenschwangau et Neuschwanstein – (p 106)
Mines
de cuivre de Siegen, près de Cologne – (p 108)
Près
de Stuttgart : Mines de sel de Heilbronn (p 109, de Kochendorf (p 110),
d’Altaussee en Autriche (p 111),
A
Altaussee, la valeur marchande du million d’oeuvres d’art et d’objets volés
s’élevait à 3 milliards de dollars. Il faudra 7 ans pour la vider. (p 122).
Il
n’y a que 37 Vermeer certifiés au monde. (p 60). (7)
Fernandel
déjeunait chaque jour au cercle allemand. (p 68) (8)
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(1) Brûlage d’œuvres à la caserne des pompiers de Berlin (mars 1939)
En mars 1939, la cour de la caserne des pompiers de Berlin a été le lieu d’un acte de destruction d’art. Selon le chapitre 3 de Le Troisième Reich : l’État hitlérien (Cairn.info) (shs.cairn.info), les œuvres de Gauguin, Van Gogh et Picasso – ainsi que d’autres pièces jugées « sans valeur » – ont été brûlées. L’événement a fait partie de la politique nazie de dépouillement et de destruction d’œuvres d’art considérées comme indésirables. Environ mille œuvres ont été incinérées dans la cour de la caserne.
(2) Hermann Göring
Hermann Göring (Rosenheim, 12 janvier 1893 – Nuremberg, 15 octobre 1946) était un militaire, homme politique et criminel de guerre allemand, l’un des dirigeants les plus proches d’Adolf Hitler dans le Troisième Réich (fr.wikipedia.org)
Vie militaire et aviation
Après avoir servi comme sous‑lieutenant d’infanterie, il s’est reconverti dans l’aviation en 1915, devenant un as de la Première Guerre mondiale avec 22 victoires (larousse.fr)
Il a terminé la guerre comme capitaine, décoré de l’Ordre du Mérite (fr.wikipedia.org)
Ascension au sein du parti nazi
Rejoignant le NSDAP en 1922, il fut nommé chef des SA et, après le putsch de la Brasserie de 1923, il s’exila en Suède (larousse.fr)
En 1933, il fut nommé ministre sans portefeuille, ministre de l’intérieur de Prusse et commissaire à l’aviation
Il créa la Gestapo en 1933 et fut commandant en chef de la Luftwaffe à partir de 1935 (fr.wikipedia.org)
Rôle dans le régime nazi
Göring contrôlait une grande partie de l’économie allemande, supervisait le plan de réarmement de 1936 et était chargé de la production de guerre (universalis.fr)
Il était également Reichsmarschall, le plus haut grade de la Wehrmacht (larousse.fr)
Procès et mort
Condamné à mort par pendaison par le Tribunal militaire international de Nuremberg en 1946, il s’empoisonna dans sa cellule avant l’exécution (fr.wikipedia.org)
(3) Propriété de Carinhall – Hermann Göring
Carinhall était la résidence de campagne du Reichsmarschall Hermann Göring, haut dignitaire nazi.
Elle a été construite en 1933 sur un terrain d’environ 120 hectares de la forêt de Schorfheide, à une soixantaine de kilomètres au nord‑nord‑est de Berlin, entre les lacs Großdöllner See et Wuckersee
Objectifs et symbolisme
- Nom : Carinhall (en hommage à la première épouse de Göring, Carin Göring, décédée en 1931) et à la mythique Valhalla
- Fonction : pavillon de chasse néo‑médiéval, mais aussi futur musée de la collection d’art de Göring, qu’il avait commencé à constituer après la Première Guerre mondiale
- Dépouille de Carin : rapatriée en 1934 pour éviter la profanation de sa tombe en Suède, avec une cérémonie à laquelle participait Adolf Hitler
Infrastructures
- Le complexe comprenait un cinéma, un gymnase, un bain de vapeur russe, un salon de réception de taille de nef d’église, ainsi que deux circuits de trains électriques miniatures dans les combles et sous‑sols
- La collection d’art (gothique, Renaissance, etc.) était exposée dans des salles dédiées, et une partie a été mise à l’abri dans la mine de sel d’Altaussee en 1943 (fr.wikipedia.org)
Fin de la propriété
- En avril 1945, pour empêcher que la résidence ne tombe aux mains de l’Armée rouge, Göring ordonna sa démolition par une équipe de démolition de la Luftwaffe. La plupart des bâtiments furent détruits, ne laissant que les deux piliers d’entrée et quelques fondations (ww2gravestone.com)
- La dépouille de Carin Göring fut alors dissimulée dans une tombe de fortune creusée en forêt (fr.wikipedia.org)
(4) Rose Valland : conservatrice, résistante et sauveuse d’œuvres d’art
Rose Valland (1 novembre 1898 – 18 septembre 1980) était une conservatrice de musée et une résistante française. Née à Saint‑Étienne‑de‑Saint‑Geoirs dans l’Isère, elle a consacré sa vie à la protection du patrimoine culturel pendant l’Occupation allemande et à la restitution des œuvres volées par les nazis.
