mardi 24 février 2026

Jeanne Champion - Suzanne Valadon

 

Jeanne Champion

Suzanne Valadon

Presses de la Renaissance

1984

 

Elle était petite avec ses 1 m 54. (p 52).

 

Son enfance :

Sa mère Madeleine va fuir une vie de domestique rassurante, après avoir mis au monde plusieurs enfants d’un mari devenu bagnard, avec sa dernière fille, Suzanne (= Marie-Clémentine, âgée de 5 ans), en 1870, en pleine guerre, pour aller vivre à Paris où elles vont connaître la misère.

La petite est livrée à elle-même, gardée par une concierge alcoolique qui se prostitue à Montmartre, pendant que la mère travaille.

Elle dessine depuis l’âge de 9 ans.

Après être allée à l’école des Bonnes Sœurs, elle enchaîne les petits métiers entre 12 et 15 ans. (p 39).

Elle perd son pucelage à 16 ans, avec Le Boissy (1) qui travaille dans une compagnie d’assurances. Le soir, il parade au Chat Noir. Il est aussi chansonnier. (p 52). Il finira sa vie comme un clochard en 1897 (p 56). Elle sort aussi avec Miguel Utrillo avec qui elle aura un enfant. Encore faut-il être certaine de connaître le père ! (p 57). Utrillo, espagnol, écrit des articles. Il deviendra architecte. (p 76)). (2)

Elle est mythomane et ment à longueur de journée pour pouvoir supporter la vie. (p 176).

 

Modèle.

Elle pose pour Puvis de Chavanne. Il peint « Le bois sacré aux arts et aux muses ». (p 62). (3)

Elle a posé pour Renoir dans « La natte », « La danse à la campagne ». (p 76 et 82). (4)

Marie gagne assez d’argent, en étant modèle, pour faire vivre sa mère qui peut arrêter de travailler et s’occuper de son fils.  (p 82).

Pour Zandomeneghi, de Venise, elle pose dans « Femme attablée dans un bistrot ». (p 88). (5)

C’est Henri de Toulouse-Lautrec qui la baptise Suzanne. (p 93). Il la peint dans « Gueule de bois ou la Buveuse ». (p 102). (6)

 

Suzanne, adulte :

Après Erik Satie, elle trouve un nouvel amant et un appartement plus grand. Elle dessine les filles nues de son entourage, dont sa nièce. (p 135). Elle expose à la Nationale. Ambroise Vollard publie ses gravures. Elle épouse Paul Mousis. (7) Elle peut peindre en toute tranquillité. (p 139).

Suzanne expose chez Berthe Weill, en 1910 ? (p 237). (8)  Berthe Weill a refusé Modigliani, après la guerre 14-18. (p 269).

André Utter bat Suzanne (9) et elle a souvent l’œil au bord noir. (p 294).

 

La rue Cortot.

Erik Satie vit rue Cortot au numéro 6. Renoir  a vécu au numéro 12. (p 126). Suzanne y vivra aussi. (10)

 

Maurice Utrillo :

Son fils Maurice Utrillo aimait les coups et n’a pas changé d’attitude tout au long de sa vie.

En 1896, Maurice est déjà alcoolique. Il a 13 ans. Il maltraite sa grand-mère Madeleine. (p 148).

Violent, bagarreur, à seize ans, il est rejeté par tout le monde. (p 154). A 17 ans, il ne parvient pas à contrôler sa violence. La folie et l’alcool ont fait sauter les barrières. (p 171).

Suzanne et son mari de l’époque sont totalement dépassés par le désespoir de Maurice. Ndlr : on ne sait pas soigner les troubles mentaux.

Exaspérée par son alcoolisme, Suzanne a la main lourde sur Maurice qui ne s’aime pas. Il commence à peindre. (p 220).

Maurice souhaite mourir et s’allonge devant un bus. Le conducteur de bus le bat ! (p 229).

Utrillo connaît des crises de delirium tremens et est surnommé « Litrillon » (p 238).

Les policiers le battent. (p 239).

D’après Francis Carco, il s’est réfugié dans la peinture. (p 241).

Il entre de son plein gré à Villejuif, en 1916. La douleur des autres interné-es lui donne envie de pleurer. (p 258).

Il vend bien ses tableaux. L’entourage malfaisant dans le quartier le sait et se fait payer en tableaux pour lui fournir l’alcool journalier. Il consomme entre 15 à 20 litres par jour. (p 265).