Formation et débuts professionnels
Éducation : Après des études à l’École normale d’institutrices de Grenoble (1914‑1918), elle poursuit le dessin et l’histoire de l’art à l’École nationale des beaux‑arts de Lyon, puis à l’École des Beaux‑Arts de Paris. Elle obtient un diplôme de l’École du Louvre (1931) et plusieurs certificats d’études supérieures à l’Institut d’art et d’archéologie.
Premiers postes : En 1932, elle devient attachée bénévole au musée des peintures et sculptures étrangères du Jeu de Paume, où elle participe à la catalogage des collections et à l’organisation d’expositions.
Titularisation : En 1941, elle est officiellement salariée et attachée de conservation au Jeu de Paume.
Rôle pendant l’Occupation
Le Jeu de Paume est réquisitionné par les nazis comme dépôt central des œuvres spoliées par l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR).
- Rose Valland, malgré les suspicions, continue de travailler dans le musée. Elle consigne minutieusement les mouvements d’œuvres : noms des propriétaires, destinations, transporteurs, numéros de caisse, etc. Ces registres deviennent la base de la récupération artistique après la guerre. (fr.wikipedia.org)
- En mai 1945, elle rejoint l’état‑major de la première armée du général de Lattre de Tassigny et obtient le grade de lieutenant, puis de capitaine. Elle collabore avec la Commission de récupération artistique (CRA) pour retrouver plus de 60 000 objets volés. (jeudepaume.org) (fr.wikipedia.org)
Carrière post‑guerre
Conservatrice des Musées nationaux : En 1952, à 54 ans, elle est nommée conservatrice.
Publications : En 1961, elle publie Le Front de l’art, puis en 1963 son mémoire sur Aquile e et les origines byzantines de la Renaissance.
Gestion des archives : À partir de 1968, elle s’attèle au classement du fonds d’archives de la récupération artistique.
Décès : Elle meurt à Ris‑Orangis le 18 septembre 1980, dans l’anonymat. (fr.wikipedia.org)
Héritage
La base de données Rose Valland répertorie de façon exhaustive les œuvres MNR, leur historique et, le cas échéant, leur restitution aux ayants‑droits. Elle est librement consultable par tous. (jeudepaume.org)
Sa vie a été rendue publique dans plusieurs ouvrages et médias, notamment la biographie de Jennifer Lesieur (2023) qui souligne son courage et son rôle décisif dans la sauvegarde de 60 000 œuvres. (livredepoche.com)
Des portraits et des articles de Le Figaro, L’Obs et France Inter témoignent de son engagement et de son impact sur la culture française. (livredepoche.com) (radiofrance.fr)
(5) Le château de Montal a servi de dépôt pour les collections nationales, notamment le Musée du Louvre, à partir de mai 1943.
La Joconde y est arrivée le 13 mars 1943, emballée dans une caisse à trois pastilles rouges, et y est restée jusqu’en 1945
Elle était placée dans la salle des gardes, près d’une fenêtre transformée en porte, afin d’être la première à être évacuée en cas de danger (chateau-montal.fr)
Après la libération, la Joconde a été ramenée à Paris le 15 juin 1945 (actu.fr)
(6) Jacqueline Marie Louise Joséphine Henriette Bouchot (née Bouchot, 1893 – 1975) était une professeure à l’École du Louvre et la première femme conservatrice du musée du Louvre. Elle a exercé de nombreuses fonctions au sein du Louvre et a participé activement à la protection du patrimoine pendant la Seconde Guerre mondiale.