Suzanne est en plein désarroi. Que soigne-t-on ? L’homme ou son mal ? (p 265).

Le couple Suzanne Valadon et André Utter enferme Maurice et vend ses toiles. L’argent coule à flot. (p 277)

Utter est mégalo et se rêve en Pape. (p 284).

Maurice a obtenu la Légion d‘Honneur grâce à Francis Carco et Edouard Herriot. (p 307).

 

Erik Satie :

Il est refusé à l’Académie des beaux-Arts. L’Opéra refuse son ballet chrétien de Contamine de la Tour « Uspud ». (11) Il fonde l’église métropolitaine d’art de Jésus. Le quartier le surnomme « Le dérangé de la rue Cortot ». ( p 126).

Il écrit 300 lettres en six mois à Suzanne (= 2 par jours, Ndlr). (p 127). Au début Suzanne est séduite par son humour. Puis ses reproches incessants la lassent. (p 129). Lors d’une bagarre, il l’enferme dans un placard. (p 130).

Il joue du piano au Lapin Agile ou à l’auberge du Clou. (p 128). (12)

Après la guerre de 1914-1918, Erik Satie va jouer chez la princesse Murat « Trois morceaux en forme de poire ». (p 268). (13)

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(1) Le Boissy – chansonnier et admirateur de Suzanne Valadon.

Boissy était un chansonnier actif dans le quartier de Montmartre. Il est mentionné comme l’un des nombreux admirateurs de Suzanne Valadon dans les archives de la scène artistique de l’époque  (musees-occitanie.fr)

Bien qu’il ne soit pas décrit comme un collaborateur artistique direct, son rôle de chanteur et de figure de la vie bohème de Montmartre le place parmi les figures qui entouraient la muse et artiste Suzanne Valadon. (Qwant).

(2) Qui est Miquel Utrillo ?

Miquel Utrillo i Morlius (1862‑1934) était un ingénieur, peintre, décorateur et critique d’art espagnol d’origine catalane.

  • Il a écrit de nombreux articles pour des journaux comme La Vanguardia et Pèl & Ploma, où il agissait comme chroniqueur et critique d’art.
  • En plus de son activité artistique, il a exercé la profession d’architecte : plusieurs sources le désignent comme architecte ou homme de lettres, journaliste, peintre, architecte (excerpts.numilog.com)
  • Son parcours scientifique (météorologie, astronomie) a également influencé son travail artistique, comme le montre l’article Miquel Utrillo, des arts aux astres (hal.science)

(3) Au centre, dans une atmosphère crépusculaire, neuf muses (allégories de l’art) méditent, s’entretiennent ou volent dans la lumière du soir. Devant un fragment de portique antique se tiennent les trois figures de l’Architecture, de la Sculpture et de la Peinture, symbolisant le lieu intemporel et idéal de l’Art  (mba-lyon.fr)

  • À gauche, Vision antique évoque une Grèce primitive idéale.
  • À droite, Inspiration chrétienne représente l’activité créatrice de l’artiste dans un couvent italien à la fin du Moyen‑Âge ou au début de la Renaissance.
    Les allégories du Rhône et de la Saône encadrent l’entrée aux collections sur le palier  (lecurieuxdesarts.fr)

La participation de Valadon

  • À quinze ans, Suzanne Valadon a posé pour cette toile, alors qu’elle vivait encore à Paris.
  • Le portrait de Valadon apparaît dans le cadre de la composition, où elle est représentée comme l’une des muses.
  • Selon les sources, elle a devient la maîtresse de Puvis de Chavannes après cette séance de pose ; il l’a également fait poser pour d’autres œuvres, comme la Danse à la ville et la Danse à Bougival (1883)  (roussard.com)

« Toujours à quinze ans, elle pose pour le tableau de Puvis de Chavannes (à la Sorbonne) “le Bois Sacré” (1880‑1889), et devient sa maîtresse »  (roussard.com)

(4) Suzanne Valadon a effectivement posé comme modèle pour Renoir dans les œuvres « La Danse à la campagne » et « La Natte ».
Cette information est confirmée par le passage suivant du site Canalblog : « Vers 1880 à 1885, commence à poser comme modèle, notamment Puvis de Chavannes (le bois Sacré), Renoir (La Danse à la campagne ); la Natte ; diverses baigneuses » (impressionnistes.canalblog.com)

(5) Suzanne Valadon est la modèle de la peinture « Au café de la Nouvelle Athènes » (1885) de l’artiste Federico Zandomeneghi, né à Venise (bridgemanimages.com)
Cette œuvre, parfois désignée sous le titre « Femme attablée dans un bistrot », représente Valadon assise à une table dans un café, capturant l’atmosphère parisienne de l’époque  (bridgemanimages.com)

(6) Le tableau représente une femme ivre assise à une table ronde, le visage tourné vers la droite, le bras gauche reposant sur la table. Un verre à moitié vide et une bouteille de vin vert sont visibles dans le coin inférieur droit. Sa chevelure est coiffée en chignon bas, et elle porte un haut léger de couleur claire  (harvardartmuseums.org)

Le style se caractérise par des coups de pinceau lâches et une palette de bleus et de violets atténués, créant une atmosphère brumeuse qui reflète l’état d’esprit de la modèle  (harvardartmuseums.org)

Le modèle – Suzanne Valadon

Suzanne Valadon (née Marie‑Clémentine Valadon) était une ancienne trapézienne qui, après une chute à 15 ans, a commencé à travailler comme modèle à Montmartre. Elle a été la maîtresse de Toulouse‑Lautrec pendant deux ans et a posé pour plusieurs de ses œuvres, dont The Hangover (en.wikipedia.org)

Sa présence dans ce tableau illustre la fascination de l’artiste pour la vie nocturne de Montmartre et l’alcoolisme féminin de l’époque  (en.wikipedia.org)

(7) Mariage de Suzanne Valadon avec Paul Mousis

Suzanne Valadon (née Marie‑Clémentine Valadon, 1865‑1938) a épousé Paul Mousis, un agent de change et ami d’Erik Satie, en 1896 à l’âge de 31 ans.
Le couple s’installa alors au 12 rue Cortot à Montmartre, où Valadon disposa d’un atelier et put se consacrer pleinement à la peinture.
Le mariage fut suivi d’un divorce (en 1909 – 1911 selon les sources) après lequel elle épousa André Utter.

« En 1896, à 31 ans, Valadon épouse Paul Mousis, ami d’Erik Satie. Le riche agent de change lui permet enfin de se consacrer entièrement à son art. »  (pandesmuses.fr)
« Deux ans plus tard, elle épouse Paul Mousis, un riche agent de change. Avec la mère et le fils de l’artiste, ils s’installent au 12, rue Cortot »  (artbasel.com)
« A partir de 1894, elle vit en ménage avec Paul Mousis, qui a des biens. Ils se marient le 5 août 1896. En 1898, ils déménagent au 12, rue Cortot »  (roussard.com)
« Elle devient la maîtresse de Paul Mousis, agent de change et ami d’Erik Satie, qu’elle épouse en 1896. Le couple s’installe alors au 12, rue Cortot »  (fr.wikipedia.org).

(8)   Le site du MBAM mentionne que Suzanne Valadon est l’un des artistes que Berthe Weill a promus, mais il ne précise pas de date d’exposition  (mbam.qc.ca)

  Un extrait du PDF « Suzanne Valadon. Une épopée moderne » indique qu’elle a exposé « pour la première fois » à la galerie de Berthe Weill, sans préciser l’année  (museunacional.cat).

(9) Malgré les disputes avec André Utter et les frasques de son fils, Suzanne Valadon y passe les années les plus productives de sa vie.

Après y avoir habité jusqu'en 1905 avec son premier mari, le banquier Paul Moussis, Suzanne Valadon retourne à l'atelier de la rue Cortot en 1912 et s'y installe avec son fils Maurice Utrillo et son compagnon, André Utter.

(Musée de Montmartre).

Voici comment définir le trio infernal formé par Suzanne Valadon (1865-1938), Maurice Utrillo (1883-1955) et André Utter (1886-1948). (Mr Expert).

(10) Erik Satie a bien résidé au 6 rue Cortot à Montmartre, où il a vécu dans son fameux « placard » entre 1890 et 1898  (fr.wikipedia.org)

Auguste Renoir a vécu et travaillé au 12 rue Cortot à Montmartre, Paris 18ᵉ, entre 1875 et 1876 (et jusqu’en 1877 selon certaines sources).

  • Le 12 rue Cortot a été son atelier où il a peint des œuvres majeures, notamment Le Bal du moulin de la Galette (paris.visites.jpkmm.free.fr)
  • Le musée de Montmartre, situé à cette adresse, rend hommage à cette période en nommant ses jardins « Jardins Renoir »  (oh-oui.com)
  • D’autres références précisent que l’artiste y a séjourné pendant la même période  (museedemontmartre.fr), (beauxarts.com), (montmartre-addict.com).