Vie et formation
Naissance : 20 juin 1893 à Paris, fille de Henri Bouchot, conservateur à la Bibliothèque nationale de France, et de Claire Chevalier
Éducation : Étudiante à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, puis à l’École du Louvre, où elle soutenait une thèse sur Jean Gigoux en 1919
- Mariage : Épousa Georges Saupique (1889‑1961), sculpteur, et résidèrent à 105 rue Notre‑Dame‑des‑Champs (wikimonde.com)
Carrière professionnelle
Période | Rôle | Lieu |
1925‑1939 | Chargée de mission | Département des Peintures, Musée du Louvre |
1940‑1944 | Secrétaire de la Direction des Musées nationaux | Sous la direction de Jacques Jaujard |
1945‑1963 | Conservatrice | Cabinet des dessins du Louvre |
1963 | Conservatrice en chef | Cabinet des dessins du Louvre |
1955‑1963 | Professeure | École du Louvre |
Elle a également été intermédiaire entre Rose Valland et Jacques Jaujard, participant à la sauvegarde des œuvres volées par les nazis (agorha.inha.f
Distinctions et honneurs
- Officier d’académie (1935)
- Chevalière de la Légion d’honneur (1948) et Officière (1963)
- Médaille de la Résistance française (1948)
- Officier de l’ordre de Nassau (1954)
- Chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres (1957)
- Officier de l’Instruction publique (1958)
- Organisation d’expositions internationales et de conférences, notamment sur les primitifs français (1930) (pop.culture.gouv.fr)
Rôle dans la protection du patrimoine
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Bouchot‑Saupique a collaboré avec Jacques Jaujard pour la sauvegarde des collections du Louvre, travaillant notamment comme secrétaire de la Direction des Musées nationaux et en tant qu’intermédiaire avec Rose Valland (agorha.inha.fr)
(6) Le CRA dans
l’armée française
Le CRA (Centre
de Renseignement et d’Analyse) est une unité de l’Armée de l’air chargée
de collecter, fusionner et analyser les données provenant des
capteurs aériens. Son rôle principal est de fournir des informations
exploitables pour la DRM (Détection, Réaction,
Mitigation) et d’intégrer ces données dans la chaîne de renseignement aérien de
la France.
« Le CRA exploite et fusionne les données des
capteurs air pour la DRM et la chaîne de renseignement air. Il analyse et
exprime les besoins spécifiques de l’armée. » (cf2r.org)
(7) À ce jour, il n'existe que 37 tableaux connus de Johannes
Vermeer (1632-1675). Un 38e pourrait-il bientôt être
ajouté à la prestigieuse liste ? (Connaissance des arts – 2023)
Combien de
tableaux ont été peints par Johannes Vermeer ? Seuls 36 tableaux de
Johannes Vermeer sont parvenus jusqu'à nous. De
son vivant, il n'en a probablement pas produit plus de 60, ce qui représente un nombre très modeste par rapport
aux peintres de son temps. (Google art et culture).
(8) Certains, comme Charles Trénet, rompent leur contrat
lorsqu’ils se rendent compte que des officiers nazis sont assis au premier
rang. D’autres ont moins de scrupules. Fernandel chante à Radio-Paris, la radio
du Maréchal Pétain. Tous les jours, il mange au Cercle allemand et quand on lui
demande pourquoi, il répond « Parce que c’est
bon ! » (Hérodote)
Sous
l'Occupation, Don Camillo déjeune au cercle allemand et roucoule sur
les ondes de Radio-Paris, la radio qui ment et qui est allemande. (Causeur)
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Les femmes dans la
résistance, une expo au bunker d’Hitler à Bruly-de-Pesche.
C’est
de là qu’Adolphe Hitler a commandé l’envahissement de la France en
juin 1940. Le petit village de Bruly-de-Pesche avait été transformé en
quartier général de l’offensive allemande. Et un petit bunker avait été
construit à l’abri des arbres pour la protection du Führer. Le village abrite
aujourd’hui un musée, qui rappelle le rôle crucial de la résistance durant la
seconde guerre mondiale.
(…) "Les
femmes ont joué d’emblée un rôle important dans la résistance, parce que les
nazis imprégnés d’une idéologie réactionnaire n’imaginaient pas le rôle
qu’elles pouvaient endosser, explique Benjamin Hennot. Elles ont
notamment beaucoup aidé la résistance en tant qu’agentes de liaison, pour
transmettre des messages."
Mais cela ira bien
au-delà comme le montre l’exposition. Elles provenaient de toutes les
classes sociales. Elles étaient parfois très jeunes, comme Lucienne Falque,
dite "Lulu la rusée", qui n’avait que 17 ans quand elle s’est engagée
dans la résistance. Ou encore Madeleine Tasset, d’Andenne, 14 ans, qui mettait
du sucre dans le réservoir des voitures des SS garées devant chez elle.
les-femmes-dans-la-resistance-une-expo-au-bunker-d-hitler-a-bruly-de-pesche
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