12 rue Cortot

Maison du manoir de Rosimond (XVIᵉ siècle) qui abrite le Musée de Montmartre dédié à l’histoire et aux artistes de la butte  (fr.wikipedia.org)

 

6 rue Cortot

Domicile de Erik Satie (1890‑1898) et de Paul Paillette (vers 1891) 

(fr.m.wikipedia.org)

 

8 rue Cortot

Résidence de Edmond Heuzé et David Laksine (1901) 

(fr.m.wikipedia.org)

 

(11) Uspud est une œuvre de ballet chrétien écrite en 1892 par Erik Satie (musique) et J. P. Contamine de Latour (livret). Elle se présente comme un monologue d’un seul personnage, Uspud, qui évolue à travers trois actes. L’œuvre a été conçue pour un harmonium (ou piano) et n’a jamais été jouée sur scène de son vivant, bien qu’une brochure ait été imprimée en 1893 et que Satie ait sollicité le Théâtre national de l’Opéra pour une éventuelle production  (eriksatie.fr)

Origine : Satie, grand admirateur de Flaubert, a composé Uspud quelques mois après sa séparation avec Péladan. L’œuvre est une parodie de La Tentation de saint Antoine de Flaubert, qui avait déjà inspiré plusieurs adaptations scéniques à Montmartre (Chat Noir, Auberge du Clou)  (journals.openedition.org)

Uspud est une pièce de ballet chrétien en trois actes, écrite en 1892 par Erik Satie et J. P. Contamine de Latour. Conçue comme une parodie de La Tentation de saint Antoine, elle n’a jamais été jouée de son vivant, bien qu’une brochure ait été publiée et qu’une tentative de production ait été faite auprès de l’Opéra. La musique, destinée à l’harmonium, a récemment été réinterprétée numériquement, confirmant l’intention originale de l’œuvre  (cambridge.org)

(12) Où Erik Satie jouait‑il au piano ?

Erik Satie était un second pianiste dans plusieurs cabarets montmartrois, mais le seul lieu où il est documenté comme jouant au piano est l’Auberge du Clou.

  • Dans la grande pièce du rez‑de‑chaussée de l’Auberge du Clou, un vieux piano « malgré ses notes déficientes » permettait à Satie d’improviser de courts récitals  (montmartre-secret.com)
  • Le même texte précise que Satie devient second pianiste à l’Auberge du Clou et y rencontre Claude Debussy  (totems.over-blog.org)
  • La liste des cabarets de Montmartre inclut également l’Auberge du Clou comme lieu où l’on peut y rencontrer Éric Satie (marcel-legay.com)

En revanche, bien que Satie ait fréquenté le Lapin Agile, aucune source ne le décrit comme y jouant au piano  (eve-adam.over-blog.com)

Il y est mentionné comme un habitué, mais pas comme pianiste.

(13) Les Trois morceaux en forme de poire d’Erik Satie sont l’une de ses œuvres les plus emblématiques, et l’une des plus appréciées du grand public.

Plusieurs explications circulent concernant le choix de ce titre surprenant qui, comme souvent chez Satie, le servira et le desservira à la fois : la plus communément admise y voit une réaction de sale gosse à une remarque que lui aurait formulée Claude Debussy.

« Debussy lui conseille de soigner davantage la forme. Satie, tout en sachant fort bien ce que Debussy voulait dire, réplique : « Quelle forme, en forme de quoi ? » Et il intitule d’exquises musiques : Morceaux en forme de poire pour railler le souci de la forme, dont il connaissait néanmoins parfaitement la nécessité »[]. (Wikipedia).

  • Le seul passage qui évoque la princesse Murat est l’extrait de id 5 (Hélène Jourdan‑Morhange), où l’on indique qu’elle a joué dans les salons de la princesse Eudoxie Murat et de sa belle‑fille Violette Murat  (fr.wikipedia.org)
  • Aucun des autres extraits (id 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10) ne fait référence à un concert d’Erik Satie à la résidence de la princesse Murat.(Qwant).
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Suzanne Valadon

Victorine ou la tigresse

1919

Victorine ou la tigresse est un portrait expressif de la muse et modèle de Valadon, illustrant son style caractéristique de figure féminine forte et indépendante. (Qwant)

  • Signature : « Suzanne Valadon 1919 » (en haut à gauche)  (christies.com)

Provenance

  • Propriété de Jonas Netter à Paris, puis transmise par héritage au propriétaire actuel.
  • Actuellement dans une collection privée  (facebook.com)

Expositions

  • Paris, Galerie Georges Petit, juin 1932 (exposition n° 24)  (christies.com)
  • Musée Toulouse‑Lautrec, Albi
  • Fondation de l’Hermitage, Lausanne
  • Musée Kawamura, Chiba
  • Divers autres expositions (ex. Utrillo, Valadon 1979, Les Peintres de Zborowski 1994, Modigliani et son époque 1997)  (christies.com)

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Elsa Triolet - Les amants d’Avignon

 

Elsa Triolet

Les amants d’Avignon

Editions Gallimard

Chez Denoël en 1945

 

Elsa Triolet aurait songé à adopter un enfant espagnol réfugié au Perthuis en1939. (p 20). (1)

 

 

Elle en a de la chance, Juliette, de pouvoir dire non à son patron, ainsi qu’à son ancien ingénieur chef, sans se faire virer de son travail. (p 18).

Apparemment, ça ne s’est pas si bien passé que cela lors de son premier travail chez un avocat. (p 19). Juliette était amoureuse de lui. Il lui a fait connaître la honte et le mépris en amour. (p 32).

Les autres sont heureux à deux. Juliette, elle, est heureuse toute seule. (p 25).

Le gynécologue, un  brin macho, un résistant, la plaint. « Au lieu de coucher avec lui, elle doit risquer sa vie pour la Résistance ! »  Ce n’est pas normal pour lui. (p 55).

Pou Célestin, elle est le « courage et la féminité même ». (p 64).

Les femmes portaient la littérature clandestine, les ordres, les tracts, les informations sur les sabotages, sur les arrestations, sur les indicateurs, sur la délation, sur la Gestapo et ses ravages.

Les arrestations, la torture et la déportation sont des dangers pour les Résistant-es. (p 96).

Les femmes récupéraient un résistant à la gare. Elles réservent une chambre d’hôtel. Elles apprennent où se situent les issues de secours,  en cas de fuite. (p 98).

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(1) Adoption d’un enfant espagnol réfugié en 1939

Elsa Triolet a adopté un petit enfant espagnol d’un an en 1939, avant le déclenchement de la guerre.
Le récit indique que l’enfant, trouvé emmailloté dans un train en provenance d’Espagne, a été amené à Paris où Elsa l’a accueilli  (louisaragon-elsatriolet.fr)

Ainsi, la question de savoir si elle aurait songé à adopter est confirmée par les sources : elle a effectivement adopté l’enfant.

 

Céline Raphaël - La démesure. Soumise à la violence d’un père.

 

Céline Raphaël

La démesure.

Soumise à la violence d’un père.

Editions Max Milo

2012

 

Céline a survécu et a pu écrire un récit bouleversant. Merci Céline pour votre courage.

Elle subira l’extrême sévérité de son père. Il croyait que c’était une méthode d’apprentissage. C’est contre-productif. (p 21). Elle pense que son père ne l’aime plus et est capable de la tuer. C’est le début de la peur et de l’angoisse de mort.  (p 25).

Son texte est universel. Il concerne toutes les victimes, enfants ou adultes, de tous sexes. Son père a confondu autorité et autoritarisme.

D. Rousseau parle d’elle comme d’une « enfant esclave pour l’excellence ». (p 222).

Un-e enfant maltraité-e connaît des problèmes psychiques, une désillusion parentale, une absence d’espérance dans la solidarité humaine (p 235).

 

Elle est née en 1982 ou 83 ? (1)

 

La petite enfance :

A 2 ans, elle est curieuse de tout. Elle se demande si c’est de sa faute tout ce qui lui est arrivé. A-t-elle été trop pénible pour ses parents ? Elle culpabilise. (p 13)

Après l‘arrivée de sa petite sœur qui l’a chamboulée, elle pense qu’elle en a trop demandé à sa mère, qui fatiguée, la confie à son père. Il lui fait prendre ses premiers cours de piano à ses 3 ans. Un professeur a accepté cette tâche. (p 16).

 

L’apprentissage du piano.

En France, elle joue entre 3 et 4 heures de piano par jour. A l’âge de 4 ans et demi, en Allemagne, elle subit des punitions perverses de son père. Il a choisi une professeure qui pense comme lui sur les punitions comme la seule manière d’éducation. (p 21).

A 7 ans, la famille retourne en Auvergne. Un nouveau professeur de piano est engagé. Détestant le piano, elle a appris à rêver pendant qu’elle joue comme une automate. (p 39). Elle lisait tout en travaillant son piano (p 53).

A 8 ans, elle gagne un prix national. Les autres participant-es ont seize ans ! (p 51). Son problème est qu’elle a été excellente. (p 53). Le père se cache pour écouter si elle joue toujours au piano quand il est « absent » et quitte la maison. (p 56).

Elle met un CD de musique à fond et s’autorise à jouer à la corde à sauter. (p 59).

Adulte, le seul morceau qui l’émeut est la « Première balade » de Chopin. (p 95).

https://youtu.be/BSFNl4roGlI?si=b7v5xGNhEvRcknC5

 

Chopin - Ballade No.1 in G minor, Op.23 (Krystian Zimerman).

En seconde, elle s’entraîne plus de 45 heures par semaine. (p 109).

 

Le silence de Céline.

Elle se tait car elle a peur des représailles et pense qu’elle ne sera pas crue. (p 30).

Elle reste seule avec son secret. (p 55).

Aucun adulte ne l’aide. Elle se tourne vers la magie et les prières. (p 60).

Elle se tait. Elle a peur que l’on se moque d’elle : « Avec sa bonne situation sociale, de quoi se plaint-elle ? » (p 66). Pas de visite médiale à l’école.

 

Ses parents.

Son père :

Elle décrit son père comme un sauvage. (p 27). Son père domine et laisse un rôle de faible à sa femme. Elle n’a pas voix au chapitre. (p 30). Des années plus tard, il sera dans le déni de sa violence, en répétant « Je suis sévère, mais juste ! » (p 30).

Sa mère :

Sa mère étouffe à la maison. (p 28). Quand elle essaie de s’interposer entre Céline et son père, il la repousse brutalement et son mari s’enferme avec sa fille dans la « salle de jeu ». (p 49). Quand le père est absent, sa mère lui permet de jouer avec un ami de son âge et lui autorise ainsi un retour vers son âme d’enfant. (p 58).

Quand elle est enfermée, elle communique avec sa mère par des messages écrits glissés sous la porte. Sa sœur Marie sert de factrice. (p 69).

Sa soeur et sa mère cachent un peu de nourriture pour Céline. (p 70).

 

Les humiliations du père :

Elle reçoit des coups de ceinture sur les cuisses nues et est privée de nourriture. (p 23).

Il fait raser entièrement les cheveux de Céline, chez le coiffeur, pour la punir. (p 47).

Coups de poings, coups avec sa savate, coups de ceinture. (p 59).

Elle est privée de sommeil. (p 60).

A chaque week-end, enfermée avec lui, elle pense à sa mort prochaine et probable. (p 65).

Elle n’a plus le droit aux WC. « Tu feras caca par terre ! »

Ses vêtements sont confisqués. Elle va au collège avec un jogging trop petit. Moqueries des collégien-nes. (p 67).

 

Au collège :

Elle est battue par les autres. Les problèmes des parents avec son père qui est directeur dans l’entreprise locale ressurgissent sur elle. (p 63).

Elle ne peut pas aller à la piscine ayant des hématomes. Les professeurs ne l’ont pas aidée. (p 64).

 

Au lycée :

Sa conseillère principale d’éducation l’accuse de « mythomanie ». Ses préjugés lui imposent de penser qu’une enfant placée doit avoir des problèmes scolaires…(p 191).

 

L’anorexie :

En troisième, elle cherche une échappatoire. Elle pense apitoyer son père en maigrissant. En seconde, elle pèse 38 kg. Personne ne s’inquiète ou ne l’aide.

Elle est entrée dans la pathologie mentale. (p 121).

Elle décide elle-même de mourir ou de vivre. Elle interdit ainsi à son père de le faire à sa place. (p 208).

En première, elle ne pèse plus que 31 kg.

 

Le corps médical :

Le père la frappe. Elle tombe du tabouret. Les médecins pensent qu’elle s’est fait elle-même son hématome pour attirer l’attention (syndrome de Münchhausen). (p 119). (2)

Elle sait que sa parole ne suffira pas contre celle de son père. Elle doit prouver les coups reçus. (p 121).

 

Le signalement à la police :

Rien ne s’est passé comme elle le souhaitait. Elle est placée au secret. Tout le monde a peur du père. (p 155).

Dans le foyer où elle est placée, les éducateurs et éducatrices pensent qu’elle invente. Elle est en 1ère S, avec un an d’avance. Céline leur reproche de ne servir que de gardien ou de gardienne, sans s’adapter aux besoins individuels des jeunes. (p 163).

 

Le procès :

Pendant le procès, elle a honte d’elle-même. Après le jugement, elle est soulagée d’être reconnue comme victime. Plus personne ne pourra le nier. (p 168).

Elle n’a plus peur de mourir. Elle pense à elle, à 14 ans, et ne veut plus revenir dans sa famille. (p 170).

Mais le père ne veut pas lâcher prise et exige un droit de visite. (p 191).

 

Retours vers sa famille :

Les week-ends, elle rentre en famille. Le père a abandonné le piano, mais s’oriente vers les mathématiques. Il recommence ses violences psychologiques et ses humiliations précédentes, sans les coups.

 

Les infanticides :

Ils sont acceptés par la société. Entre le 17e et le 19e siècle, 6 millions d’enfants sont mort-es pour réguler les naissances. Iels étaient donné-es à manger aux cochons ou abandonnés dans les bois. (p 227) (3)

 

L’autorité parentale :

Au 21e siècle, le droit absolu des parents n’est toujours pas remis en cause.

Les parents doivent s’adapter aux besoins des enfants, pas l’inverse. (p 228)

 

Le harcèlement :

Il concerne tout le monde, les enfants et les adultes.

Quand un enfant souffre psychologiquement, les adultes ont du mal à imaginer la maltraitance. Iels pensent que l’enfant s’oppose et se rebelle (Ndlr : gratuitement, sans raisons ?) (p 230).

 

Les enfants des Dieux maltraités dans la mythologie :

Héphaïstos et Harpocrate. ( 230 à 234).

 

Sandor Ferenczi, en 1932, a dénoncé les familles honorables et puritaines dans lesquelles les enfants étaient violé-es. (p 234). (4)

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(1) Céline Raphaël – informations disponibles

  • Profession : interne et médecin ; auteure de La Démesure – Soumise à la violence d’un père (liberation.fr)
  • Thématique : lutte contre la maltraitance infantile, partage de son vécu personnel  (liberation.fr) (label-emmaus.co)
  • Âge mentionné : dans l’article de Libération de 2013, elle est décrite comme ayant 28 ans (liberation.fr), ce qui indiquerait une naissance vers 1985.

(2) Syndrome de Münchhausen :

  • Définition : Trouble factice où la personne simule, exagère ou provoque délibérément des symptômes médicaux afin d’attirer l’attention et les soins médicaux.
  • Motivation : Recherche de rôle de « patient » et de la sympathie du personnel soignant, sans bénéfice matériel évident.
  • Caractéristiques
    • Historique médical souvent incohérent ou changeant.
    • Refus de subir des examens invasifs ou de quitter l’hôpital.
    • Connaissance médicale parfois élevée (utilisation de médicaments, procédures).
  • Diagnostic
    • Exclusion d’une maladie organique réelle.
    • Observation de comportements de simulation persistants.
    • Utilisation des critères du DSM‑5 ou de la CIM‑10 (trouble factice imposé à soi).
  • Prise en charge
    • Approche multidisciplinaire : psychiatre, médecin traitant, psychologue.
    • Thérapie cognitivo‑comportementale pour travailler sur les besoins affectifs sous‑jacents.
    • Suivi à long terme, souvent difficile en raison du refus de reconnaître le trouble. (Qwant).

(3) Infanticide entre le XVIIᵉ et le XIXᵉ siècle

  • Statut juridique
    L’infanticide était défini comme le meurtre d’un enfant nouveau‑né et était puni de la peine de mort, au même titre que le parricide ou l’empoisonnement  (journals.openedition.org)
    La loi visait à dissuader ce crime, même si les jurés pouvaient parfois faire preuve de clémence  (journals.openedition.org)
  • Répartition des auteurs
    Entre 1831 et 1900, 87 % des prévenus pour crimes contre l’enfant étaient des femmes  (journals.openedition.org)
    Dans la Haute‑Marne, 102 crimes contre l’enfant ont été jugés entre 1812 et 1900, la majorité se produisant dans les campagnes  (journals.openedition.org)
  • Nombre de cas
    Entre 1831 et 1880, environ 9 000 meurtres de nouveau‑nés ont été traités par les cours d’assises en France  (loirebeauce-encyclopedia.fr)
    Aucun des documents fournis ne mentionne une estimation de 6 millions d’enfants décédés pour infanticide entre le XVIIᵉ et le XIXᵉ siècle.
  • Acceptation sociale
    Les sources décrivent l’infanticide comme un crime grave, puni sévèrement, et montrent que la société ne l’acceptait pas.
    Les jurés, bien que parfois indulgents, étaient sensibles à la gravité du crime et à la possibilité de circonstances atténuantes  (loirebeauce-encyclopedia.fr)

À quoi ressemblait la vie des enfants dans les années 1800 ?

En l'absence de lois pour protéger les enfants, ces derniers n'avaient que peu de droits et étaient maltraités. Considérés comme la simple propriété de leurs parents, nombre d'entre eux étaient abandonnés, maltraités, voire achetés et vendus . Pensés être nés mauvais, les enfants devaient être corrigés, punis et transformés en bons citoyens. (Open chat).

Du XVIème siècle à nos jours, des dizaines de milliers de femmes ont été traduites en justice pour ce crime : au moins 1 500 (sans doute beaucoup plus) ont été condamnées et pendues entre le XVIème et le XVIIIème. (Plume d’histoire).

On connaît mal l'ampleur de l'infanticide - meurtre d'un enfant, souvent nouveau-né - au Moyen Âge -, les sources, difficilement accessibles, ayant été peu exploitées. (Historia).

(4) Sándor Ferenczi a effectivement dénoncé en 1932 que même les enfants issus de familles honorables et de tradition puritaine étaient souvent victimes de violences et de viols.
Cette affirmation apparaît dans son travail de 1932, où il souligne la fréquence des abus sexuels dans des milieux qui, à première vue, semblent protégés et moralement irréprochables  (eglise.catholique.fr)

« Même des enfants appartenant à des familles honorables et de tradition puritaine sont, plus souvent qu’on osait le penser, les victimes de violences et de viols »  (eglise.catholique.fr)

Cette citation montre que Ferenczi a remis en question l’idée que les abus sexuels étaient confinés aux familles « démodées » ou « déviantes », et qu’il a mis en lumière la présence de tels traumatismes même dans les milieux les plus respectables.

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Vampire - Suite

 

Emanuele Taglietti

Une vampire émerge de son cercueil

A vampiric woman rises from her coffin as the clock strikes midnight.

Une femme vampirique se lève de son cercueil au moment où minuit sonne.

Date de création : 2015

Sujet : La peinture représente une femme vampire, interprétée par Actually Huizenga, qui se relève de son cercueil tandis que l’horloge sonne minuit. L’artiste se montre lui‑même en train d’ouvrir le cercueil, créant ainsi une scène dramatique et immersive.

Contexte : L’œuvre a été partagée dans un groupe Facebook dédié aux artistes, où l’on souligne que l’artiste se représente dans la scène, soulignant son implication personnelle dans la narration visuelle.  (facebook.com)

Emanuele Taglietti (né le 6 janvier 1943 à Ferrara, Italie) est un illustrateur, peintre et scénographe italien.
Il a étudié la scénographie à Rome après son diplôme de l’institut d’art local de Ferrara  (liberdistri.com)

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Gustave Caillebotte - Suite

 

Gustave Caillebotte

Autoportrait au chevalet

1879

Moulin de la galette de Renoir derrière

Contexte de création

  • Caillebotte, alors âgé de 31 ans, se représente dans son atelier parisien (appartement du 31 boulevard Haussmann) en train de peindre une toile montée sur châssis, posé sur un chevalet.
  • Il tient un pinceau d’une main, une palette et plusieurs brosses de l’autre, et son regard se tourne vers le spectateur.
  • L’œuvre reflète son évolution stylistique, passant du réalisme « photographique » de ses débuts à une technique plus proche de Monet ou Renoir, avec des touches rapides et esquissées.

Symbolisme et iconographie

  • L’autoportrait est unique parmi les cinq que Caillebotte a réalisés : c’est le seul où il se montre en pleine action de peinture, et le seul exposé de son vivant.
  • En arrière‑plan, un miroir reflète le Bal du moulin de la Galette de Renoir, l’une des pièces maîtresses de sa collection, soulignant son rôle de mécène et de défenseur de l’impressionnisme.
  • Un personnage assis sur le canapé, probablement Richard Gallo, son ami d’enfance, illustre la convivialité de son atelier.

Acquisition et importance

  • L’œuvre a été acquise par le Musée d’Orsay en 2025 via une dation, dispositif permettant de s’acquitter des droits de succession ou de l’impôt sur la fortune immobilière. (Qwant).

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